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Vendredi 14 août, à l’Arsenal art contemporain, l’émérite virtuose québécois Alexandre Da Costa — chef d’orchestre et violoniste de renommée internationale — nous conviait à un concert mariant musique latine, mexicaine et cubaine et art du cirque dans le cadre de la 28e édition du Festival Stradivaria (fondé en 1998) dont il assure la direction artistique depuis 2012. Le spectacle était repris le lendemain en après-midi.
Ce qui m’a attiré à ce spectacle — qui promettait « une célébration entre musique classique mexicaine, rythmes latins et poésie aérienne » — c’est d’abord et avant tout, sinon exclusivement, le flamboyant Alexandre Da Costa et sa remarquable Sinfonia Stradivaria. Ils avaient pour invités la chanteuse Florence K, les chanteurs Antonio Figueroa & Alejandro Figueroa, le saxophoniste et flûtiste cubain Giovany Arteaga Valdés et le duo aérien Marie et Corentin.
L’événement s’est déroulé dans un vaste espace ayant l’apparence d’un hangar réaménagé en salle de spectacle, dont l’arrière-scène arbore un gigantesque rideau monochrome. Peu importe la grisaille d’une salle lorsque la seule présence d’Alexandre suffit à l’illuminer !
Après vingt minutes de retard, la première partie a démarré en trombe avec une emballante pièce que le maestro n’a cependant pas jugé bon de nous présenter. L’abstention volontaire d’un musicien de mentionner le titre et l’auteur d’une œuvre qu’il s’apprête à jouer, ou qu’il vient de jouer, me laisse chaque fois perplexe et un tantinet déçu, surtout en l’absence de tout programme, ou de pacing (déroulement), préalablement distribué aux spectateurs à leur entrée en salle.
Après cette première prestation virtuose et endiablée, Alexandre a réitéré son intention de nous offrir de la musique 100% hispanophone, notamment d’Arturo Márquez, et nous a communiqué si rapidement le titre de sa deuxième pièce que j’ai eu du mal à le saisir. J’ai cru entendre Danzón No 6, Puerto Calvario.
Après nous en avoir mis plein les oreilles, et même la vue — parce que le fougueux Alexandre est très intense et mobile lorsqu’il s’exécute — avec cette œuvre de Márquez, il nous a offert, sans la nommer, une très lyrique balade que j’ai néanmoins reconnue, soit Estrellita de Manuel Ponce, qu’il a d’ailleurs magnifiquement bien interprétée.
Il a magistralement enchaîné avec une autre œuvre mémorable, sans l’identifier, et a poursuivi avec Danzón No 12 de Márquez, pendant que le duo d’acrobates — formé de Marie Lebot et Corentin Lemaître Auger — nous offrait l’unique et impressionnant numéro de sangles aériennes de la soirée. Ces artistes — qui se sont notamment produits dans plus de trente pays pour le Cirque du Soleil, le Cirque Éloize, Les 7 Doigts et Dragone — ont été récompensés d’une ovation debout fort méritée.
Ce moment exaltant de la soirée a été suivi d’une époustouflante interprétation de l’Hiver, d’Astor Piazzolla, par un Alexandre survolté, ce qui lui a valu la seconde ovation debout de la soirée.
Le virtuose cubain Giovany Arteaga Valdés est venu sur scène jouer de la flûte traversière en duo avec Alexandre sur accompagnement orchestral. L’œuvre, aux titre et compositeur tenus secrets, ne m’a pas laissé de souvenir impérissable d’autant plus qu’on entendait à peine les sons émanant de la flûte tellement ils étaient noyés dans le flux orchestral.
La charmante chanteuse hispanophile Florence K est ensuite venue agréablement pousser la note en enfilant efficacement deux boléros, qu’elle n’a pas, elle non plus, pris soin d’identifier. Lors de spectacles, il semblerait bien que mentionner titre et auteur soit désormais devenu un exercice facultatif.
Et puis l'électrisant Alexandre nous a gratifiés d’une superbe œuvre espagnole de Sarasate, soit Zigeunerweisen, qu’il a grandiosement rendue avec toute la maestria et l’ardeur qui le caractérisent.
Il a enchaîné avec une danse espagnole, La vida breve de Manuel de Falla, avant de renchérir, sans l’identifier, avec le sublime et célébrissime tango Por una cabeza de Carlos Gardel, que j’ai aisément reconnu.
En rappel, il nous a, anonymement, offert J’t’aime comme un fou, de Robert Charlebois, que nous avons tous aisément reconnu. C’est ainsi que s’est terminée la première partie — c’est-à-dire le festival du vers d’oreille d’une durée totale de quelque 80 minutes — meublée de musique virtuose, envoûtante, passionnée et lyrique livrée par un violoniste hors pair dominant totalement son instrument.
Pour l’immersion cubaine jazzée qui a suivi, en deuxième partie, Alexandre a abandonné, à mon grand regret, son rôle d’étincelant virtuose habitant et monopolisant l’avant-scène, pour simplement assumer un rôle d’accompagnateur des artistes cubains invités, en compagnie des cordes de la Sinfonia.
Lorsqu’Alexandre et les cordes de la Sinfonía ont quitté la scène, après les 20 premières minutes, mon intérêt pour la suite du concert a drastiquement périclité. Le plat de résistance ayant été consommé, j’ai sauté le digestif en m’éclipsant discrètement de la salle. Parce que je ne suis franchement pas friand de jazz, cubain ou autre, je ne me suis pas attardé plus longuement sur place.
Soit dit en passant, je n’ai pas souvenir d’avoir assisté auparavant à un spectacle en salle où le va-et-vient des spectateurs et du personnel technique ait été aussi constant qu’en cette occasion. J’ai vite cessé de compter le nombre de fois où un spectateur est passé devant moi — alors que j’étais assis en tout début de la deuxième rangée au bord de l’allée centrale — pour se rendre au bar ou en revenir avec consommations en main.
Sans oublier le photographe, le vidéographe et l’occasionnel technicien(?) qui se sont régulièrement rendus, à moitié accroupis, ou sur leurs genoux, ou sur leur séant, s’installer temporairement devant la scène pour s’acquitter de leurs tâches. Ça ne bougeait donc pas que sur scène, mais également dans la salle.
Le Festival Stradivaria se termine le 18 août, au Théâtre Le Patriote de Sainte-Agathe-des-Monts, avec le spectacle Vegas symphonisé mettant en vedette la Sinfonia Stradivaria, Alexandre Da Costa et le chanteur invité David Thibault. N’hésitez pas à fréquenter les sites internet du Festival Stradivaria et d’Alexandre Da Costa pour notamment consulter leurs calendriers et vous procurer des billets.
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