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C’est aujourd’hui qu’est lancé le documentaire audio long format Pour essayer de m’entendre. Créé par le collectif toutEs ou pantoute, l'œuvre propose une incursion sensible au cœur de la solitude. Le documentaire suit cinq participantes issues de différentes régions du Québec. Les témoignages de Camille, d’Anne, de Lise, de Naïla et de Marie-Anne, teintés d’une rupture amoureuse, de la maternité, de l’isolement, ou de la reconstruction, montrent des solitudes qui ne se laissent pas réduire à une seule définition.
Derrière le collectif d’art audio toutEs ou pantoute, on retrouve Alexandra Turgeon et Laurie Perron, deux créatrices qui, depuis 2019, proposent un balado queer-féministe indépendant et interrégional. Au commencement, le projet répond à un constat frappant : celui du manque de voix québécoises qui abordent ces sujets avec nuance et sensibilité. « On voulait réfléchir aux enjeux sociaux avec une approche à la fois critique et empathique, en mêlant les arts et la science, les expertises et les vécus », explique Alexandra Turgeon en entrevue avec atuvu.ca.
Au fil des années, leur pratique se transforme ; elles glissent vers des formes plus narratives et immersives. Pour essayer de m’entendre, c’est deux ans de travail, des rencontres sur le terrain, une conception sonore par Sylvaine Arnaud, et de la musique originale signée Eugénie Jobin (Ambroise). Pour les créatrices, la solitude n’est jamais vraiment silencieuse ; elle sonne différemment selon celles qui la vivent. « On l'a fait ressentir par une conception sonore assez minimaliste. On a essayé de représenter le son de la solitude de chacune des participantes. » Cette expérience sensorielle documentaire accompagne l’auditoire dans une traversée au cœur de l'intimité de l’autre, afin d’un peu mieux comprendre la sienne.

Alors qu’on parle de plus en plus d’une crise de la solitude, le collectif toutEs ou pantoute choisit d’explorer ce vaste terreau fertile avec une posture nouvelle. « On a une approche très observatrice, sans essayer de faire de constats par rapport à la solitude. On voulait aller au bout du sujet, presque l’exorciser. Arrêter de le contourner, de le fuir, et voir ce qui se passe quand on le regarde dans les yeux », indique Alexandra Turgeon.
La solitude peut faire peur. Elle peut être perçue comme un échec, ou comme quelque chose à corriger. Elle surprend, obsède, stimule, préoccupe, condamne, calme. Elle confronte à ce que c’est que d’être soi. Les témoignages recueillis dans le documentaire explorent ce qui se cache sous cette expérience universelle. « On pense toutes à la solitude à l'intérieur de nous, mais on en parle rarement entre nous. Chaque personne à qui on a parlé avait une réflexion très aboutie sur sa solitude. » Les écoutes publiques du documentaire ont révélé qu’entendre les autres parler de solitude crée un sentiment de soulagement chez l’auditoire, comme si nommer cette réalité permettait déjà de l’adoucir, de se reconnaître en l’autre, de guérir quelque chose.
Alexandra Turgeon mentionne également tout ce qui entoure la perception sociale de la solitude : « Quand on voit une personne qui passe du temps seule et qui semble aimer ça, ça crée souvent de la suspicion. On se dit "cette personne-là doit être bizarre ou doit être brisée à l'intérieur". Il y a des études qui existent sur la perception des gens qui sont seuls ou qui apprécient la solitude », une observation qui en dit beaucoup sur notre rapport collectif à l’isolement.
Le documentaire audio traverse les territoires de la province. Alexandra Turgeon, originaire de l’Abitibi et Laurie Perron, du Lac-Saint-Jean, mettent en lumière la manière dont la solitude diffère de ville en ville. En région, la distance avec l’autre est concrète. Voir quelqu’un demande du temps, des déplacements, une planification. Mais cette contrainte coexiste avec un sentiment d’appartenance. Dans la vie rurale, « tu peux te sentir moins seule parce que tu fais partie d’une communauté, même si tu n’es pas proche de tout le monde. »
À l’inverse, la ville offre une proximité constante, qui n’empêche pas pour autant l’isolement. Entouré de gens, il est plus difficile de ne pas se sentir responsable de sa propre solitude. « Il y a une différence entre ne pas pouvoir être avec les autres, et ne pas réussir à connecter avec eux. »
Pour Alexandra Turgeon, la naissance du projet s'inscrit dans un moment de reconstruction personnelle. Les rencontres avec les participantes agissent alors comme des repères, des baumes. Les témoignages de Camille, d’Anne, de Lise, de Naïla et de Marie-Anne deviennent des points d’ancrage. « Ça m’a apaisée. Ça m’a fait comprendre que la solitude ne se règle pas. On ne gagne pas contre elle. On apprend à la tolérer, à vivre avec. » Peut-être faut-il finalement apprivoiser sa solitude, accepter qu’elle n’est pas un problème à résoudre, mais une expérience à traverser.
Alexandra Turgeon soulève l’influence que la politique a sur l’isolement : « La solitude est liée à des conditions matérielles », rappelle-t-elle. « L’accès aux ressources, au transport, au logement, à la culture : tout ça influence notre capacité à créer des liens. » Elle invite à regarder les structures en face plutôt que de blâmer les individus. L'individualisme est le résultat de décennies de décisions politiques qui ont façonné une société où l’isolement est quasi imposé. Les inégalités sociales, notamment, creusent des écarts dans la manière de vivre la solitude ; une réalité souvent méconnue et invisibilisée.
Le titre du documentaire, Pour essayer de m’entendre, résume cette démarche. Tirée des carnets de solitude tenus par les deux créatrices, la phrase évoque l’idée de s’écouter. « Quand on est seul et qu'on est capable d'arrêter d'être en panique par rapport à notre solitude, on se rend compte que c'est un moment où on baisse les lumières, on baisse le volume, puis on est capable de se concentrer sur nos besoins, sur nos émotions. On se dit : "Ok. On s'entend." » Dans une société saturée de bruit, de sollicitations et d’attentes, la solitude devient alors un espace parfois inconfortable, mais souvent nécessaire.
Fidèle à son esprit exploratoire, toutEs ou pantoute diversifie les formes. Exposition immersive, zine, documentaire audio : le collectif queer-féministe multiplie les médiums. À travers leur démarche, Alexandra Turgeon et Laurie Perron continueront de chercher, d’écouter et de témoigner avec sensibilité et cœur.
Pour essayer de m'entendre est disponible dès le 20 mai sur YouTube, Apple Balado, ou encore Spotify. Pour plus d'informations sur les projets du collectif d'art audio toutEs ou pantoute, rendez-vous sur leur site internet.
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