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Au Théâtre de la Vieille Forge, la deuxième journée du Festival en chanson de Petite-Vallée s’est inscrite dans la continuité de la veille, tout en douceur et en complicité. Ce 26 juin, le public a pu assister au concert des chansonneurs et des chansonneuses en début d’après-midi, avant celui des Sœurs Boulay et d’Elliott Maginot, présenté plus tard. La soirée a toutefois pris un tournant plus rock avec Marco Ema au Camp Chanson, qui a rapidement amené le public à danser.
Fait intéressant relevé par Marc-Antoine Dufresne, codirecteur général et directeur artistique adjoint avant le spectacle des chansonneurs et chansonneuses, 25 % de la programmation de cette édition se compose d’anciens chansonneurs !
Après un parcours entre résidences et ateliers qui les a menés à l’Ampli de Québec puis à Petite-Vallée, les huit chansonneurs et chansonneuses étaient fin prêts à nous présenter leurs chansons par groupe de quatre. Claudia Thom, Julie Anne Miquelon, Florence Breton et OTTO se sont d’abord présentés pour interpréter chacun deux morceaux de leur cru, en s’accompagnant les uns les autres, que ce soit en faisant les chœurs ou en prêtant main-forte sur des instruments, comme l’euphonium pour Claudia Thom !
Tandis qu’OTTO a dévoilé un univers jazz avec charisme sur scène, le public a pu aussi se laisser entraîner dans celui de Claudia Thom, solaire et dynamique, notamment avec 100 % d’ici et 100 % de là, si ma mémoire est bonne, un titre faisant référence à son identité de Québécoise d’origine camerounaise. Florence Breton a enveloppé la salle de sa poésie et de son univers sensible et mélancolique, proposant Mon silence et Le cœur en veille. Julie Anne Miquelon nous a donné rendez-vous à l’orée de la peur de l’immensité avec une première chanson, avant de proposer un second morceau plus « orchestral », marqué par les flûtes, l’euphonium, l’accordéon et le piano. C’était beau, et on a hâte d’en découvrir davantage.

Maude Cyr-Deschênes a débuté au piano, entourée de Julie Anne Miquelon, Florence Breton, Claudia Thom ainsi que de la musicienne et choriste Lana Carbonneau, qui faisait partie de l’orchestre maison, aux côtés de Tibasse Fournier et Manuel Gasse. C’est donc en quintette exclusivement féminin, avec une pièce portant sur l’émancipation et l’affirmation des femmes, que cette seconde partie s’est amorcée.
Ponteix, Aleksi Campagne et Thomas Ariell sont ensuite montés sur scène. Aleksi Campagne a présenté un univers folk et trad bien assumé et maîtrisé. De son côté, Thomas Ariell a proposé des pièces aux sonorités country-folk, tandis que Ponteix, avec sa voix douce, a interprété deux belles chansons entraînantes aux arrangements soignés.
Les huit artistes se sont finalement réunis derrière le même micro pour interpréter une vibrante reprise de J’lâche pas de Marjo, artiste passeure de cette édition, qui était présente dans la salle.
Ce spectacle est un melting-pot de talents, où chaque artiste entre dans l’univers des autres, donnant lieu à de beaux moments de complicité. En plus de découvrir de nouveaux univers musicaux, le public a pu apprécier les différentes plumes qui composent la cohorte 2026.
Plus tard, « deux Gaspésiennes et un coloc à eux autres », pour reprendre les mots d’Alan Côté, sont venus proposer Les Sœurs Boulay et Elliott Maginot font quelque chose (ensemble sur scène). Sur une scène au décor douillet, avec tapis, instruments ici et là, rideaux en arrière-plan et lampes posées sur des caisses de bois, Mélanie et Stéphanie Boulay ainsi qu'Elliott Maginot ont offert un concert intime et communicatif.
Tout au long de la soirée, on avait l’impression de se sentir à la maison et de participer à un moment amical, voire familial. Le trio s’accompagne et pioche dans le répertoire du duo et d’Elliott Maginot, ainsi que dans celui d’autres artistes phares. Ils ont d’ailleurs proposé des reprises touchantes de Pour que tu m’aimes encore de Céline Dion et de La Manic de Georges Dor.

C'est un concert qui fait chaud au cœur, porté par des amis tissés serrés, parfois taquins, jasant avec les spectateurs, et allant même jusqu’à débattre du lieu de naissance de René Lévesque avec le public.
C’est sur 4488 de l’amour des Sœurs Boulay, une pièce forte de sens, que s’est amorcé le concert. Cette dernière est dédiée à l’appartement qu’elles ont autrefois partagé avec Elliott.
Holy Father, Les Lumières dans le ciel, For The Living, Mappemonde : les chansons s’entremêlent pour ne devenir qu’une et s’enchaîner avec fluidité. Stéphanie, Mélanie et Elliott partagent sur scène un lien fort et complice, qui prouve qu’il n’y a pas que les liens du sang qui définissent la famille. C’est ce lien qui unit les artistes et donne à ce spectacle une base solide et authentique. Le reste n’est que bonbon pour les yeux et les oreilles.
Fini les moments de douceur, de contemplation et d’écoute attentive : cette fois, le public était invité à lâcher prise en compagnie de Marco Ema, qui a présenté notamment des chansons de son album Soleil mâché.

Avec une énergie débordante sur scène, l’auteur-compositeur-interprète a navigué dans ses albums avec assurance et plaisir, entraînant le public dans son rythme. Marco Ema offre un très bon spectacle qui fait décoller la fin de soirée. D’Amy et Airbag (Où nos corps s’en vont mourir) à Soleil mâché, pièce-titre du nouvel album, ou encore Larve et roses en duo avec Héron, présent parmi les musiciens ce soir-là, l’artiste maintient le rythme au grand plaisir du public. Ce dernier a transformé le Camp Chanson en une grande piste de danse lors d’Avalanche, où les pas de danse et les déhanchés sont allés bon train.
Retrouvez toute la couverture du festival sur ce lien.
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