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Vendredi 27 février, à la Maison symphonique, l’Orchestre Métropolitain (OM) — dirigé par le chef américain invité Kensho Watanabe — nous a servi un mémorable festin musical dont la pièce de résistance a été la Symphonie no 5 en mi mineur, op. 64 de Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893).
Je rappelle que Kensho Watanabe a été le « tout premier étudiant de direction de Yannick Nézet-Séguin » et qu’il est « l’un des chefs favoris de l’OM. » Soit dit en passant, une note au programme nous apprend qu’il est « salué pour son “toucher Midas” (OperaWire, 2024). »
« Toucher Midas », dites-vous ? Tel le roi Midas, figure mythologique qui transformait en or tout ce qu’il touchait, le maestro enrichirait-il donc toutes les musiques qu’il aborde ? Après son éloquent déploiement de savoir-faire, je veux bien le croire.
L’opération séduction s’est amorcée avec L’île des morts (21 minutes), poème symphonique de Sergueï Rachmaninov (1873-1943) achevé en 1907. Incidemment, le 30 octobre 2025, à la Maison symphonique, l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) a présenté cette même œuvre avec cependant la projection d’un film en accompagnement.
Ce petit chef-d’œuvre musical a été inspiré à Rachmaninov par une toile du peintre suisse Arnold Böcklin, réalisée en 1880 et intitulée Die Toteninsel (L’île des morts). Le compositeur « en a reproduit l’atmosphère en musique, peignant la mort comme un paysage. »
Permettez-moi de rappeler ici ce que j’ai écrit dans ma critique du 31 octobre 2025, c’est-à-dire que « L’île des morts, avec sa lourde et irréelle atmosphère cinématographique plutôt grisâtre et accablante, nous a valu une musique aussi grandiose et impressionnante que macabre et solennelle, accompagnée d’images de personnes (adultes et enfants) visiblement décédées, aux regards fixes et absents, à la démarche lente et résignée, dans des paysages rocheux, sur des chemins étroits s’enfonçant entre deux parois rocheuses, ou dans des champs, des bois, des prairies, des clairières, ou encore naviguant debout dans une barque en direction de l’île du repos éternel. »
Ce sont ces images qui me sont venues en tête durant la prestation orchestrale malgré l’absence de support visuel. Alors que l’OM a magistralement bien dispensé cette envoûtante musique, je me suis en effet appliqué à me projeter mon propre cinéma mental alimenté de souvenirs.
Après que nous ayons fait notre deuil forcé (puisque toute bonne chose a une fin) de L’île des morts, la première partie s’est poursuivie et terminée avec le Concerto pour basson, op. 79 (20 minutes) du compositeur russo-canadien Airat Ichmouratov (né en 1973 et émigré au Québec en 1998).
Ce concerto en trois mouvements s’inscrit dans « une série de commandes faites par l’Orchestre Métropolitain mettant en valeur le talent de ses premières chaises. » C’est donc le mondialement connu Michel Bettez, basson solo à l’OM depuis 42 ans (depuis septembre 1984), qui est venu occuper le devant de la scène pour nous en mettre plein les oreilles pour cette première mondiale.

Tandis que « Promenade » (1er mouvement) se veut être l’évocation des « premières impressions de Montréal » éprouvées par le compositeur, « Prière » (2e) est une « réponse aux vicissitudes de la vie » alors que la « Finale » (3e) engendre un « esprit de célébration et d’accomplissement. »
La salle a réservé au bassoniste une longue et chaleureuse ovation debout en récompense de sa flamboyante et virtuose prestation de cette œuvre moderne, de facture classique, que je ne dédaignerais certes pas réentendre. Présent dans la salle, le compositeur est monté sur scène pour se laisser bercer par le flot d’enthousiastes applaudissements.
La deuxième partie a été entièrement consacrée à la formidable Symphonie no 5 en mi mineur, op. 64 de Tchaïkovski, composée en 1888. Elle se décline en quatre fascinants mouvements qui nous ont captivés durant 45 minutes bien comptées.
Edvard Grieg disait de Tchaïkovski qu’« Il est mélancolique presque jusqu’à la folie. C’est une bonne et magnifique personne, mais il est malheureux. » Quoi qu’il en ait été de son véritable état d’esprit, avec sa 5e symphonie ce soi-disant « malheureux » a néanmoins accouché d’une œuvre majestueuse que je qualifierais de plutôt jubilatoire, en dépit du fait qu’elle s’inscrive apparemment « dans une réflexion musicale autour du “fatum” ».
Pour ce gai luron de Tchaïkovski, le « fatum » c’est, en ses propres mots, « cette force du destin qui empêche notre désir de bonheur de se réaliser […] suspendue au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès, empoisonnant sans cesse, sans fin, nos âmes. » Si ce « fatum » s’exprime effectivement au travers de cette emballante et envoûtante « Symphonie no 5, tantôt calme, tantôt destructrice », alors on doit reconnaître l’exactitude de l’expression « à quelque chose malheur est bon », puisque les aléas de l’existence ont néanmoins été sources d’inspiration pour le compositeur qui en a tiré un tel chef-d’œuvre. À mes oreilles, le plaisir et la joie sont au rendez-vous et lorsque la mélancolie s’y pointe ce n'est que furtivement et momentanément.
Après une introduction plutôt sombre exprimant « une totale résignation devant le Destin » (dixit Tchaïkovski), la musique se ragaillardit, gagne en luminosité et en lyrisme et nous offre même, au 2e mouvement « l’une des plus célèbres mélodies de Tchaïkovski, alors que le cor développe l’air Nam zvezdi krotkié siali (Les douces étoiles brillent pour nous). »
S’en suivent une élégante et apaisante valse au 3e mouvement et une spectaculaire, explosive et triomphante finale.
Le mouvement le plus spectaculaire de la soirée a été celui de la foule lorsqu'elle s’est spontanément levée, comme un seul homme, pour générer un interminable tsunami d’applaudissements à tous ces valeureux musiciens.

L’Orchestre Métropolitain a une offre riche et variée. N’hésitez pas à fréquenter régulièrement son site internet et sa page Facebook pour plus d’informations et pour vous procurer des billets pour un prochain concert.
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