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Dimanche 2 août, à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay de Joliette, l’opéra Macbeth — de Giuseppe Verdi (1813-1901) — a été présenté en version concert en clôture du Festival de Lanaudière 2026. L’Orchestre Métropolitain (OM), le maestro Yannick Nézet-Séguin et une distribution des plus solides ont été les artisans d'un triomphe.
Macbeth est un opéra en quatre actes, dont le livret — de Francesco Maria Piave et Andrea Maffei — est basé sur la tragédie de William Shakespeare. Il a été créé (présenté pour la première fois) à Florence en 1847.
La version intégrale dure quelque 3 h 15 alors que la version concert, abrégée, présentée au Festival de Lanaudière, s’est étalée sur 3 h, incluant un entracte.
Macbeth a résulté de la persistante volonté de Verdi de fidèlement adapter une pièce de Shakespeare pour la scène lyrique. Cette première tentative a produit un chef-d’œuvre qui se distingue, entre autres choses, par son côté sombre et complexe et la sévérité de ses arias. Shakespeare a inspiré deux autres opéras au génial et prolifique Verdi, soit Otello et Falstaff.
Contrairement aux opéras Rigoletto et La Traviata — tous deux également de Verdi — par exemple, Macbeth n’offre pas une suite ininterrompue de vers d’oreille, ces irrésistibles mélodies qui s’incrustent dans notre mémoire (pensez seulement à « Cortigiani, vil razza dannata » de Rigoletto ou à « De' miei bollenti spiriti » de La Traviata), qui refusent d'en sortir et qu’on se surprend à siffloter ou à chantonner encore et encore, même longtemps après les avoir entendues. Macbeth c’est autre chose. Le meurtre, la vengeance et les remords n'ont-ils d'ailleurs jamais été mieux mis en musique et en chant que dans Macbeth ?
Très succinctement, je rappelle que l’action se déroule en Écosse, au début du XIe siècle et que Macbeth est un général écossais fort ambitieux qui, poussé par une prophétie des sorcières et l’ambition démesurée de sa femme, compte bien devenir roi en recourant aux complots et aux assassinats, pour lesquels il paiera un lourd tribut sous forme de paranoïa et de sentiment de culpabilité, avant d’être tué au combat par le noble écossais Macduff assoiffé de vengeance après que sa femme et ses enfants aient été massacrés.
Ont joint leurs talents pour nous en mettre plein les oreilles et la vue, l’Orchestre Métropolitain, le Chœur Métropolitain, le réputé maestro Yannick Nézet-Séguin et les huit grandes voix suivantes :
le baryton québécois Étienne Dupuis (Macbeth);
la soprano espagnole Saioa Hernández (Lady Macbeth);
la basse grecque Alexandros Stavrakakis (Banquo);
le ténor canadien Matthew Cairns (Macduff);
la soprano canadienne Elizabeth Polese (Suivante de Lady Macbeth);
la basse canado-arménienne Vartan Gabrielian (Médecin et serviteur);
le baryton québécois Geoffroy Salvas (Héraut et assassin);
le ténor canadien Owen McCausland (Malcolm);
En cette grisâtre soirée du 2 août, abondamment pluvieuse mais exempte de coups de tonnerre, c’est néanmoins une distribution du tonnerre qui nous a offert une exquise gâterie pour les oreilles. Mes coups de cœur ont été nombreux, presque autant qu’il y a eu de solos, duos, trios, quatuors, quintettes, sextettes et chœurs. Ce Macbeth version concert m’a ébloui comme l'éclair. J'en suis encore sonné et grisé.
D’abord, le passionné et inspiré maestro Yannick Nézet-Séguin a tiré de ses musiciens, qui n’ont de cesse de se surpasser, des moments purement orchestraux (interludes et autres) des plus impressionnants, jouissifs même, tant ils évoquaient parfaitement bien la lourdeur permanente de l’atmosphère, la gravité du drame qui se déroulait sous nos yeux et les sentiments conflictuels qui habitaient les protagonistes.

Cela nous a valu de multiples passages musicaux aussi fascinants qu’impressionnants et que parlants car, oui! la musique parle... profusément. Elle est même polyglotte. En effet, elle parle couramment plusieurs langues : celles des sentiments, des passions, du drame, de la guerre, de la paix et bien d’autres encore. Elle est un langage universel qui se passe de traduction et se comprend par ressenti ou empathie.
Dès le premier acte on a découvert un Étienne Dupuis (Macbeth) tout en voix, en pleine possession de ses impressionnants moyens et pleinement capable de jouer même en l’absence de tout décor, costume ou accessoire. Sa théâtralité a été exemplaire à mes yeux.

Et que dire de Saioa Hernández — drapée dans une longue, vaporeuse et flamboyante robe rouge, emblématique des ambitions meurtrières de sa Lady Macbeth — sinon que cette charismatique soprano en impose sur scène par sa seule présence, son jeu intense et son exceptionnelle voix des plus volumineuses, nuancées et articulées.

La stature ainsi que la profonde et puissante voix de la basse Alexandros Stavrakakis ont conféré présence imposante, autorité et crédibilité à son personnage de Banquo.

Le Macduff incarné par le ténor Matthew Cairns n’a pas été en reste et s’est aisément distingué par son éclatante voix, notamment lorsqu’il a interprété la célébrissime aria « O figli miei – Ah, la paterna mano » à l’acte IV, peut-être l’unique véritable vers d’oreille de l’opéra.

Je résiste à l’envie de me lancer dans une nomenclature des arias qui m’ont impressionné tellement il y en a eu. Je m’en abstiens donc. Ce que je retiens surtout de cette production c’est d’abord et avant tout la grande qualité de la musique qui nous a enveloppés et subjugués, les sublimes voix et la théâtralité démontrée par tous les protagonistes qui ont habité leurs rôles respectifs avec conviction.

Cette enjôleuse soirée, foisonnante de moments forts, prenants et exaltants, a valu à tous les membres de cette relevée production une interminable ovation debout des plus amplement méritée.
Le relevé Festival de Lanaudière 2026 est maintenant terminé et nous avons déjà hâte à l'an prochain. Quant au festival de l'excellence, dans lequel l'Orchestre Métropolitain est engagé à longueur d'année, il perdure et vous pouvez en prendre connaissance sur son site internet et même vous procurer des billets pour un prochain concert.
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