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Au MTELUS, certaines soirées possèdent une énergie particulière, ce sentiment que quelque chose de collectif est en train de se produire. Le concert de Lou-Adriane Cassidy du 6 mars en faisait clairement partie. Entre la découverte d’une première partie prometteuse, une performance scénique maîtrisée et un final chargé d’émotion, la soirée a offert un moment qui dépassait largement la simple succession de chansons.
La soirée s’ouvre avec la première partie de N Nao, qui effectue ici son premier passage dans la salle. Placée devant le rideau dans un espace scénique réduit, l’artiste parvient tout de même à créer une atmosphère étonnamment habitée. Accompagnée d’une machine à vent et d’un dispositif sonore minimaliste, elle enchaîne quelques chansons qui révèlent un contrôle vocal impressionnant et une présence scénique maîtrisée.

L’un des moments les plus marquants de sa prestation survient lorsqu’elle se déplace lentement en chantant, s’enroulant progressivement dans le fil de son micro. Les flashs lumineux projettent alors son ombre sur le rideau derrière elle, créant un jeu visuel fascinant entre silhouette, absence et présence. Malgré la contrainte d’un petit espace scénique, le travail d’ombre et de lumière, accompagné par l’énergie de N Nao, parvient à remplir la salle. Pour une première partie, la mise en scène se révèle étonnamment évocatrice et laisse entrevoir une artiste déjà très consciente de son univers.
Lorsque Lou-Adriane Cassidy apparaît sur scène, la salle change instantanément d’échelle. Accueillie par une foule particulièrement bruyante et enthousiaste, elle commence seule sous les projecteurs avant que les musiciens ne se révèlent progressivement grâce à différents faisceaux de lumière qui traversent la scène.
Dès les premières chansons, la chanteuse démontre une maîtrise impressionnante du rythme scénique. Alors qu’elle interprète Entre mes jambes, sur certaines notes accentuées par le clavier, elle s’arrête volontairement, marquant les accents de la musique avec son corps. Les flashs blancs qui accompagnent ces moments créent une impression de parfaite symbiose entre musique et éclairage.

Visuellement, la mise en scène soutient constamment l’émotion des chansons. Sur Tout le monde danse autour, un puissant contre-jour découpe sa silhouette tandis que des colonnes de DEL verticales s’illuminent autour d’elle. Dans d’autres moments plus dépouillés, tout s’interrompt soudainement : la musique coupe, les lumières s’éteignent presque entièrement, et un seul faisceau vient isoler la chanteuse au centre de la scène. À genoux, elle livre les passages presque rappés de Je pars en vacances dans une intensité brute que la scénographie amplifie. Lorsque la musique revient, accompagnée de flashs orangés et d’un regain d’énergie physique, cheveux projetés vers l’arrière, mouvements brusques, l’effet de contraste est particulièrement efficace.
La performance physique de Cassidy est grandement impressionnante. Elle traverse constamment la scène, saute, court d’un côté à l’autre sans jamais perdre la précision de sa voix. On la sent pourtant à bout de souffle lorsqu’elle s’adresse au public entre ses chansons, mais cet effort ne semble presque jamais affecter sa performance vocale.
Son contrôle vocal est remarquable, d’autant plus qu’il s’accompagne d’une diction très claire : les paroles restent toujours parfaitement compréhensibles, ce qui met pleinement en valeur la richesse de ses textes. Car c’est aussi là que réside la force de l’artiste. Lou-Adriane Cassidy n’offre pas seulement une performance solide : elle propose des chansons qui ont quelque chose à dire. Ses textes, souvent sensibles et lucides, trouvent un écho particulier dans la foule.

C’est le cas notamment avec Ça va ça va, l’un des moments les plus forts et émotifs de la soirée. La chanson, qui évoque avec justesse l’anxiété et les inquiétudes d’une jeune adulte qui avance dans un monde rempli d’incertitudes et de doutes, est reprise en chœur par une salle entière qui se balance au rythme des vocalises du refrain. Un moment très touchant.
Plus tard, Cassidy raconte avoir perdu une grand-tante qui lui racontait beaucoup d’histoires. Inspirée par cette disparition, elle interprète Adieu, une chanson qui réfléchit à ce que l’on choisit de dire lorsqu’on sait que la fin approche. Le public accompagne doucement la mélodie, transformant une fois de plus la salle en un chœur fragile et profondément touchant.
La soirée alterne ainsi entre moments plus introspectifs, émotifs, et explosions d’énergie. Sur la chanson titre de l’album Journal d’un loup-garou, l’atmosphère devient plus sombre, presque inquiétante. Les lumières vert émeraude et les flashs rapides plongent la scène dans une ambiance nocturne et mystérieuse. On sent également Cassidy pleinement à l’aise et s’amuser avec son public : elle feigne à plusieurs reprises de prononcer le « s » de « la rue Saint-Joseph » pour laisser la foule, qui tente de compléter les paroles, en suspens.
Après l’inévitable fausse sortie de scène en fin de spectacle, le rappel débute avec Alépok, accueilli avec engouement, surtout lors du solo de guitare de Thierry Larose, qui déclenche une réaction particulièrement enthousiaste de la part du public. Tout au long du spectacle, la salle chante presque toutes les paroles en chœur avec la chanteuse. Tout autour de moi, les gens dansent, chantent, pleurent, s'enlacent: Lou-Adriane Cassidy a ce pouvoir rare de tous nous rassembler, de nous faire vibrer ensemble le temps d’un instant. Ce n'est pas sans raison que, rappelons-le, la chanteuse a balayé le dernier Gala de l'ADISQ en récoltant tous les Félix pour lesquels elle était en lice.

Mais le moment le plus inattendu de la soirée survient peu après. Un spectateur tend à Cassidy un chapeau décoré d’une fleur de lys. Rapidement, la foule se met à chanter « olé, olé, olé », avant que certains spectateurs ne brandissent des drapeaux du Québec et que le slogan « Le Québec, un pays » ne s’élève dans la salle durant quelques minutes.
La scène, complètement impromptue, est frappante : une foule de jeunes (et de moins jeunes), réunie autour d’une artiste profondément ancrée dans son identité québécoise, partage un moment de fierté collective. La scène du MTELUS est reconnue pour l’énergie chaleureuse de ses publics, mais l’expérience semble toujours se bonifier lorsque ce sont des artistes d’ici qui y montent. Ce soir-là, ce sentiment de fierté culturelle, de communauté et d’humanité semblait atteindre son apogée. Difficile de ne pas se sentir émue, et fière, devant une telle communion.
Au terme de cette soirée, qui a aussi été un moment de partage et d’appartenance, difficile d’ignorer le puissant rappel de la place grandissante qu’occupe Lou-Adriane Cassidy dans le paysage musical québécois.
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