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Sous le thème Fou d'amour, la 43e édition du Festival en chanson de Petite-Vallée rend hommage à Marjo, artiste passeuse de l'événement. Mardi, la deuxième vague de la Marée du Forgeron a réuni des artistes fou d'amour pour Petite-Vallée devant un public tout autant amoureux des lieux. Plus tôt dans la journée, les Gaspésiens Luan Larobina et Flore Laurentienne ont offert deux prestations empreintes de sensibilité, où leurs univers musicaux, chacun à leur manière, s'ancraient dans le territoire. Retour sur cette sixième journée riche en émotions.
« Même si on a brûlé, on ne s'est jamais éteint. » Cette phrase, tirée d'une chanson créée pour la Marée du Forgeron, représente à elle seule toute la résilience qui porte le nouveau Théâtre de la Vieille Forge, inauguré en 2025 après avoir été ravagé par les flammes en 2017. Voir Louis-Jean Cormier, Marie-Pierre Arthur, Daniel Boucher, Patrice Michaud, Klô Pelgag, Jeanne Côté, Velours Velours, Sandrine Masse et Luan Larobina porter ces paroles reste fort et beau à voir. Cela témoigne aussi de l'amour et de la force qui unissent Petite-Vallée et ses artistes.
La Marée du Forgeron regroupe une horde d'artistes, jeunes et moins jeunes, tous liés de près au festival et à ses lieux. Le spectacle, présenté pour la première fois l'an dernier, était de retour dans une deuxième mouture, différente. Pierre Flynn s'est notamment joint au concert afin de remplacer Michel Rivard et c'est tout naturellement lui qui, comme le chanteur de Beau Dommage l'an dernier, a ouvert la soirée.

« Bonsoir, je m'appelle Michel Rivard et, comme je peux le voir, vous êtes plusieurs à ne pas me croire », a-t-il plaisanté au micro avant d'ajouter : « Comme la liste des vétérans s'amenuise, ça n'a pas été long avant qu'ils tombent sur moi. »
Un moment de légèreté pour amorcer sa chanson Capitaine, ô capitaine, qui a ouvert le bal magistralement, avant une série de chansons gravitant de près ou de loin autour de l'eau, du vent ou encore du domaine marin, suivant, comme l'an dernier, le principe du « C'est quoi ta toune? ».

Chacun et chacune ont ainsi repris les chansons des autres, comme Daniel Boucher et sa reprise rock de Comme des rames de Klô Pelgag, sur laquelle une mini-Pelgag est venue danser sur scène de la façon la plus mignonne qui soit. Patrice Michaud, lui, a repris Le vent m'appelle par mon prénom de Marie-Pierre Arthur, qui, de son côté, a interprété La saison des pluies de Michaud avec Velours Velours et Louis-Jean Cormier.
Ces reprises, chantées avec amour, ont aussi donné lieu à de beaux clins d'œil. Luan Larobina, Sandrine Masse et Velours Velours, tous d'anciens chansonneurs du festival, ont repris Je voudrais voir la mer de Michel Rivard.
Avoir lors de cette soirée des jeunes artistes reprendre les paroles d'artistes confirmés, qui à l'inverse, interprétent les œuvres de la relève est beau à voir. Parmi les interprétations de la soirée, on retiendra également Velours Velours, qui a chanté sa chanson Yeah en duo avec Patrice Michaud, son ancien moniteur au Camp chanson lorsqu'il était enfant.

Pour accompagner tous ces artistes sur scène, on retrouvait Jean-Sébastien « Tibasse » Fournier, Vincent Carré et Lana Carbonneau, sans oublier Manuel Gasse, qui s'est lui aussi avancé derrière le micro. Il y a 20 ans, Pierre Flynn occupait le rôle de « parrain » du festival, l'ancêtre du titre d'artiste passeur. Lors du spectacle hommage qui lui avait été consacré, Manuel Gasse et Antoine Gratton avaient présenté une chanson qu'ils avaient inventée comme si elle avait été écrite par Flynn lui-même. Vingt ans plus tard, cette chanson n'avait jamais été réinterprétée, du moins jusqu'à ce 30 juin 2026. Le call du moose a ainsi été repris sous les yeux d'un Pierre Flynn… disons désespéré.

Si le concert s'est quelque peu étiré, il n'en demeure pas moins que La Marée du Forgeron est un spectacle multigénérationnel gravitant autour d'un amour commun qui ne cesse de se renforcer année après année. Un concert qui donne simplement envie de souhaiter longue vie au Théâtre et au festival, tant les émotions que l'on y vit sont fortes, omniprésentes et parfois difficiles à traduire avec des mots. L’expression « comprendra qui pourra » n’a sans doute jamais aussi bien trouvé son sens.
Plus tôt dans la journée, le public avait rendez-vous au Camp chanson avec Luan Larobina pour une matinée en chanson et en frissons. Après avoir suivi l’artiste aux Francouvertes cette année, l’heure était à la découverte d’un spectacle complet, où les pièces n’en ressortent que plus belles. La chanteuse, accompagnée de ses musiciens et musiciennes, en profite pour prolonger les morceaux, faisant encore plus ressortir les textures des pièces.

L’artiste, qui a sorti l’EP Casa en 2025, propose une plume sensible, miroir d’une chanteuse ancrée dans sa Gaspésie natale et qui, mardi, se sentait à la maison. Elle porte sur scène un projet lumineux qui vient creuser les émotions, entre folk et inspirations latines. Luan Larobina a aussi convié son frère Edaï Larobina à venir interpréter, seul, sa chanson Épouvantail. Un beau matin en bonne compagnie.
En après-midi, c’est cette fois Flore Laurentienne, projet néoclassique, électro et expérimental porté par Mathieu David Gagnon, qui était à l’honneur. Entouré d’un quatuor à cordes, de percussions et de synthétiseurs sortis tout droit d’un musée des instruments, l’artiste nous plonge dans la nature, dans une sensation où il y a toujours quelque chose de plus grand que soi. L’univers qui émane de la scène, entre les cordes et les différents claviers, est à la fois intrigant et captivant.

Le rendu est totalement immersif, contemplatif et doux. Flore Laurentienne, qui a récemment sorti Volume III, a joué des pièces qui y figurent, comme « Fleurs » et « Petit matin », mais aussi « Fleuve I », tirée de Volume I. « J’espère que vous entendrez ça chaque fois que vous regarderez le fleuve », a-t-il soufflé.
Mardi, le public a pu découvrir ce qu’était une musique vivante qui parle d’elle-même à l’écoute.
Si le Festival en chanson de Petite-Vallée se clôture le 4 juillet, notre aventure s’y est terminée le 30 juin, clôturant six journées de découvertes et de spectacles tout aussi riches les uns que les autres.
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