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Plus de trente ans après sa formation, Tortoise est l'un des groupes post-rock les plus influents. Le quintette était au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts le jeudi 2 juillet, dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal (FIJM).
Fondé à Chicago en 1990, Tortoise puise dans des influences aussi variées que le krautrock, le dub, la musique minimaliste, l'electronica et le jazz, façonnant au fil des ans une esthétique instrumentale singulière. C'est surtout grâce à Millions Now Living Will Never Die (1996), TNT (1998) et Standards (2001) que la formation s'est imposée comme une référence incontournable. Avec Touch (2025), son album le plus récent, le groupe poursuit son travail de déconstruction et de recomposition sonore.
Comme pour mettre la soirée à l'épreuve, une pluie diluvienne s'est abattue sur Montréal au moment où Tortoise devait monter sur scène. En plus des averses, une panne du système de billetterie électronique compliquait l'accès au site. Malgré ces contretemps, le public a été en mesure d'entrer et de profiter du spectacle qui a débuté une quinzaine de minutes en retard.
Tortoise s'est présenté sans le guitariste Jeff Parker, remplacé par James Elkington. Les cinq multi-instrumentistes évoluaient entre les différentes stations disposées sur scène, où s'entassaient batteries, claviers, basses et appareils électroniques. Deux batteries se faisaient face à l'avant-scène, annonçant d'emblée l'importance du dialogue rythmique.
Les lignes de basse grasse de Doug McCombs servaient d'assise, tandis que nappes de synthétiseurs, traitements électroniques et enregistrements de terrain venaient enrichir le tout. Les musiciens adoptaient une présence scénique minimaliste. Seul Dan Bitney rompait la retenue par quelques pas de danse et mouvements amusés.

Chaque morceau se déployait comme une histoire. Les compositions passaient d'ambiances contemplatives à des envolées rythmiques. Les changements constants entre Bitney, John Herndon et John McEntire aux deux batteries apportaient une énergie particulière. Lorsque deux percussionnistes se faisaient face, la musique gagnait en ampleur et en intensité, offrant sans doute les moments les plus forts de la soirée.
Sous un ciel déchaîné, Tortoise a livré une prestation fidèle à sa réputation : exigeante, immersive et maîtrisée. Depuis le confort du siège, la sortie s’est faite dans un état flottant, la tête encore ballottée par les sons et les jambes remuantes.
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