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Il y a un peu plus d’un mois que l’été est commencé et les festivals défilent aux quatre coins du Québec. Cette fois, cap sur le Festif! de Baie-Saint-Paul, qui prend le contrôle de la ville du 23 au 26 juillet pour quatre jours frénétiques de musique et de découvertes. Pour cette première soirée, malgré une programmation aussi éclectique que chargée, c’est un parcours punk, rock et hip-hop qui s’est imposé, avec des arrêts devant les prestations de Thee Soreheads, The Halluci Nation, Dead Obies et Otoboke Beaver.
Tandis que la soirée a débuté en force avec Lysandre sur la Place Desjardins, la scène principale, qui accueillait une soirée 100 % féminine avec Marjo et Lou-Adriane Cassidy, c’est toutefois au Bistro des Balcons, sur le coup de 19 h, qu’a débuté le présent parcours.
Dès le début de la prestation, ça brasse avec le punk féministe de Thee Soreheads, composé de la chanteuse et meneuse Maria Jimenez, du guitariste Ally McPake, du bassiste Hugh Lapham et du batteur Max Verreault, qui vivait son avant-dernier concert avec la formation après avoir annoncé son départ sur les réseaux sociaux.

S'inspirant du mouvement riot grrrl, le quatuor livre des textes abordant notamment le consentement, la condition des femmes et les violences qu'elles subissent, tout en dénonçant la société. Le groupe interprète ainsi No Means No et I'm Not Your Fucking Sex Doll, tirée du EP du même nom, en plus d'autres morceaux comme Boys Will Be Boys et Cry Baby, dont les titres parlent d'eux-mêmes.

Lauréat cette année du Prix du public du Cabaret Festif!, Thee Soreheads offre une performance intense et engagée. La batterie endiablée, la guitare débordante d'énergie et la basse hypnotique soutiennent l'ensemble avec aplomb, le tout étant porté par la voix de Maria Jimenez. La formation ne cesse de faire monter la température déjà écrasante de la salle, alors que le public ne se fait pas prier pour lancer des mosh pits malgré la petitesse de l’endroit.

Au-delà d’être des « punks en colère », Thee Soreheads fait aussi passer des messages à son public, l’invitant notamment, pour la dernière chanson, à crier « it's my body, my choice », une phrase qui résume parfaitement l'esprit revendicateur, féministe et aussi bienveillant de cette prestation.
À 21 h 30, à la scène Chez Mag à la Bétonnière, Bear Witness et Tim « 2oolman » Hill, les membres de The Halluci Nation, ont présenté leur fusion de musique traditionnelle autochtone et de sonorités électroniques, auxquelles venaient aussi se superposer hip-hop et dubstep.

Les deux producteurs, sous une gigantesque boule disco, ont fait face à un public très réceptif, qui a surfé sur toutes les vagues de leur musique, s’offrant même à plusieurs reprises des séances de crowdsurfing. The Halluci Nation mélange à merveille ses influences musicales pour en faire un rendu contemporain et fédérateur.
L’annonce avait fait parler en début d’année : le Festif! était le premier festival à officialiser la venue de Dead Obies, qui remontait sur scène après six ans de pause. Le groupe de hip-hop, qui a enchaîné les festivals cet été, a conclu sa tournée à Baie-Saint-Paul, au Pit à sable, sur les coups de minuit.
Crédit photo : Samuel Gaudreault, Festif! de Baie-Saint-Paul
Alors que ce retour sur scène coïncide avec les 10 ans de l’album Gesamtkunstwerk, c’est toutefois avec Tony Hawk que la formation lance sa prestation. La pièce, tirée de Montréal $ud, le premier album du groupe qui l’a propulsé, n’a pas été la seule de cet opus à être jouée. On comptera Do or Die, Runnin' et Montréal $ud, la chanson éponyme. Le public s’est attelé à reprendre des paroles qu’il n’avait sans doute pas chantées en spectacle depuis longtemps, allant même jusqu’à sauter avec euphorie pendant Waiting. Si globalement le concert s’est bien déroulé et que le public vibrait avec Dead Obies, une sonorisation plutôt basse laissait un arrière-goût d’inachevé et enlevait un peu de souffle à la prestation.
Pour la fin de soirée, le Garage du Curé a accueilli le groupe punk Otoboke Beaver, tout droit venu du Japon. Ici aussi, le niveau sonore ne semble pas atteindre son apogée, mais c’est sans compter sur le quatuor composé d’Accorinrin (guitare et chant principal), de Yoyoyoshie (guitare et voix), de Hirochan (basse et voix) et de Leo (batterie et voix), qui nous envoie des riffs de guitare et des cris bien sentis.

C’est dynamique, un peu fou et parfois drôle, alors que la chanteuse principale, Accorinrin, et la guitariste Yoyoyoshie ont essayé de s’adresser au public en français. Cela donne notamment lieu à des « J’aime le cash, achetez nos t-shirts! » et « Taisez-vous! » lancés par Accorinrin, ainsi qu’à des « Je t’aime » répétés par Yoyoyoshie à une foule qui bougeait et multipliait les mosh pits, au point qu’on se serait cru dans un véritable courant d’eau.
Absolument le genre de prestation qui clôture à merveille une soirée. La vie nocturne du Festif!, ce n’est vraiment pas à manquer. Pour plus de photos de la soirée par notre photographe Pierre Montminy, rendez-vous ici.
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