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Couchées sur de longs oreillers, une soixantaine de personnes ont assisté à la première du spectacle présenté par la Société des arts technologiques (SAT) et l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), Harmonielehre.
Projeté en 360 degrés dans la Satosphère, un théâtre modulaire immersif, le film Harmonielehre – réalisé par Michel D.T Lam – transporte le spectateur dans la tête du compositeur John Adams, auteur du morceau éponyme. Tout comme la pièce originale, le moyen-métrage se déroule en trois mouvements distincts. Ces mouvements illustrent tour à tour le chemin confus puis tortueux, et finalement libérateur qu’est la quête d’inspiration.
Le morceau d’origine a été écrit par John Adams en 1985. Le compositeur américain s’est inspiré d’un rêve où il traversait le pont qui lie San Francisco à la Baie d’Oakland, et où un pétrolier surgissait brusquement des eaux pour décoller vers le ciel à la vitesse d’une fusée. Ce rêve a été, pour le compositeur de musique contemporaine, la réponse à un blocage d’écriture d’un peu plus d’une année.
Collaboration saisissante
Supervisée du début à la fin par le chef d’orchestre de l’OSM, Kent Nagano, la création artistique interdisciplinaire a de quoi émerveiller. Ni la musique, ni les projections ne prennent le dessus sur l’attention du public. Elles vont de pair et permettent de vivre la multitude d’émotions que représente la construction d’une œuvre.
Les huit projecteurs et 157 haut-parleurs de la Satosphère conduisent d’abord le public à l’intérieur de la Maison Symphonique. Là, les 92 musiciens de l’OSM jouent les premières notes d’Harmonielehre. Après quelques minutes, les murs de la Maison Symphonique partent en éclats. Un éclat par musicien, un musicien par éclat. La confusion s’installe. Syndrome de la page blanche.
Le premier mouvement se termine par la traversée d’un pont fantomatique, que l’on peut associer à celui de San Francisco, mais qui n’est pas encore défini. Lorsque le second mouvement est entamé par l’orchestre, les projections nous plongent en plein paysage post-apocalyptique. Sables, ruines et lumières rouges inquiétantes traduisent la frustration que provoque le manque d’inspiration.
Après l’apocalypse vient le beau temps. Le troisième mouvement s’ouvre sous une pluie étoilée qui finit par se transformer en pont solide et défini. Cependant, la destination de cette infrastructure s’avère différente du rêve initial. Le pont nous ramène dans la Maison Symphonique, où le compositeur semble enfin retrouver la paix et l’inspiration.
Le film Harmonielehre sera présenté jusqu’au 27 octobre à la SAT, pour plus d’informations, suivez ce lien.
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