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Ce vendredi 7 août, le Studio TD a accueilli G Flip, l'explosif·ve auteur·rice-compositeur·rice et interprète australien·ne, pour un concert lumineux. Le ton de la soirée a été marqué par une vague de bienveillance et un surplus d'amour entre les artistes et la foule.
La soirée a commencé tout en douceur avec l'artiste californien un peu stressé Vienna Vienna. Très vite, nous avons été bercés par la douceur de sa voix et la délicatesse de ses mélodies. D'abord simplement accompagné de sa guitare, il a ensuite été rejoint par Ian au synthétiseur.
L'artiste définit son style comme étant du glimmer-rock et, bien que ce soit une invention de sa part, il n'est pas compliqué de comprendre pourquoi il a choisi ces termes. Sa musique est un rock alternatif à la fois lumineux, un brin dissonant à la portée presque cathartique. Sa voix, quant à elle, est éthérée, habitée, capable de vous emmener haut à la rencontre de belles émotions. Bien que douce, j'ai été impressionnée par sa puissance dans les moments où le micro avait du mal à le capter dû à son éloignement. Certains lui donnent un air à Jeff Buckley ; j'ai personnellement vu un jeune Lewis Capaldi sur scène, que ce soit dans la posture ou dans les messages transmis dans les paroles de ses chansons. Une prestation de Vienna Vienna, c'est un moment durant lequel vous embrassez toute l'authenticité et la sensibilité d'un artiste qui se dévoile à vous en toute intimité.
Malheureusement pour lui, l'équipement a fait face à une coupure de courant sur les derniers morceaux. Grâce à Ian et au public, il a pu finir son dernier morceau dans une ambiance étrange mais portée par la bienveillance et les encouragements du public.
L'attente entre la première partie et l'artiste principal peut s'avérer longue. Pour une fois, ça n'a pas été le cas. Les équipes du Studio TD ont assuré en jouant une liste de lecture électrique qui a fait chanter et danser toute l'audience, nous offrant un beau moment de cohésion et nous gardant toutes et tous bien chauds pour l'arrivée tant attendue de G Flip.
Enfin, les lumières se sont éteintes et le concert a pu commencer. Dans le noir, un fond musical est diffusé sur les enceintes pour enfin faire place aux musiciens. Les rythmes sont rapides, leur énergie communicative : nous sommes prêts. Quelle entrée ! L'artiste australien·ne est là pour s'amuser avec nous, nous communiquer toute son énergie positive et s'assurer que nous repartions le sourire aux lèvres. Dès l'ouverture avec Disco Cowgirl, suivie de GAY 4 ME, le ton était donné.
Une chose à connaître sur l'artiste australien·ne est l'étendue de son talent. Loin de se limiter à être une artiste accomplie et une véritable bête de scène, iel est également multi-instrumentiste. D'abord muni·e de sa guitare, iel la délaisse rapidement pour s'emparer d'un saxophone qu'iel utilise entre deux refrains ; un choix loin d'être anodin, puisqu'iel a appris l'instrument en autodidacte il y a quelques mois seulement, refusant catégoriquement de tricher avec une piste préenregistrée. Pensant être au bout de ma surprise, G Flip prend alors la place du batteur pour plusieurs morceaux, tout en continuant de chanter et de faire le show. Un rôle qui n'a rien d'un simple clin d'œil scénique : G Flip a débuté sa carrière comme batteur·euse de session avant de devenir chanteur·euse et compositeur·rice, et cette maîtrise se ressent dans chaque frappe.
Mais l'artiste n'est pas la seule pleine de surprises : le batteur se transforme en guitariste et la guitariste et le bassiste se transforment en percussionnistes le temps d'un morceau, donnant lieu, sur Good Enough, à un véritable solo à trois batteries qui a électrisé la salle. Les rôles se sont d'ailleurs à nouveau inversés quelques titres plus tard, sur Rough. Cette rotation constante des instruments entre les musiciens, tous multi-instrumentistes, est une signature du live de G Flip depuis ses débuts : pas une simple fantaisie de tournée, mais une vraie marque de fabrique. Pas une personne présente sur scène n'a été laissée dans l'ombre.
En dehors du talent, de la mélodie entraînante, de la parfaite technique des musiciens, j'ai surtout retenu l'ambiance qu'il y avait sur la scène. Oui, un artiste doit être dans le moment, partager cette unique soirée avec son public ; mais avec G Flip, ce n'était pas juste son travail. Nous avons pu sentir le véritable plaisir qu'iel avait à être là, nous pouvions voir l'amusement des musiciens, leur complicité entre les blagues qu'ils partagent, leurs sourires qu'ils échangent. Le clou de la soirée est sans doute venu de sa reprise de Cruel Summer de Taylor Swift, réinventée à la sauce G Flip — un moment qui a fait littéralement exploser la salle.
Ce qui frappe en sortant du Studio TD, ce n'est pas tant la prouesse technique — pourtant bien réelle des deux côtés de la scène — mais la générosité avec laquelle chaque artiste s'est livré. Vienna Vienna, malgré le trac et les caprices de la technique, a su transformer sa fragilité en une force tranquille. G Flip, de son côté, a rappelé qu'un concert peut aussi être un simple moment de joie partagée, sans artifice ni prétention. Deux univers, deux façons d'habiter une scène, mais une même conviction : la musique se joue autant dans la maîtrise que dans l'abandon. Une soirée qui rappelle pourquoi on continue, encore et toujours, à se déplacer pour voir un concert.
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