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Jeudi 9 juillet, au Théâtre Hector-Charland, c’était soir de première québécoise de l’hilarante et acclamée pièce Le Duplex, de Didier Caron, qui débarque au Québec après avoir triomphé à Paris.
La pièce — produite par le Groupe Entourage, adaptée par Pier-Luc Lasalle et mise en scène par Charles Dauphinais — est ici portée par les quatre excellents et aguerris comédiens que sont Sylvain Marcel, Pascale Desrochers, Valérie Blais et François Massicotte.
Michel et Suzanne Bergeron — incarnés par François Massicotte et Valérie Blais — habitent l’appartement au-dessus de leurs voisins et amis Jean et Annie Tessier — Sylvain Marcel et Pascale Desrochers — et le convoitent, d’où le titre de cette critique. Ils voudraient bien s’en emparer pour se créer une résidence à deux étages. Mais comme les Tessier s’y plaisent et n’ont aucunement l’intention de quitter leur logement, ils sont victimes des magouilles des Bergeron visant à semer la zizanie dans leur couple pour qu’ils se séparent et libèrent les lieux.
Les quatre protagonistes se passent pratiquement de présentation puisqu’ils sont des visages familiers et des valeurs sûres de l'industrie du spectacle québécoise, de la télévision, de la scène théâtrale et même du cinéma. Incidemment, pour Sylvain Marcel et François Massicotte c’est une complicité renouvelée qu’ils ont développée en jouant ensemble durant plusieurs saisons de la série télé 450, chemin du Golf.

Le décor plutôt élaboré et éminemment fonctionnel restitue adéquatement l’intérieur des deux appartements dont la proximité et la superposition sont suffisamment bien évoquées par le plateau — plancher — surélevé des Bergeron.
Dans la tradition des théâtres d’été, la pièce est vaudevillesque, rythmée, pleine de quiproquos et de rebondissements. Et, au final, tels sont pris ceux qui croyaient prendre.
Les quelque 85 minutes, sans entracte, que dure cette divertissante pantalonnade s’écoulent plutôt rapidement grâce à un feu roulant de répliques humoristiques et de situations cocasses.
Comme il se doit, le jeu des comédiens est vif et enjoué. Le langage ampoulé du personnage de Jean Tessier (Sylvain Marcel) et sa propension à diffuser son savoir — ses connaissances historiques ou encyclopédiques — à tout un chacun, à temps et à contretemps, contribuent substantiellement au loufoque de cette comédie de situation. D’ailleurs, je ne saurais trop insister sur le formidable talent de Sylvain qui évolue aussi aisément dans le cadre de la comédie que du drame. Je l’ai récemment beaucoup apprécié dans la série Dumas, que j’ai entièrement visionnée deux fois plutôt qu’une. Bref, c’est un grand acteur débordant de talent que je ne me lasse pas de suivre de rôle en rôle.
Sans surprise, le polyvalent François Massicotte navigue aussi aisément sur les planches à titre d’acteur que lorsqu’il les foule à titre d’humoriste grâce à ses irrésistibles mimiques, sa dégaine et ses réparties.
Et que dire des deux actrices consommées, Pascale Desrochers et Valérie Blais ? Chacune habite son rôle et livre ses lignes avec la redoutable efficacité qu’on lui connaissait déjà. Le burlesque leur sied aussi bien que le drame, ce qui atteste de leur indéniable polyvalence.

Exception faite de Sylvain Marcel dont la prononciation, pour son rôle de Jean Tessier, est voulue ostentatoirement plus soignée, j’ai parfois perdu des paroles, et donc des blagues, des trois autres protagonistes, particulièrement lorsque l’un ou l’une d’entre eux s’énervait et haussait fortement le ton, quand le scénario l’exigeait. Mais, dans l’ensemble, leur articulation a rendu le texte fort compréhensible.
L’adaptation de la pièce au contexte québécois m’a semblé parfaitement réussie, notamment grâce à des clins d’oeil envers des publicités jadis endossées par Sylvain (Familiprix) et François (serviettes de papier Sponge Towels).
Payez-vous une pinte de bon sang, allez vous dilater copieusement la rate en assistant à l’une des 17 prochaines représentations inscrites à la programmation du Théâtre Hector-Charland du 11 juillet au 2 août, 2026. Et consultez le site internet Le Duplex pour en apprendre davantage sur cette comédie et ses artisans.
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