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Arrivé à Montréal le 17 mars dans un éclat de paillettes et de succès pop, & Juliet revisite Roméo et Juliette avec une énergie contagieuse et un sens du spectacle indéniable. Malgré un rythme effréné qui laisse peu de place à la nuance, la production séduit par son efficacité, son humour et son pouvoir de divertissement.
Dès l’entrée dans la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, le ton est donné : la première montréalaise de & Juliet attire les foules. Avant même que le spectacle ne commence « officiellement », les interprètes occupent déjà la scène. Ils s’échauffent, discutent, s’étirent sous les lumières encore allumées.
Le concept est attirant : et si Juliette ne mourait pas à la fin de Roméo et Juliette ? Et si William Shakespeare n’avait pas eu le dernier mot, mais plutôt sa femme, Anne Hathaway ? De cette prémisse de retelling naît une double narration : celle de Juliette qui se réinvente après sa fausse mort, et celle d’un couple d’auteurs en désaccord, dont la dynamique nourrit la pièce elle-même.

Sur scène, le résultat est éclatant, alors que & Juliet propose une explosion de couleurs, de paillettes et d’énergie. Le rythme est effréné, parfois même à bout de souffle. Les scènes s’enchaînent à une vitesse telle qu’on a peu de temps pour s’attarder aux enjeux dramatiques (dont le ton est parfois difficile à saisir). Mais en contrepartie, il n’y a aucun temps mort : le spectacle assume pleinement son désir de divertir, et y parvient sans difficulté.
La trame sonore, composée exclusivement de succès pop bien connus (de Katy Perry à Britney Spears), crée un rapport immédiat avec le public. On reconnaît, on anticipe, puisque les morceaux choisis sont extrêmement connus. De « you are my fire, the one desire » à « oh baby baby, how was I supposed to know? », il ne faut généralement qu’une seule ligne pour reconnaître la chanson.
Mais ce choix n’est pas sans effet : certaines transitions entre moments dramatiques et chansons pop provoquent un décalage tonal parfois involontairement comique. Difficile, par exemple, de ne pas esquisser un sourire quand une scène chargée d’émotion débouche soudainement sur les premières notes de Roar de Katy Perry ou Fuckin’ Perfect de Pink. Est-ce voulu? Je me suis mordu les joues à plusieurs reprises pour éviter de pouffer de rire durant des moments chargés dramatiquement (accompagnés de Britney Spears ou des Backstreet Boys), sous des side eyes fusillants de ma voisine de siège. À quel point la pièce est-elle sincère dans ces moments, ou est-ce que tout n’est que divertissement léger?

Visuellement, le spectacle est du pur bonbon pour les yeux: les costumes oscillent entre inspirations d’époque et esthétique contemporaine éclatée, toujours très colorés. Du côté des interprètes, l’ensemble est solide, avec des voix puissantes et une présence scénique assumée. Joseph Torres (Roméo), en particulier, vole plusieurs moments avec une énergie rappelant celle d’un Ken tout droit sorti du film Barbie. Charismatique, drôle, absolument caricatural et excessif, on en voudrait davantage, alors qu’il vole la vedette dès son entrée dramatique.
La pièce tente également d’intégrer une diversité de représentations, notamment à travers le personnage non binaire de May (Nico Ochoa), amie de Juliet (Fabiola Caraballo Quijada). L’intention est louable, mais son traitement laisse parfois perplexe. May semble tout droit sorti.e d’un film des années 2000, rappelant les personnages gays stéréotypés à la Damian de Mean Girls. Le traitement du personnage May illustre la tension entre profondeur et divertissement que la pièce, dans son ensemble, peine à balancer.
Les questionnements identitaires de May (désir d’amour, besoin de reconnaissance, difficulté à trouver sa place) constituent un potentiel dramatique riche, mais sont grandement limités et brouillés par les chansons qui accompagnent son parcours. Entre I’m Not a Girl, Not Yet a Woman et I Kissed a Girl, la musique ramène le récit de May à une vision très binaire et entre en contradiction avec la complexité des questionnements que la pièce tente, maladroitement, d’amener.

Ce décalage est d’autant plus perceptible alors que le spectacle, dans son ensemble, effleure à peine ses moments de respiration. Le rythme rapide, qui fait la force du divertissement de & Juliet, devient ici une limite : les enjeux de May auraient gagné à être davantage développés, à prendre le temps d’exister au-delà de l’efficacité des numéros musicaux.
Mais bon, & Juliet n’est peut-être pas une œuvre marquante sur le plan dramaturgique, ni une pièce appelée à traverser les époques, mais ce n’est sans doute pas son but non plus. Elle remplit avec brio sa mission première : divertir. C’est un spectacle qui fait rire, qui impressionne, qui déborde de vie. Et même si l’on ne sait pas toujours si l’on rit avec lui ou de lui, une chose est certaine : on passe un très bon moment.
& Juliet est présenté à la salle Wilfrid-Pelletier à la Place des Arts jusqu'au 22 mars.
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