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Du concert d’Alphonse Bisaillon en après-midi à celui de Les Louanges au Pit à sable en soirée, ce samedi 25 juillet a été riche en rebondissements au Festif! de Baie-Saint-Paul. Pour sa dernière journée complète, le festival a multiplié les concerts surprises dans des lieux inusités de la ville, tout en proposant une programmation dominée par des artistes québécois qui ont fait forte impression auprès du public et de l’auteure de ces lignes.
Retour sur cette avant-dernière journée du Festif!, puisque les derniers concerts du dimanche matin et de l’après-midi nous ont malheureusement échappé, retour à Montréal oblige.
Avec t.o.m. ou la trajectoire des perséides, Alphonse Bisaillon a livré un premier album solide, en allant piocher dans la musique trad, la pop et la poésie. Sur scène, cet univers prend toute son ampleur grâce à un spectacle théâtral et littéraire dans lequel le public embarque d’emblée.

C’est assez bien ficelé, et l’artiste, vêtu d’un long manteau rappelant celui d’un capitaine de bateau, dont il se sert pour parler à « t.o.m. », son alter ego, fait preuve d’imagination tout au long du concert. Il commence avec Reel Talk, qui utilise la podorythmie et on sent chez les spectateurs une réelle hâte de découvrir les chansons de l’album en concert. Ils acclament d’ailleurs l’artiste lorsqu’il amorce Chroniques, titre parlant d’un certain « Mathieu Bock Sauté ». Son génie transparaît également dans un jingle où les choristes invitent le public à aller écouter les chansons sur Bandcamp, pendant que le chanteur brandit dans ses mains son CD et son vinyle.

On a adhéré à ce concert qui s’est terminé avec éclat : tandis que les musiciens ont dansé le Madison sur scène, Bisaillon est allé rejoindre le public pour sauter avec joie sur un mix électro.
Alors que Kinji00 avait offert plus tôt une prestation surprise en plein air, une notification du Festif! nous convie à 16 h devant le balcon d’une maison pour un concert guitare-voix de P’tit Belliveau.
En quelques minutes, l’artiste originaire de la Baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse, a rameuté une foule qui s’est entassée tant bien que mal dans les recoins restants de la rue. Il a invité tout le monde à chanter, même ceux qui ne connaissaient pas les paroles et en a profité pour proposer des nouvelles chansons, dont Rinque de même que c'est, qui est sortie en juin 2026.

La prestation a aussi été l’occasion pour le public de reprendre en chœur les paroles de plusieurs titres de l’artiste acadien, dont Les bateaux dans la baie, J'aimerais d'avoir un John Deere et Mon drapeau Acadjonne vient d'Taiwan (ici sous la menace d’arrêter le spectacle si une seule personne osait ne pas chanter).
P’tit Belliveau s’est aussi montré bavard, expliquant notamment l’origine de cette dernière chanson ou donnant un cours d’histoire et de langue en racontant pourquoi il disait « J’aimerions » plutôt que « Nous aimerions » dans J'aimerais d'avoir un John Deere.
Un excellent moment acoustique sous le soleil, où P’tit Belliveau n’a pas déçu !
Après ce moment, aussi doux que comique, rendez-vous à la Place Desjardins, où oui merci ouvre la scène principale. Le groupe d’amis, qui a lancé cette année l’album La distance n’est pas vraiment là, est composé de Mathilde Joncas, Ludovic Leblond, Marc-Antoine Lavallée, Gabriel Couture et Laurent Massie.

La formation, assez sage sur scène, propose un concert tout aussi doux, ponctué de passages plus rock et dynamiques. On sent toutefois une certaine distance, ou peut-être de la timidité, entre le groupe et le public, qui finit par être réveillé lorsque le batteur lance un énergique « Êtes-vous prêts, Baie-Saint-Paul? » lors de Sans moi.

Malgré quelques bons moments, la prestation est restée un peu en retrait et n'a pas réussi à prendre pleinement son envol, ne laissant pas une empreinte aussi forte que d'autres concerts de la journée.
Toujours sur la scène principale, c’est Vincent Vallières qui prend la relève avec son folk-rock nostalgique. Accompagné notamment de Salomé Leclerc à la voix et à la guitare, il propose un beau duo sur L'amour c'est pas pour les peureux.

L’auteur-compositeur-interprète, qui a la bougeotte sur scène, interprète des titres de son plus récent album, Les saisons, les secondes (2025), comme « Sarah » et « Dessine-moi », en plus de ses incontournables, dont On va s’aimer encore, reprise en chœur par toute la foule. Il ramène même Ingrid St-Pierre sur scène pour chanter Lili ainsi que À hauteur d'homme, un beau moment collectif qui clôture la prestation devant un public conquis.
Vers 22 h, Bibi Club est annoncé pour un spectacle trente minutes plus tard dans la cour du Ah La Vache!. Pas de temps à perdre : nous voilà rendus en sept minutes top chrono devant la scène aménagée pour accueillir le duo qui, encore une fois, éblouit et émeut.

L’électro-pop du duo se faufile dans nos oreilles avec ses titres à la fois entraînants et songeurs. Faut croire qu’il était particulièrement puissant, ce concert, puisque les techniciens ont dû remplacer en vitesse un des haut-parleurs qui a rendu l’âme en pleine reprise de la chanson de feu Lhasa de Sela, J'arrive à la ville. Ce moment fait toujours son petit effet, alors qu’Adèle Trottier-Rivard chante avec calme et concentration pendant que Nicolas Basque l’accompagne tout en finesse, avant de se lâcher complètement sur d’autres titres, tel l’excellent guitariste qu'il est.
C’est désormais l’heure de la dernière prestation de la journée. Après avoir pris la navette jusqu’au Pit à sable, direction le spectacle de Les Louanges, qui a lancé son remarqué album Alouette! en avril dernier.
Plutôt que de faire son apparition sur scène comme tout le monde, autant profiter du cadre du Pit à sable pour surprendre, non? C’est en tout cas ce qu’a fait Vincent Roberge, qui est arrivé sur un tractopelle tout près du public. Lorsque Je confirme ma présence retentit, tout le monde accourt du côté droit de la scène pour chanter avec l’artiste, ébloui par un puissant projecteur.

Une fois sur scène, l’artiste nous sert ses chansons sur un plateau d’argent, et je dois dire qu’elles prennent encore plus d’ampleur en concert, particulièrement sur le plan musical. Mention spéciale au saxophoniste, peu visible en raison de la faible hauteur de la scène et de la foule compacte.
« Merci d’être là, criss que j’aime ma job », s’est exclamé le chanteur lors de la soirée. Avec Alouette!, l’artiste se penche notamment sur le Québec et l’identité québécoise, tout en abordant la proche aidance et l’immigration.
« J’ai pas fini mon TED Talk », a-t-il dit avant d’entamer Chez nous, sous les acclamations du public. Il était effectivement loin d’être terminé, puisqu’il enchaîne ensuite avec La journée va être chaude, précédée par : « Frontières, pas frontières, il y a quelque chose qui nous concerne tous… il commence à faire chaud en criss. »
Lorsque passe Les Louanges, difficile de rester de marbre. Cette prestation en plein air n’a fait qu’accroître l’envie de découvrir ce spectacle dans une salle.
Le Festif! de Baie-Saint-Paul rassemble, nous fait découvrir, aimer… et marcher. Au fil des soirées, des rues, des navettes et des spectacles surprises, le festival nous plonge dans une mine de joyaux. On repart les jambes fatiguées, mais la tête et les oreilles remplies de nouveautés.
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