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La revue finale propose une chorégraphie aussi ambitieuse que déroutante, où le deuil devient prétexte à une exploration éclatée des registres, des tonalités et des états émotionnels.
Présentée par Ballets Jazz Montréal au Théâtre Maisonneuve, La revue finale s’inscrit dans la continuité du travail singulier du chorégraphe Jo Strømgren, dont la signature mêle théâtralité et profondeur émotionnelle. Inspirée d’événements réels de sa propre vie, la pièce prend appui sur un contexte funéraire pour déployer une réflexion plus vaste : celle des récits invisibles que chacun porte en soi, de ces vies ordinaires traversées tant de beauté que d’élans insoupçonnés.

Dès l’ouverture, le spectateur est placé dans un entre-deux troublant : avant même que la salle ne s’assombrisse, un danseur installe une caméra face à une grande toile de fond évoquant un studio photo. L’installation d’un « photo shoot » funéraire, avec cercueil sur scène, donne le ton d’une proposition singulière. Le sérieux du contexte est fissuré par une pointe d’humour lorsque l’un des personnages cherche l’angle qui la mettra le plus en valeur. La pièce ne s’inscrira jamais dans une seule couleur émotionnelle, alors qu’elle préfère l’ambivalence et la dissonance.
Le spectacle bascule dans une séquence visuellement marquante : des danseurs, presque invisibles dans le noir, déplacent des sources lumineuses qui flottent en cercle. L’effet est onirique, presque cosmique, rappelant des âmes errantes ou des souvenirs en suspension. Cette atmosphère quasi méditative est contredite par un duo romantique, possiblement souvenir d’un amour passé, pendant qu’en arrière-plan une dispute éclate. La coexistence de ces actions scéniques, tendresse et conflit, évoque la complexité d’une mémoire qui ne serait ni linéaire ni univoque.
Puis, un autre changement radical : lumières vertes, énergie brute, chorégraphie de groupe en réaction en chaîne. Les corps s’engagent dans des jeux d’équilibre intenses en rupture avec le ton de la séquence précédente : ces nombreux changements mettent en valeur la virtuosité des interprètes, capables de passer d’un état introspectif à une dynamique plus agressive.

L’utilisation d’une immense feuille de papier constitue l’un des fils conducteurs les plus pertinents de la création. Tantôt écran de projection pour des ombres, tantôt matière textile dans laquelle les danseurs s’enveloppent, elle devient bulle, tente, voile, tunnel. Un duo s’y love sous une forme gonflée, suspendue, créant une image d’intimité fragile au cœur du chaos. Cette polyvalence scénographique est l’une des grandes réussites du spectacle : elle confère une cohérence visuelle à un récit autrement fragmenté.
Les moments chantés, en particulier les passages a cappella baignés dans des faisceaux de lumière, apportent une respiration sensible. Les corps y deviennent plus poreux, les mouvements plus « breathy », comme portés par le souffle. Le temps semble ralenti, presque suspendu. Là encore, la frontière entre présent et souvenir demeure floue. Sommes-nous dans la mémoire du défunt ? Dans l’imaginaire des vivants ? La pièce cultive cette indétermination, refusant de trancher, préférant la rupture à l’installation.

Cette abstraction, toutefois, ne doit pas être confondue avec une faiblesse. Elle relève plutôt d’un parti pris : celui de faire ressentir plutôt que de raconter. Si un certain flou dramaturgique peut déstabiliser, notamment dans les transitions brusques entre gravité, humour et célébration, il participe aussi à une expérience dynamique. La pièce ne connaît pas de temps mort. Chaque changement de registre réactive l’attention, chaque tableau propose une texture différente.
L’œuvre oscille entre recueillement, ironie, exubérance et abstraction symbolique. Certains y verront une célébration plurielle de la vie et de la mort ; d’autres pourront souhaiter une ligne directrice plus resserrée. Mais peut-être est-ce précisément là le cœur du propos : le deuil, comme la vie, n’est jamais uniforme. Il est fait de couches successives, de plis et de déploiements; à l’image de cette grande feuille de papier qui, tout au long de la pièce, se transforme sous nos yeux.
La revue finale est présentée au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts du 17 au 21 février.
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