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NO HAY BANDA est une série d’évènements musicaux qui incite à remettre en question les concepts. L'organisation présentait une performance le lundi 19 janvier dernier à La Sala Rossa. Elle mettait en vedette le Quatuor Mémoire (Bailey Wantuch, Meggie Lacombe, Marilou Lepage et Audréanne Filion) ainsi que l'artiste Daniel Leguizamón.

La représentation a débuté avec le Quatuor Mémoire et la soprano Rebecca Gray, qui jouaient la pièce The Mysteries Remain d'Hannah A. Barnes. Les cinq interprètes étaient franchement investis, faisant preuve d'une impressionnante concentration. Le dévouement et le soin apportés au rendu de l’œuvre éveillaient notre attention. Le dialogue entre les artistes était captivant, abondant de coups d'archets frénétiques et de cordes sautillantes. La puissante voix de Gray frappait de plein fouet nos tympans, à travers cette marée de sons frottés.
Le Quatuor Mémoire a lancé cet hiver son plus récent album Chronos, Kaïros & Aîon.

La seconde pièce au programme, Skim de Daniel Leguizamón, contrastait avec la première. Noam Bierstone, Daniel Áñez, Zihua Tan et le fils de Leguizamon, Lorenzo, âgé de 11 ans, ont manipulé les haut-parleurs pour nous partager les sons fragmentés de la proposition électroacoustique. Les crépitements qui en émanaient faisaient penser à de la grêle frappant le toit d'une voiture. Les parasites grésillants crachés par les enceintes se promenaient dans l'espace. L'éclairage allait du bleu ou rouge, pulsant au rythme des interventions des différents protagonistes. La toile spatialisée, parcourue d’un bourdonnement diffus, pouvait apaiser ou agacer selon les dispositions du public. Cette expérience synesthétique me laissa éblouie et un brin engourdie.

Le Quatuor Mémoire est revenu sur scène pour clore la soirée avec le morceau Zed de Lily Koslow. La compositrice a performé avec la formation, vêtue d'un costume blanc et noir évoquant une sorte de clown mélancolique. Elle chantait et bougeait avec un mélange d'humour et de drame. Wantuch, Lacombe, Lepage et Filion s'étaient changés pour l'occasion, arborant les mêmes couleurs que Koslow, habits et maquillages à l'appui. Les interprètes jouaient le jeu. Iels nous dévisageaient drôlement alors que la musique s'arrêtait abruptement, l'éclairage passant du rouge tamisé au blanc éblouissant.

La représentation s’est terminée sur une note théâtrale et ludique, marquée par l’apparition inattendue d’une marionnette étrange.
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