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La série de textes Poésie du quotidien présente des sujets prosaïques avec une teinte poétique.
Je suis couché. Je viens de me réveiller. Comme tous les matins je suis angoissé. Vais-je demeurer prisonnier de mon anxiété. Je dois m’évader afin de me rassurer d’être encore, un jour de plus, capable de respirer pour ne pas étouffer. Je crains de ne pouvoir atteindre ma brosse à dents, que l’ascenseur ne m’atteigne pas, de ne plus pouvoir faire de pas. Je me sens emmuré en moi.
Dois-je m’éventrer comme Dédé pour définitivement me libérer? Je dois restaurer mon système. Je sors, cours, avance, recule, accélère, tombe, me relève, me touche, crie, pour m’assurer que je puisse encore exister. Faut pas laisser mes pieds me diriger pour ne pas me perdre dans ma tête.
Je respire et me sécurise dans ma prison qui se transforme en armure au contact des piétons. Je marche, je dérape, je me rattrape, je m’allonge, je regarde le ciel et me dit que c’est joli la poésie. Je flotte en dehors de la grotte des idées noires qui empêchent d’exister à côté de ses souliers.
Quel gâchis de vie! Vive la Floride et ses oranges. Les miennes sont vertes Gauvreau. Zoté podérave zo te podérave anoun cané zarto sans cachalot. Je cours chez moi et monte sur le toit. Je regarde l’horizon. Un soleil de plomb. Je me sens comme une fourmi dans un immense ballon bleu qui cherche désespérément la sortie. Je sens la brise sur moi. Il y a longtemps que l’on ne m’a pas caressé. Mais je la préférerais par en dedans.
Je vois sec. Je souris des dents et la sueur me nettoie les parois. Dans le néant des cris d’enfants. -- J’ai un peu froid -- Je n’aime pas les enfants -- Ça sent le bioxyde -- Je me gratte la joue -- "Ma petite vache a mal aux pattes, tirons la par la queue, demain ça ira mieux, demain ça ira mieux."
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