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La chaleur de juillet est bien installée, les jours commencent doucement à raccourcir et, pour moi, cela signifie que c’est le moment de prendre la route des Laurentides pour ma gâterie de l’été : le Festival des Arts de Saint-Sauveur !
Le FASS célèbrera sa 35ᵉ édition du 22 juillet au 2 août 2026. C’est un rituel dont je ne me lasse jamais. Que j’y aille en famille, avec l’amoureux ou avec mes copines danseuses, le bonheur reste le même : partager un pique-nique sous les arbres ou s’offrir une bonne table locale, avant de s’installer sous le Grand Chapiteau pour y rencontrer la culture, danse et musique.

(RWB, crédit photo : pa_Julieta)
L’histoire d’amour entre la danse et les Laurentides ne date pas d’hier. Tout a commencé en 1992, lorsque Lou Gordon et ses comparses ont fondé le Festival des Arts Hiawatha à Sainte-Agathe-des-Monts. Rapidement, des élans artistiques similaires ont germé à Saint-Sauveur sous l’impulsion de la famille Vineberg. En 1996, ces forces vives se sont unies, donnant naissance au festival tel qu’on le connaît. C’est l’année suivante, en 1997, que les premiers pas de danse ont résonné sous le Grand Chapiteau de Saint-Sauveur.
À la suite de ces débuts prometteurs, l’illustre ballerine québécoise Anik Bissonnette a pris le flambeau de la direction artistique à la fin de la saison 2004. Pendant dix ans, sa sensibilité artistique raffinée, son rigoureux dévouement et sa renommée internationale ont permis au festival de franchir de nouveaux sommets académiques et populaires, le propulsant parmi les événements majeurs de la danse en Amérique du Nord.
Depuis 2014, c’est sous la gouverne inspirée du danseur et chorégraphe Guillaume Côté et la direction générale d’Étienne Lavigne que le FASS poursuit cette belle ascension. Devenu le plus important diffuseur de danse en région au Canada, ce festival offre une intimité rare entre les artistes internationaux et le public, le tout enveloppé par la fraîcheur et les parfums de la forêt laurentienne.
La programmation sous le chapiteau de cet été 2026 saura combler tous les mélomanes ainsi que celles et ceux qui adorent la danse.
Le point d’orgue de cette fin d’édition sera sans contredit la visite du prestigieux Royal Winnipeg Ballet (RWB), les 1er et 2 août prochains. Fondée en 1939 par Gweneth Lloyd et Betty Farrally, cette institution est la doyenne des compagnies de ballet en Amérique du Nord. Sous la direction artistique de Christopher Stowell, le RWB s’amène à Saint-Sauveur avec un programme d’une grande accessibilité qui entrelace création contemporaine, récits ancrés et grand répertoire.

Voici un aperçu des trois œuvres qui nous y attendent :
1. šɛgatəm (Cameron sinkʷə Fraser-Monroe)
Prononcée « shAY-ga-tum », cette pièce tire son nom d’une expression de bienvenue dans la langue de la nation Tla’amin. Le jeune et prolifique chorégraphe autochtone Cameron Fraser-Monroe y aborde avec une immense sensibilité le thème de l’épuisement professionnel et de la résilience. C’est l’histoire d’un leader accablé qui doit apprendre à s’appuyer sur sa communauté. Alliant techniques contemporaines, ballet classique et danses traditionnelles, les interprètes évoluent sur la musique vibrante de l’artiste de renommée Jeremy Dutcher (lauréat du prix Polaris). Une œuvre chorégraphique profondément humaine, d’une durée de 16 minutes.
2. Odyssey (Dwight Rhoden)
Décrite comme une fantaisie en constante évolution, cette pièce de 35 minutes a été créée pour le RWB au printemps dernier. Le chorégraphe Dwight Rhoden, qualifié par le New York Times de créateur parmi les plus recherchés de notre époque, propose ici une danse d’une grande intensité athlétique. Les corps s’y forment et s’y réforment dans un espace mouvant, oscillant entre harmonie et chaos. Les thèmes de l’amour, de la brutalité et de la solidarité y émergent au son d’une bande sonore riche et texturée, incluant des œuvres du Turin String Quartet, le célèbre Adagio pour cordes de Barber dirigé par Marin Alsop, ainsi que les rythmes contemporains d’Anna Meredith.
3. Who Cares? (George Balanchine)
Pour clore la soirée dans l’allégresse, la compagnie propose un chef-d’œuvre néoclassique de 45 minutes signé George Balanchine. Créé en 1970, ce ballet sans intrigue est une célébration festive de Manhattan et de l’exubérance américaine. Sur 16 standards de jazz intemporels de George et Ira Gershwin (dont The Man I Love, I Got Rhythm et My One and Only), Balanchine fusionne la rigueur de la technique classique avec la syncope et la sensualité de Broadway. C’est taquin, séducteur, dynamique, follement romantique, et d’une joie pure. Un classique moderne parfait pour s’initier au ballet !
Causeries et rencontres d’exception :

(La Déferlance, crédit photo: Marcel Tremblay)
Nee manquez pas les activités gratuites en plein air, au parc Georges-Filion:
Les samedis 25 juillet et 1er août, dès 18 h les Samedis dansants convient les festivaliers (musique traditionnelle québécoise avec La Déferlance le 25 juillet, danse commerciale et relève avec Alex Francoeur le 1er août).
Le dimanche 26 juillet, c’est le FASS Dance Battle orchestré par la compagnie Bboyizm; s'affronteront là, les meilleurs danseurs de break et de popping du Québec et de l'Ontario.
Les tout-petits d'âge préscolaire sont attendus le 29 juillet à la matinée jeunesse Le hérisson, de la compagnie Zeugma Danse. À travers le récit et le mouvement, ce délicat poème chorégraphique explore avec une infinie douceur les souvenirs partagés et l’apprivoisement de l’absence.

Bon Festival des Arts de Saint-Sauveur à toutes et à tous, et au plaisir de s’y croiser !
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