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Le dimanche 14 juin, la programmation des Francos de Montréal a offert un moment de rassemblement et de fierté avec Pour la suite du Dôme. Cette soirée consacrée à l’album Le Dôme de Jean Leloup était portée par une génération de jeunes artistes, dont plusieurs sont nés pendant ou après sa parution en 1996. Dans le public, jeunes et moins jeunes ont repris les paroles de nombreux titres de l’album, témoignant de la place qu’occupe encore Jean Leloup dans le paysage musical québécois.
L’événement réunissait sur scène une impressionnante brochette d’artistes aux univers et aux voix distincts : Lou-Adriane Cassidy, Les Louanges, Klô Pelgag, Rau_Ze, Thierry Larose, Safia Nolin, We Are Wolves et Zach Zoya. Un choix judicieux pour revisiter cet album bigarré.
C’est Rose Perron, du duo Rau_Ze qui a eu la tâche d’ouvrir la soirée avec une reprise de Pigeon dans les règles de l’art. Autour d’elle, quelques musiciens arborant des masques de pigeon l’accompagnaient avec brio. Ces instrumentistes étaient Alex McMahon, François Plante à la basse, Alain Berger à la batterie, Éléonore Pitre à la guitare et Jocelyn Tellier à la guitare. Alain Berger était d’ailleurs le seul musicien de la soirée à avoir déjà joué avec Jean Leloup.

Si la scénographie demeurait plutôt sobre afin de mettre les chansons à l’avant-plan, tout se jouait dans les détails et les clins d’œil. On pense notamment à Safia Nolin, qui arborait un tournesol peint sur le visage, rappelant celui figurant sur la pochette de Le Dôme, aux masques de pigeon évoqués plus haut, ou encore au manteau de fourrure porté par l’animateur Olivier Robillard Laveaux, chargé d’introduire le spectacle.
Pour la suite du Dôme s’est révélé comme un concert rassembleur. Chaque prestation était entrecoupée de courts témoignages dans lesquels les artistes évoquaient l’impact de Jean Leloup et ce que représentent, pour eux, l’artiste et l’album.
Et en plus de ces témoignages touchants et révélateurs, le plus beau restait de voir ces artistes prendre plaisir à chanter ensemble, dans une complicité évidente. Les mélanges de voix faisaient tantôt danser, tantôt frissonner. Ce fut notamment le cas lors de la deuxième chanson de la soirée, La Chambre, portée par Safia Nolin à la guitare et aux chœurs, ainsi que par Lou-Adriane Cassidy au chant. Dans ce moment de douceur, la voix collective du public s’est révélée pour la première fois et certainement pas pour la dernière. Puis, Les Louanges, les contours des yeux peints en noir, est venu rejoindre Zach Zoya pour interpréter Le monde est à pleurer devant une Place des Festivals encore plus vocale.

Thierry Larose, de son côté, a impressionné avec une interprétation en solo de Le castel impossible avec sa guitare, avant de revenir plus tard pour Edgar, entouré de presque tous les artistes de la soirée en chœur derrière lui. Ces prestations ont apporté un dynamisme bienvenu à un concert oscillant constamment entre moments d’intimité et élans plus vigoureux.
Parmi les moments les plus émouvants de la soirée, impossible de ne pas souligner le duo entre Les Louanges et Lou-Adriane Cassidy sur Faire des enfants, suivie quelques instants plus tard de I Lost My Baby, interprétée par Safia Nolin à la guitare. L’artiste a ensuite été rejointe par Klô Pelgag pour livrer une version saisissante de Sang d’encre. La voix grave de Safia Nolin et la voix plus aiguë de Klô Pelgag ont dialogué avec une grande fluidité, créant un échange à la fois délicat et puissant.
Le public a aussi pu compter sur We Are Wolves pour électriser le concert, en reprenant Vampire et Fashion Victim notamment avec un mégaphone. Un moment un peu cacophonique et bien vivant qui a captivé la Place des Festivals.

Le Dôme, c’est aussi, évidemment, « Johnny Go », « La drop sociale » et la chanson-titre, « Le Dôme », qui se sont enchaînées coup sur coup. Malgré une pluie battante qui a mis le public à rude épreuve, celui-ci est demeuré fidèle au rendez-vous, chantant à tue-tête et s’exclamant dès les premières notes de ses morceaux préférés entendues.
« Il est 10 h à Montréal et je suis sur le bien-être social », a lancé Zach Zoya lors de La drop sociale, invitant la foule à reprendre la phrase en chœur, encore et encore. Pendant ce temps, les mains se levaient et ondulaient de gauche à droite au rythme de la musique, dans une démonstration d’enthousiasme qui faisait presque oublier la pluie.

Le Dôme, ce sont quatorze chansons bigarrées qui ont marqué plusieurs générations et qui continuent de le faire aujourd’hui. Pour reprendre les mots d’Olivier Robillard Laveaux, cette soirée était une célébration de Jean Leloup, un artiste anticonformiste qui nous invite à réfléchir au passé, à refuser la paresse intellectuelle et qui, surtout, nous rappelle l’existence d’un Québec vivant. « On n’est pas nés pour un petit pain et on est aussi ouverts que Jean Leloup », a ajouté l’animateur dans son discours de clôture.
Même si toutes les chansons de l'album avaient été jouées à ce moment-là, pas question de quitter la scène comme ça. Les Louanges, a, dans cette optique, entonné 1990 au plus grand bonheur des spectateurs. Une belle finale à l'image de ce spectacle hommage multigénérationnel.
Moi-même membre de la génération Z, j’ai été frappée par l’unité qui se dégageait de cette foule réunie autour de ces chansons marquantes. Et sur scène, difficile de ne pas percevoir le mélange de respect et d’admiration qui a animé les artistes. Et au fond, c’est peut-être ça, le plus beau.
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