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Jeudi 3 septembre, au Théâtre Saint-Denis - qui fête présentement son 110e anniversaire — le Cirque Éloize présentait la première médiatique de son spectacle-hommage intitulé Serge Fiori — Seul Ensemble dans une mise en scène de Benoit Landry et la direction musicale de Louis-Jean Cormier, Alex McMahon et Guillaume Chartrain.
Pour l’occasion il y avait tapis rouge et bon nombre de célébrités l’ont foulé pour s’y fait tirer le portrait. Disques et objets promotionnels étaient en vente au foyer.
Il s’agit ici de la version revampée d’un spectacle qui a été présenté pour la première fois en mars 2019, au Théâtre Saint-Denis, pour ensuite être vu par quelque 70 000 spectateurs avant d’être suspendu indéfiniment à cause de la pandémie; et avant que ses décors aient été détruits lors de l’inondation du 16 août 2024, suite à un bris d’aqueduc majeur qui a créé un geyser au centre-ville de Montréal.
Je rappelle qu’Harmonium, groupe folk rock québécois, a été formé en 1972 par Serge Fiori et Michel Normandeau, auxquels se sont ajoutés Louis Valois, en 1973, et quelques autres musiciens par la suite.

L’ensemble a produit trois albums en carrière, soit un disque éponyme en 1974, Si on avait besoin d’une 5e saison en 1975 et Heptade en 1976.
La 1re et la 2e parties de cette seconde mouture comportent respectivement 9 et 10 tableaux portant chacun le titre d’une des intemporelles chansons d’Harmonium. Ce sont donc 19 chansons qui, pour l’occasion, ont été revisitées par Louis-Jean Cormier, Alex McMahon et Guillaume Chartrain. On y retrouve, entre autres, des succès emblématiques du groupe tels Vert, Depuis l’Automne, Si Bien, Viens Danser et Un Musicien Parmi Tant d’Autres.

Ce spectacle, qui nous replonge dans l’univers musical de Serge Fiori et d’Harmonium, offre une globale, emballante et poétique expérience multimédia où la musique, la danse, la parole, les projections sur un écran géant, qui occupe l’entièreté de l’arrière-scène, les performances circassiennes, les costumes, les éclairages et la prolifique machine à boucane nous en mettent plein la vue et les oreilles.
D’emblée je rappelle que mon opinion n’engage que moi et ne force l’adhésion de personne. Ceci dit, mes yeux ont beaucoup plus apprécié le spectacle que mes oreilles.

Ce qui m’a d’abord et avant tout attiré à ce spectacle c’est le Cirque Éloize plutôt que la musique de Serge Fiori et d’Harmonium. Quand Harmonium a pris son envol, en 1973, j’avais précisément 20 ans et j’appréciais, déjà à cette époque, beaucoup plus le classique que le populaire. Je planais sur l’opéra, l’opérette, la comédie musicale et le bel canto en général. Dans le domaine populaire ne me plaisaient que les chanteurs dits « à voix » comme Engelbert Humperdinck, Tom Jones, Shirley Bassey, etc. Bref, le style chansonnier québécois n’était pas, et n’est toujours pas, ma tasse de thé.
Ceci dit, avant d’assister à ce spectacle, je ne connaissais, et ne pouvais identifier, qu’une seule et unique chanson d’Harmonium, Pour un instant. Cette immersion d’un soir m’a donc permis, enfin ! me direz-vous, d’élargir mon horizon musical et de faire connaissance avec un compositeur et chanteur auquel j’aurais probablement dû m’intéresser beaucoup plus tôt.

Je ne suis pas pour autant devenu un inconditionnel admirateur de l’univers musical d’Harmonium, mais je suis maintenant plus en mesure d’apprécier le pourquoi de l’énorme succès qu’il a jadis obtenu et du grand intérêt qu’il suscite encore de nos jours.
Les chansons, dont plusieurs sont devenues des incontournables d’Harmonium, servent de trame sonore à tous les numéros de danse — moderne et plutôt athlétique — et aux nombreuses et impressionnantes performances circassiennes, telles que les sangles aériennes et le trapèze en première partie, et la slackline (fil mou) — où l’acrobate est notamment suspendu par les cheveux — la planche coréenne et la roue Cyr en deuxième partie.

J’ai particulièrement apprécié toutes les parties du programme où l’accompagnement était uniquement musical; parce que je ne parvenais à comprendre, au mieux, que 50% des paroles des chansons. À cause d’une sono mal réglée ou simplement mauvaise articulation du chanteur dans l’enregistrement ? Quoi qui l’en soit, quand on peine à comprendre les paroles de chansons dites « à texte », l’expérience s’avère, au final, être franchement moins mémorable. Heureux sont ceux qui ont tout compris, ou presque, car leur audition est alors meilleure que la mienne.
Dire que l’emplacement de mon fauteuil, en rangée S, n’était pas idéal relève de l’euphémisme. Les quelques dernières rangées du parterre reposent sur un plancher qui ne pèche certes pas par excès d’inclinaison; c’est pourquoi le spectateur placé immédiatement devant moi, donc pratiquement au même niveau, m’a régulièrement obstrué la vue avec sa tête, pourtant dénudée et de dimension normale, qu’il déplaçait fébrilement de gauche à droite pour parvenir à suivre l’action.

Avec sa calebasse qui penchait fréquemment d’un bord et la mienne qui suivait aussitôt dans le sens contraire — dans une mutuelle tentative de mieux apercevoir la scène — nous avons certainement dû incommoder les spectateurs assis derrière nous avec notre incessante valse des caboches.
Admirateurs de Serge Fiori et d’Harmonium, si vous voulez vous ébaudir et même ressortir ébaubis de la salle, précipitez-vous voir ce fascinant et planant spectacle pour lequel plus de 20 000 billets ont déjà été vendus et qui, en ce soir de première, s’est mérité de nombreux oh et ah d’admiration et de ravissement et une très chaleureuse ovation debout à la tombée du rideau.
Visitez le site internet du Cirque Éloize pour en apprendre bien davantage sur cette production, ses nombreux artistes et artisans. Les billets sont disponibles via Ticketpro, le réseau officiel du Théâtre Saint-Denis, à l'Espace Saint-Denis.
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