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Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vu Casse-Noisette. Enfant, adolescente, adulte : ce ballet m’accompagne depuis aussi longtemps que je me souvienne. Depuis aussi longtemps, surtout, que je suis tombée amoureuse du ballet, il y a près d’une vingtaine d’années.
Le 12 décembre dernier, la première de cette nouvelle édition, inscrite dans une tradition de plus de six décennies de représentations ininterrompues, n’a fait que confirmer une chose : Casse-Noisette, signé par les Grands Ballets Canadiens, demeure l’une des plus belles traditions du temps des Fêtes. Sa popularité, ces salles remplies année après année d’enfants et d’adultes aux yeux émerveillés, me rendent profondément reconnaissante que ce ballet continue de traverser le temps et d’exister avec autant de force.
Et comme toujours, c’est une réussite. Les décors de Peter Horne sont somptueux. On y croit, sincèrement. On ressent la chaleur et l’ambiance festive de la grande réception d’ouverture, avant d’être transporté dans une forêt enneigée, puis dans le Royaume des friandises à l’ambiance onirique, tout orné de doré. Grandiose, charmeur, magique.
La formule reste inchangée : les décors, les costumes, tout est fidèle à ce que l’on connaît. Et pourtant, impossible de s’en lasser. J’ai un faible, au-delà des ensembles scintillants des pas de deux, pour ceux des numéros d’ensemble, flocons et fleurs. L’effet de ces robes qui tournoient est hypnotisant, année après année.
Pourquoi revenir voir Casse-Noisette encore et encore ?
D’abord pour l’amour préalable, imbibé de nostalgie, que portent tant de petites filles devenues grandes, comme moi, à ce ballet. Casse-Noisette est un ballet iconique, souvent le tout premier : le premier ballet vu, le premier ballet dansé, parfois même le premier rêvé, que l’on découvre enfant, que l’on soit danseuse ou simple spectatrice émerveillée. Un ballet chargé de souvenirs, de premières émotions, de regards écarquillés. Combien de petites ballerines rentraient (et rentrent encore aujourd’hui) chez elles après le spectacle, incapables de résister à l’envie de s’imaginer, elles aussi, être Clara ? De danser dans le salon, chaussons aux pieds, un casse-noisette décoratif serré contre soi, rejouant la magie à sa façon. Revoir Casse-Noisette, c’est se souvenir de cette magie-là.
Et puis, comment ne pas s’émerveiller, encore et toujours, devant les prouesses techniques des danseurs des Grands Ballets Canadiens ? Impossible de rester indifférent face à leur maîtrise, à leur contrôle, à la finesse et à la puissance de leurs interprétations. Le spectacle est rodé au quart de tour, porté par une tradition chorégraphique mémorable, et exécuté avec une précision devant laquelle on ne peut qu’être en admiration.
Casse-Noisette demeure aussi un premier ballet parfait, même pour les non-initiés à ce style de danse. Son récit simple et accessible, ses décors et costumes grandioses, son humour intemporel en font une porte d’entrée idéale dans l’univers du ballet. Jamais, jamais je ne me lasserai du numéro des souris, de ces minuscules petits pas enfermés dans des costumes aussi adorables qu’ingénieux. Du pur bonbon.
Et cette magie, cette capacité à m’envoûter encore, après tant d’années, je ne peux que la recommander à ceux qui n’y ont jamais goûté, petits comme grands. Quel bonheur que d’offrir cette œuvre à quelqu’un pour la première fois. D’introduire la merveille qu’est le ballet à ceux qui n’en ont jamais vu, de les exposer à la grâce, à la beauté et à la précision de cet art, en les entraînant dans ce voyage merveilleux vers l’enfance qu’est Casse-Noisette.
Casse-Noisette, ce sont deux heures durant lesquelles je suis transportée dans un monde qui célèbre la beauté, la féerie et la magie de Noël. Deux heures qui me ramènent à mon regard d’enfant; à un moment où les jours avant Noël, ses cadeaux et ses rassemblements familiaux se comptaient avec impatience, où le sapin semblait plus grand, où la neige paraissait plus scintillante, où les Fêtes étaient attendues avec excitation plutôt qu’anticipation.
C’est ce que Casse-Noisette fait pour moi, année après année. C’est la certitude que je m’accorderai, au moins une soirée chaque mois de décembre, le droit de revivre pleinement la magie de Noël comme je le faisais avant.
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