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Samedi 18 juillet 2026 à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay de Joliette, Rafael Payare, l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et la violoncelliste américaine Alisa Weilerstein nous conviaient à assister à de la pyrotechnie musicale empreinte d'épanchements passionnels.
Le hautement réputé et respecté OSM et l’intense maestro Rafael Payare qui se passent aisément de présentation.

Dame Alisa Weilerstein, conjointe de Rafael Payare, l’une des plus éminentes violoncellistes de notre époque, une célébrité mondiale passionnée de musique contemporaine, une artiste consommée reconnue pour son investissement émotionnel et la rare profondeur de ses interprétations. À ce jour, sa discographie compte 4 albums solo, 8 albums orchestraux et 8 albums de musique de chambre.

Au départ, et dans l’ordre de présentation, le programme proposait l’« Ouverture » extraite de Egmont, op. 84 (9 min) de Ludwig van Beethoven (1770-1827), Dzonot (32 min), en 4 mouvements, de Gabriela Ortiz (née en 1964) et la Symphonie no 10 en mi mineur, op. 93 (57 min), en 4 mouvements, de Dmitri Chostakovitch (1906-1975).
Et, parce que « profondément touchés par le récent séisme qui a frappé le Vénézuéla », Rafael Payare – d’origine vénézuélienne – et l’OSM ont voulu « rendre hommage aux victimes et témoigner leur solidarité à la communauté vénézuélienne d’ici » en ajoutant au programme Mediodía en el Llano (Midi dans la plaine) du compositeur vénézuélien Antonio Estévez (1916-1988), une œuvre de quelque sept minutes et demie dont l’exécution a été suivie d’une minute de silence en mémoire des victimes.
En début de première partie, les neuf minutes de la célèbre « Ouverture » d’Egmont de Beethoven nous ont proposé une planante musique dramatique empreinte de majesté et exprimant tout à la fois fatalité et triomphe. C’est du moins ce que mes oreilles ont perçu et ce que mon imagination a cru comprendre.
Ensuite, Rafael Payare a dirigé Mediodía en el Llano, d’Antonio Estévez, pour nous faire parcourir une plaine ensoleillée portés par une musique apaisante, de facture pastorale, ponctuée de montées orchestrales évoquant de rafraîchissantes brises passagères, selon mon ressenti.
La première partie s’est conclue avec Dzonot de Gabriela Ortiz, un concerto pour violoncelle et orchestre écrit pour Alisa Weilerstein et créé par le Los Angeles Philharmonic la saison dernière. Pour son œuvre, la compositrice a expliqué s’être inspirée des cénotes, ces gouffres naturels contenant des eaux pures de la région du Yucatan. Que voilà une source d'inspiration plutôt inusitée!
Dzonot, qui est éminemment moderne et ne pèche certes pas par excès de mélodies mémorables susceptibles d’engendrer des vers d’oreille, a néanmoins donné à la soliste amplement d’occasions de démontrer toute l’étendue de son époustouflante virtuosité avec quatre mouvements contrastés qui foisonnent de trouvailles et de subtilités musicales, qui multiplient les passages joués pizzicato ainsi que les emballants embrasements orchestraux.
Le maestro a assuré sa direction d’orchestre avec intensité, grande vivacité et ample gestuelle. Bien que le fond de l’air ait été quelque peu frisquet, après la copieuse averse qui a précédé la tenue du concert, je crois bien que le fougueux Rafael a réussi, à lui seul, à augmenter la température ambiante de l’amphithéâtre grâce à l’énergie qu’il dégageait. Le maestro dirige, indiscutablement, avec autorité et sans s’économiser.

L’OSM, Rafael Payare et Alisa Weilerstein ont, comme il se doit, été longuement ovationnés après une telle flamboyante démonstration de leur impeccable savoir-faire.
Après nous être remis de nos émotions durant l’entracte, l’OSM a renchéri en nous offrant la Symphonie no 10 en mi mineur, op. 93 de Chostakovitch, pièce de résistance d’un gastronomique festin musical qui nous régalés durant près de deux heures au total.
Cette symphonie, qui a occupé l’entièreté de la deuxième partie, a été composée en 1953. Chostakovitch - dont la musique a par deux fois, en 1936 et 1948, été interdite par le régime stalinien sous prétexte d’un contenu jugé trop pessimiste – y exprime, entre autres choses, sa colère et sa révolte contre les injustices qu’il a subies, ainsi que de l’espoir et un triomphalisme final.
C’est une œuvre spectaculaire, passionnée et passionnante, mettant toutes les sections de l’orchestre généreusement à profit et qui a fait intensément travailler, ainsi qu’abondamment suer, le maestro qui, entre les mouvements, a dû prendre le temps de s’éponger le visage et d’essuyer ses lunettes.
Au dénouement de l’œuvre, la réaction de la salle a été balistique. En effet, tous se sont spontanément levés à l’unisson pour servir à l’OSM et à son ardent chef une généreuse ovation debout en récompense d’une mémorable prestation.
Le Festival de Lanaudière a encore quelques excellents concerts à vous proposer avant de clôturer avec « Macbeth par Nézet-Séguin » à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay le 2 août prochain. N’hésitez pas à visiter son site internet pour consulter son calendrier et vous gâter en vous procurant des billets pour un prochain concert.
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