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En ce samedi 6 octobre, l'Orchestre Métropolitain nous a offert, pour débuter sa saison, l'énergique et superbe « Concerto pour piano no 3 en ré mineur (op. 30) » de Rachmaninov, suivi d'une symphonie de Sibelius, sous la baguette magique et entraînante de maestro Yannick Nézet-Séguin. La Maison symphonique avait l'honneur d'accueillir, pour la circonstance, le très grand pianiste Nicholas Angelich, qui, de par son jeu incroyablement virtuose et évocateur, nous a emportés dans des contrées jamais explorées...
En ouverture de programme, les mélomanes ont pu apprécier, une fois de plus, le talent de l'un des compositeurs contemporains québécois les plus doués, Nicolas Gilbert. Sa pièce « Avril » évoquait le printemps et la renaissance de la nature. Les nombreux chemins empruntés, bifurquant tout à coup dans une autre direction, évoquaient pour moi une promenade en forêt où l'on se permet d'aller au gré de sa fantaisie, dans des sentiers inexplorés. Notons que Nicolas Gilbert, âgé d'à peine 39 ans, a déjà à son actif la création de plus de soixante œuvres musicales – dont plusieurs ont gagné de prestigieux prix internationaux – en plus d'avoir écrit quatre romans!
Crédit photo: François Goupil
En première partie de concert, le « Concerto no 3 » de Sergueï Rachmaninov constituait toute une pièce de résistance! D'une écriture solidement ancrée dans la grande tradition russe, il semble évoquer et embrasser, à vol d'oiseau, les immenses forêts russes auxquelles il donne une dimension grandiose et spectaculaire. Pendant les 39 minutes qu’il dure, ce concerto d'une difficulté technique impressionnante nous a entraînés dans un voyage ininterrompu, à perte de vue et à perdre haleine, au cœur de territoires sauvages inexplorés. Plaquant accords sur accords et enchaînant les quadruples croches à une vitesse vertigineuse, l'immense pianiste Nicholas Angelich nous a montré toute l'étendue de son talent. L'Orchestre Métropolitain n'était pas en reste. Bien accrochés aux gestes précis, dynamiques et évocateurs de leur chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin, les musiciens ont donné leur plein potentiel et ont ébloui la salle. Le maestro était dans une forme splendide, comme toujours. Quel plaisir de le voir diriger son orchestre avec autant de passion, de talent et de démesure! Telle une onde électrique, la musique semble traverser le jeune chef et ressortir sous forme d'art pur. Il virevolte littéralement avec les notes!
Applaudis à tout rompre, les musiciens ont accueilli nos bravos avec plaisir, simplicité et reconnaissance. Notons que ce concert était enregistré en direct, ce soir-là. L'entracte nous a permis de reprendre notre souffle et de laisser libre cours à notre enthousiasme.

Crédit photo: François Goupil
En deuxième partie, la « Symphonie no.1 en mi mineur (op.39) » de Sibelius était tout indiquée pour faire baisser un peu l'adrénaline qu'avait suscitée le concerto de Rachmaninov. Commençant par un Andante, ma non troppo, nous avons pu ainsi nous laisser aller un peu à la douceur et à la tranquillité... mais pas pour longtemps! Les troisième et quatrième mouvements nous ont entraînés dans un Scherzo Allegro et dans une Finale encore agités. Écrite à la toute fin du XIXe siècle par l'un des plus grands symphonistes finlandais, cette symphonie aux sonorités sombres et poétiques nous fait voyager à travers les paysages nordiques d'Helsinki. L'extrême originalité de son orchestration nous ouvre les portes de son imaginaire, tout en nous faisant errer au cœur des immensités du Nord.
Le prochain concert de l'Orchestre Métropolitain sera Viva Verdi, le 28 octobre prochain. C’est à ne pas manquer : pour vous procurer des billets, cliquez ici!
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