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Depuis 2023, Thee Soreheads s’impose sur la scène punk avec une musique féministe et revendicatrice. Inspiré par le rock et le mouvement Riot Grrrl, le quatuor offre des chansons cathartiques abordant des sujets tels que le consentement, le harcèlement sexuel et l’objectification des femmes. Entre rage libératrice et espace propice à l'écoute, ces quatre punks en colère transforment leurs concerts en espace de dénonciation sur un fond de musique abrasive. Entrevue avec Maria Jimenez et Ally McPake, deux des membres de la formation montréalaise.
« Pour moi le punk c’est de la musique pour du monde qui sont fâchés », affirme le guitariste Ally McPake. Avant que Thee Soreheads n’existe, le musicien cherchait une chanteuse pour lancer un nouveau projet punk. C’est un peu par la force des choses que lui et Maria Jimenez se sont trouvés, alors que la chanteuse du groupe se trouvait à l'Escogriffe avec son autre projet.
« Je faisais le son quand elle faisait son show puis on avait des amis en commun, c'est grâce à ça qu'on se connaît. »
Finalement, le groupe s’est formé autour de Maria Jimenez à la voix, d’Ally McPake à la guitare, de Hugh Lapham à la basse et de Maxime Verreault à la batterie, qui a récemment quitté le groupe et est désormais remplacé par la musicienne Seyjii Schultz.
Maria Jimenez a appris à apprivoiser le punk, avec lequel elle n’avait pas d’expérience au début, venant de la musique classique et jazz. Au moment de sa rencontre avec Ally, elle explique avoir ressenti l’envie de changer de style de musique. « J'ai pensé, j'aimerais faire les choses avec rage, avec colère. [...] Avec Ally et les autres membres du groupe, je l’ai trouvé [cette façon de faire] », raconte la chanteuse de la formation.
« Quand je suis sur scène, je pense que la meilleure musique, c'est la musique cathartique. »
Le guitariste, de son côté, était déjà familier avec le punk, mais moins sur l’aspect féministe. « Je suis gêné de dire que quand a commencé Thee Soreheads, je n’en connaissais pas beaucoup sur le punk féministe, le punk Riot Grrrl. » Le musicien raconte avoir commencé à écouter les groupes Amyl and the Sniffers, Lambrini Girls, Bikini Kill, des noms qui sont revenus à plusieurs reprises dans la conversation avec Maria. « J’ai full aimé le son, j’ai full aimé la couleur. »
Le groupe lors du Festif! de Baie-Saint-Paul. Crédit photo : Pierre Montminy
La recherche a été de mise pour les membres du groupe, qui expliquent être tombés dans un « rabbit hole » de groupes punk menés par des femmes, anciens ou récents, citant au passage X-Ray Spex. Pour le guitariste, le fait d'avoir également une riche scène à Montréal et à Québec, avec des groupes menés par des chanteuses ou entièrement composés de femmes, est à la fois cool, important et inspirant. Le punk local, c'est aussi Taxi Girls, Enfants Sauvages, Birds of Prrrey, Crachat, Nobro, VICTIME et bien d'autres.
« Aussi c’est plus le fun parce qu'on fait le même genre de musique, donc on peut partager la rage et le faire ensemble », continue-t-il.
Thee Soreheads, c’est du punk « féministe, fâché, anglophone, espagnol, [avec] peut-être-quelque-chose-en-français-dans–le-futur », résume Ally McPake.
Le quatuor a déjà un EP à son actif, I'm Not Your Fucking Sex Doll et prépare actuellement son premier album qui en est à la phase du mixage. Aucune date de sortie n'a été définie pour le moment, mais le single My Body My Choice, lui, doit sortir le 14 août 2026. Il sera assorti d’un vidéoclip payé grâce à l’argent du prix du public, remporté par Thee Soreheads à la 15e édition du Cabaret Festif! l'hiver dernier.
« On termine [tout le temps] notre show avec cette chanson. Elle parle de la situation épouvantable qui affecte les femmes, comme le consentement sexuel, l'objectification, le harcèlement », complète Maria Jimenez. Le morceau présente un refrain évocateur comme sait si bien faire le groupe, également à l’origine de la chanson No means no apparaissant sur leur premier EP, tout comme la chanson-titre I'm Not Your Fucking Sex Doll.
Beaucoup des chansons du groupe proviennent des expériences personnelles vécues ou vues par la chanteuse. « Beaucoup de mes amis me disent des choses qui les affectent, ajoute-t-elle. Toutes les situations comme le consentement sexuel, l'objectification, le harcèlement sont des situations que je vois chaque jour. C'est global, malheureusement. »
Avec son punk aux influences rock, Thee Soreheads dénonce, revendique et invite le public à se laisser entraîner par la colère qui émane du projet, tout en s’amusant lors des spectacles. La formation souhaite toutefois que le public prenne le temps d’écouter les paroles des chansons.
« En phase sur le fun, mais en phase sur la rage en même temps », résume le bassiste Hugh Lapham, qui a fait une brève apparition dans la conversation ayant eu lieu lors du Festif! de Baie-Saint-Paul.
L'année s'annonce sportive pour le groupe, qui a annoncé jouer trois fois à Québec dans la prochaine année, en plus de plusieurs concerts à venir. Pour rester au fait de l'actualité de Thee Soreheads, suivez ce lien.
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