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Ce samedi soir, deuxième journée des Francos, Ariane Roy a pris d’assaut la Scène Rogers dans un concert exutoire mené avec une maîtrise impressionnante. Une consécration devant une Place des Festivals remplie et un succès amplement mérité, conclu en force par un « Vive la musique québécoise ». Un peu plus tôt, sur la même scène, Zélie incarnait elle aussi cette forme de catharsis, cette libération portée par des textes affirmés, féministes et engagés.
En bref, une soirée marquante menée par deux artistes en pleine possession de leurs moyens.
À 19 h sur la Scène Rogers, le public a découvert Zélie, une auteure-compositrice-interprète originaire de Lille en France. Elle propose une pop française engagée teintée par moments de sonorités électros. Pour sa première visite à Montréal, l’artiste a été comblée par un public au rendez-vous, remplissant à vue d’œil la moitié de la Place des Festivals.

Samedi soir, Zélie a présenté des chansons de son deuxième album, Le cœur et sa dictature, dans lequel émerge un franc-parler assumé. Ses textes abordent notamment le regard porté sur le corps des femmes, la mecsplication et la condition féminine. Sa chanson « Je suis une femme » (Un million de petits chocs, 2024) est particulièrement frappante.
« Peut-être que si tu minimises / C’est que t’as quelque chose à te reprocher / Regarde moi, je suis comme toi j’ai de la fierté / Mais toi tu sais pas quel enfer c’est / De vivre sa vie comme un combat contre les hommes non éduqués ».

Mentionnons également Ce corps, une chanson qu’elle a écrite à propos de l’agression sexuelle qu’elle a vécue à l’âge de 13 ans. Elle y révèle une plume intime qui nous émeut et suscite une colère intérieure. « J’arrêterai jamais de parler de féminisme parce que c’est toute ma vie », a-t-elle lancé après l’interprétation de la chanson. Et à cela, on ne peut que dire merci.
Zélie chante avec énergie des chansons exutoires et occupe constamment la scène, offrant des moments chorégraphiés qui dynamisent le concert. Tout est précis, millimétré et bien exécuté : on adhère. Dans Mon mec à moi, l’artiste réussit à faire s’accroupir la foule devant elle avant de lui demander de se relever d’un coup, transformant la Place des Festivals en une rave party. Zélie est une artiste à suivre et on la reverra sûrement bientôt.
VLMQ QC LIBRE : ces lettres ont été visibles dans la foule compacte au début du concert d’Ariane Roy. Alors qu’elle maîtrisait déjà parfaitement son concert dès les premières notes de Dogue, chanson-titre de son album, on pouvait lire l’émotion dans ses yeux, elle qui jouait sur sa première grande scène extérieure des Francos.

Ce concert marquait une première et, au fil de la soirée, Ariane Roy a évolué avec confiance et assurance, adoptant une aura magnétique et libératrice qui s’est répercutée sur le public. L’artiste a de quoi être fière : elle a relevé le défi haut la main, allant même jusqu’à faire asseoir la presque totalité du public (oui, oui !) lors de I.W.Y.B. pour lui demander ensuite de se lever comme s’il n’y avait pas de lendemain. S’en est suivie une explosion dans la foule, qui a repris les paroles de la chanson sans se faire prier.
Devant elle, les drapeaux fleurdelisés d’une jeunesse fière de sa musique québécoise ont virevolté tandis qu’elle enchaînait ses titres. Avoir autant de monde réuni offrait le cadre parfait pour se laisser absorber par les mots de la chanteuse, qui sont sans tabou. Dans « Bonne fête — outtake », issue de l’album Dogue de luxe, l’artiste chante à un enfant qu’elle aura « peut-être un jour ou peut-être jamais ». Puis, plus tard, elle demande au public s’il y a des personnes menstruées avant de se lancer dans Si je rampe, et ça fait franchement du bien à voir et à entendre.

Ariane Roy s’impose, nous en met plein les yeux et donne tout ce qu’elle a. Avec son masque de caniche sur la tête, sa voix majestueuse retentit lors d’Agneau, avant qu’elle ne se mette à avancer à quatre pattes avec panache sur la plateforme ajoutée devant la scène principale. Elle bouge, danse, pose des gestes en parfaite synchronie avec la musique, et le public aime ça.

Sa popularité est indéniable, et l’artiste en profite pour inviter des artistes sur scène. Thierry Larose, guitare à la main, est venu interpréter Coule, tandis que plus tard, c’est évidemment avec sa « meilleure amie, la reine du Québec, ma sœur » que Lou-Adriane Cassidy, en larmes, est venue clôturer le spectacle sur Fille à porter. Un moment de complicité et d’émotion qui sert de finale devant un public en liesse.

Avant de quitter la scène, l’artiste a conclu avec un plaidoyer sur l’importance de la musique québécoise et de sa beauté, qui « se trouve dans la mixité, dans ses variations », a-t-elle poursuivi, avant de scander, drapeau en main : « Vive la musique québécoise ! »

Et ce samedi soir, la reine, c’était Roy.
Plus tôt dans la soirée, le duo Grand Eugène (Jérémy Lachance et Melyssa Lemieux) a donné sa première prestation en festival de l’année sur la scène Loto-Québec. La formation en a profité pour interpréter des chansons de son récent album, Deux places au cimetière. Si les titres n’offrent pas de grandes surprises sur le plan musical, Grand Eugène propose néanmoins une musique indie rock et pop aux accents rêveurs qui, présentée en début de soirée, réussit à embarquer le public.
Après Zélie et Ariane Roy, le rendez-vous était donné au Pub Brasseur de Montréal dès 22 h 30 pour Jupiter & Okwess, groupe congolais mené par le charismatique et hypnotique chanteur Jupiter Bokondji, qui est une véritable bête de scène. La formation a proposé un mélange de rythmes festifs, entre rock, funk, soul et influences latines.
Le chanteur, aussi surnommé le Général Rebelle, s’est imposé comme un véritable chef d’orchestre pour le public, l’amenant, chanson après chanson, à se dépasser un peu plus. Jupiter en a également profité pour prendre un bain de foule et lancer un petit (grand) train à travers la foule. Une prestation mémorable et exaltante à découvrir, et surtout à vivre.
Suivez notre couverture des Francos sur ce lien. Pour plus de photos sur Zélie ainsi que sur Piche, rendez-vous ici.
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