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J’ai assisté à un spectacle de ballet où la virtuosité technique flirte constamment avec l’autodérision, où les tutus côtoient la pilosité masculine et où les rires du public fusent aussi souvent que les applaudissements admiratifs. La troupe en question ? Les légendaires Ballets Trockadero de Monte Carlo ! La compagnie était de retour à Montréal pour célébrer son 50e anniversaire, le temps d’un soir, le 16 octobre 2025 au Théâtre Maisonneuve.
Dès l’annonce enregistrée présentant le programme, le ton est donné. On nous prévient avec un humour pince-sans-rire qu’un entracte servira à « ramasser les restes du cygne » après son solo et que « ce soir, les ballerines sont de bonne humeur ! » Le public est déjà conquis.
Ne vous laissez pas berner par leur nom aux consonances monégasques : les Ballets Trockadero de Monte Carlo sont une pure création new-yorkaise, fondée en 1974. Le nom est un clin d'œil historique aux Ballets russes de Monte-Carlo, une compagnie emblématique du 20e siècle.
Nés dans le sillage des émeutes de Stonewall et du mouvement de libération gaie, les « Trocks », comme on les surnomme, avaient pour mission de présenter une vision ludique du ballet classique en faisant interpréter tous les rôles par des hommes.
Paquita. Crédit photo : Christopher DugganLoin de se moquer de l’art, la compagnie lui rend hommage. Le directeur artistique, Tory Dobrin, le dit bien : « Nous ne nous moquons pas. C'est de la comédie utilisant le ballet classique ». La mission est de rendre le ballet accessible et de répandre la joie, tout en défiant les normes de genre.
La compagnie actuelle est composée de 13 danseurs aux parcours prestigieux, issus entre autres du New York Theater Ballet, de l’Atlantic City Ballet et du California Ballet.
Chaque danseur possède deux noms de scène : un personnage féminin pour les rôles de ballerine et un masculin pour les rôles de danseur noble. Ces pseudonymes, comme Tatiana Youbetyabootskaya ou Araf Legupski, sont des parodies hilarantes de noms russes, perpétuant la tradition des grandes compagnies de ballet.
La soirée commence en lion avec le deuxième acte du Lac des cygnes. C’est là que l’on découvre l’essence des Trocks : des hommes musclés et athlétiques, dansant sur pointes avec une technique de haut niveau. Bien sûr, tout n’est pas parfait, et c'est voulu ! Le spectacle est truffé de « manquements » chorégraphiques qui déclenchent l'hilarité :
Le prince qui oublie d’attraper sa danseuse étoile et se fait rappeler à l’ordre par elle ; une danseuse du corps de ballet qui a perdu ses repères et se retrouve dos au public ; la célèbre variation du pas de quatre des petits cygnes qui est à pleurer de rire, alors qu’un des cygnes s’emmêle les pieds et tombe ; sans oublier les collisions entre danseurs qui ont visiblement oublié leur position.
Mais juste au moment où l'on pourrait croire à une bande d'amateurs, hop ! La troupe exécute la suite de la chorégraphie originale avec une virtuosité à couper le souffle. C’est ce contraste qui est génial.
Certains danseurs méritent une mention spéciale, dont l’interprète d’Odette, Jake Speakman (nom de scène : Colette Adae), costaud, mais léger comme une sylphide, qui possède une force technique impressionnante; entre autres, ses déplacements rapides avec les bourrées sur pointes ont rendu la ballerine que je suis, verte de jalousie!
Takaomi Yoshino (alias Varvara Laptopova), mince comme une ballerine adolescente, tient le rôle principal dans Paquita; ses 32 fouettés sur pointes m'ont laissée sans voix ! Wow !
Crédit photo : Zoran JelenicQuant à La mort du cygne, interprétée par Olga Supphozova (Robert Carter, le doyen de la compagnie), elle est mémorable. On comprend pourquoi on nous a prévenus qu’il faut un entracte pour « ramasser ses restes » à la fin !
Le programme de cette tournée, différente de leur dernier passage à guichets fermés en 2020, incluait également le pas de deux du Corsaire et des extraits de Metal Garden, une œuvre contemporaine chorégraphiée par Seán Curran.
En tant que ballerine dansant sur pointes, je m’interrogeais à savoir si c’est plus difficile pour un homme de danser sur pointes. La réponse de Raffaele Morra, le maître de ballet de la compagnie est claire : « Danser sur pointes n’est pas plus difficile pour les hommes; tout dépend de la préparation technique en ballet de chaque danseur, de leur musculature et de la coordination appropriés. »
Historiquement, l’entraînement n’était pas le même. Les jeunes ballerines commençaient les pointes vers 8 ou 9 ans, apprenant la technique en même temps que les bases du ballet. Cette pratique étant souvent désapprouvée pour les garçons, ils commençaient donc plus tard, une fois leur technique de danseur déjà acquise. Leur apprentissage s'appuyait davantage sur la force musculaire que sur la coordination fine.
Aujourd'hui, cette distinction s'estompe. « Il n’y a plus beaucoup de différence entre l’entraînement pour les hommes et celui des femmes », confirme M. Morra, expliquant que les garçons peuvent désormais commencer très jeunes, en même temps que leurs consœurs à l'école de danse.
La mort du cygne. Crédit photo : Ralph Avesen
Mais pourquoi un homme s'imposerait-il un tel défi ? Les motivations sont profondes et multiples. Il s'agit d'abord d'un désir « d'épanouissement personnel, d'expression artistique et de remettre en question les normes de genre dépassées en ballet classique ».
À l’époque romantique de la danse, les pointes étaient réservées aux femmes pour créer une illusion d'apesanteur leur permettant d'incarner des esprits et des sylphides flottant sur scène. En chaussant les pointes, les danseurs des Trocks se réapproprient cet outil pour se connecter à l'art d'une manière nouvelle, qu'ils trouvent à la fois « libératrice et amusante ».
Au-delà d’une solide technique de ballet et de la capacité à interpréter des rôles masculins traditionnels, pour intégrer la troupe, un danseur doit posséder un grand sens de l'humour et, surtout, savoir travailler en équipe. C'est cet alliage unique de rigueur et de comédie qui fait la signature inimitable de la compagnie.
Je vous confirme que les Trocks séduisent autant les néophytes que les puristes du ballet. Le public rit, applaudit et s’émerveille devant ce mélange unique de pure maîtrise technique ainsi que de pantomime et de jeu théâtral exagérés. Un véritable antidote à la morosité !
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