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Présenté dans le cadre du Festival du nouveau cinéma de Montréal, au Cinéplex Odéon du Quartier latin, A Useful Ghost marque une nouvelle étape dans la carrière prometteuse du réalisateur thaïlandais Ratchapoom Boonbunchachoke. Il signe un long-métrage audacieux et déconcertant, qui a su séduire la Croisette lors de sa sélection à Cannes en 2025.
Le film raconte l’histoire de March, un homme endeuillé après la mort tragique de sa femme Nat, victime d’une pollution industrielle à la poussière. Alors qu’il tente de surmonter son chagrin, il découvre que l’esprit de Nat s’est réincarné dans un aspirateur. Cette situation absurde devient le point de départ d’une œuvre profondément originale, qui oscille habilement entre comédie surnaturelle, critique sociale et réflexion politique.

Derrière cette situation volontairement farfelue se déploie un film d’une richesse inattendue. Si le spectateur est d’abord conquis par l’humour décalé de la situation — l’aspirateur se déplace seul, communique par gestes et est animé d’une profonde tendresse — c’est pour mieux être confronté à une critique de la société thaïlandaise contemporaine.
A Useful Ghost est un film queer-friendly, où les normes sont remises en question, à commencer par celles du couple, de la famille, et de la réincarnation. Le film s’inscrit également dans une veine anticapitaliste marquée : l’usine, omniprésente dans l’univers du film, devient le symbole d’un système oppressif et déshumanisant.
Dans une scène, un appareil électroménager est possédé par le fantôme d’un ouvrier décédé, qui clame avoir été tué par l’usine. La directrice de l’usine, froide et presque déshumanisée, ne répond que par une question glaçante : « Est-il toujours vendable dans cet état ? » Ce contraste entre les êtres habités d’émotions (comme Nat, même en aspirateur) et ceux qui en sont dépourvus (notamment la mère de March et directrice de l’usine) crée un décalage à la fois drôle et profondément cynique.

La première moitié du film brille par son rythme maîtrisé, son humour fin et son esthétique soignée. La salle riait à gorge déployée, emportée par l’absurdité des situations et la sincérité des émotions. Le montage, fluide et intelligent, nous fait glisser progressivement dans un récit qui, bien que surréaliste, ne perd jamais son ancrage.
Toutefois, cette belle cohérence s’essouffle dans la seconde partie du film. Le ton change brusquement pour flirter avec le registre de l’horreur et du gore. Le film pâtit de certaines longueurs. Si l’intention de basculer vers un autre genre peut se comprendre, elle affaiblit selon moi la force du propos initial, qui se suffisait à lui-même.
Le final, quant à lui, est spectaculaire. Sur une musique tonitruante, les fantômes vengeurs prennent leur revanche dans une séquence qui n’est pas sans rappeler Parasite de Bong Joon-ho ou Once Upon a Time in Hollywood de Tarantino. Si cette catharsis gore est indéniablement jouissive sur le moment, elle laisse malgré tout une impression d’excès, presque gratuite, en décalage avec la subtilité initiale du film.
Malgré ses déséquilibres, A Useful Ghost reste une œuvre singulière, drôle et politiquement audacieuse. Un film qui fait rire et qui questionne, porté par une mise en scène originale et une sensibilité queer bienvenue.
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