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Après deux jours de pause, les Francos étaient de retour le mercredi 17 juin. Cette fois, c’est Gab Bouchard qui occupait la scène principale devant une Place des Festivals bien remplie et fortement fleurdelisée. Retour sur la soirée la plus explosive depuis le début du festival, particulièrement sur le plan sonore.
C’est le sourire aux lèvres que Gab Bouchard est apparu sur la Scène Rogers vers 21 h devant une foule impatiente arborant fièrement le drapeau québécois ou la moustache pour d'autres ! Portant lui-même un t-shirt orné d’une fleur de lys et une moustache impeccablement taillée, le chanteur a entamé la soirée avec « Overdose », extrait de son album ENCORE ENCORE, paru récemment.

« Enweille, c’est quand même fou », s’est-il exclamé en voyant la foule. Après un concert complet au MTELUS pour lancer son album en avril dernier, Gab Bouchard était à l’affiche des Francos, et avec raison.
Le chanteur québécois, armé de sa guitare ou de son harmonica, était accompagné d’une solide équipe de musiciens, dont faisaient parti son père, Pierre Bouchard (Gros Mené), ainsi qu’Olivier Langevin (Galaxie, Gros Mené). Derrière lui, on distinguait aussi les choristes Rose Perron (Rau_Ze) et Marie-Neiges. Une excellente compagnie pour un spectacle musicalement bien rodé.
Sur scène, Gab Bouchard n’est pas particulièrement bavard, et ce n’est pas un secret. Plutôt timide au micro, il s’est contenté de quelques interventions ici et là, remerciant la foule et répétant sa surprise devant l’ampleur de l’assistance. Mis à part ça et la présentation de ses musiciens et musiciennes, l’auteur-compositeur-interprète a surtout laissé parler ses chansons.

Faut dire que la pop rock country folk de l’artiste originaire de Saint-Prime au Saguenay–Lac-Saint-Jean emballe et donne envie de chanter à tue-tête. C’est ce qui s’est produit à maintes reprises mercredi soir, notamment avec Dans une autre vie ou encore L’hiver se meurt, où les cris du public ont retenti dès les premières notes, tandis que quelques lumières se sont levées dans la foule de façon sporadique.
Demain je pars a offert l’un des moments les plus marquants de la soirée. Gab a empoigné toute la force nécessaire pour chanter et servir une haute note qui lui a valu de bruyantes acclamations. Un peu plus tard, on retrouvait des mains tapant en rythme pour Même si. Le public n’a jamais cessé de démontrer son affection envers l’artiste, qui rappelait récemment sur ses réseaux sociaux avoir participé à ses premières Francos il y a huit ans.
« Merci de me faire vivre ça. Je suis encore sous le choc, mais je vous aime en criss. »

Son air nonchalant mais entraînant sur scène fait son effet. Ses chansons, comme DRÔLE DE TEMPS, ont un pouvoir fédérateur et nous collent devant la réalité et ses contradictions.
« Y’a encore du monde qui pleurent dans rue / Y’a toujours quelqu’un pour te piler dessus / Si tu criais plus fort ça changerait pas grand-chose / Et pis moi j’me demande si tout ça c’serait pas de ma faute »
Les chansons de Gab Bouchard occupent tout l’espace et finissent par faire oublier le reste. Il faut l’avouer : le temps a passé beaucoup trop vite mercredi soir. On aurait volontiers prolongé ce moment de rassemblement, même si le spectacle a permis à l’artiste de revisiter l’ensemble de sa discographie. Il a interprété des pièces tirées de ses deux premiers albums, dont « Tu m’connais trop bien » et « Tête vide » (Triste pareil, 2020), ainsi que « Trou d’eau » et « Toutes les filles sont belles » (Grafignes, 2022).

Dépotoir, également issue de son deuxième opus, a eu droit à son moment de gloire. Une fois de plus, la foule a repris les paroles à l’unisson, sautant au rythme des grosses guitares. À la fin, les drapeaux québécois d’une jeunesse fière de sa musique se sont levés, et parlons-en, de cette fierté.
Que ce soit lors du spectacle d’Ariane Roy ou de Pour la suite du Dôme en fin de semaine passée, de Lou-Adriane Cassidy l’an dernier, on remarque chez le public un sentiment d’appartenance grandissant envers cette nouvelle génération d’artistes québécois. Une fierté qui fait du bien à voir et à entendre. Mercredi, les spectateurs ne se sont d’ailleurs pas fait prier pour reprendre en chœur « Le Québec, un pays ! Le Québec, un pays ! ». Il y a une relation spéciale entre ces jeunes artistes, leur public et la fierté québécoise qui s’intensifie chaque année.
« Merci beaucoup. À la prochaine. C’était fucked up », a lancé Gab Bouchard avant d’adresser un cœur avec ses doigts à la foule. Il a ensuite présenté son père, à ses côtés sur scène, qui a répondu simplement : « Ça, c’est mon gars. » Il ne pleuvait pas, mais les yeux étaient soudainement plus humides.

Rappelé par les spectateurs, Gab Bouchard est finalement revenu pour un dernier tour de piste. Il a conclu cette prestation haute en décibels avec l’excellente Pleure BB Pleure.
« Faites attention à vous autres », a-t-il lancé avant de saluer la foule et de quitter la scène pour de bon.
Conclusion de cette soirée ? Une première prestation en tant que tête d’affiche aux Francos pleinement réussie pour Gab Bouchard et certainement pas la dernière de sa carrière.
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