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Nos légendes locales de l’indie rock, Stars et The Dears, se réunissaient le temps d’un soir au Théâtre Rialto, pour un spectacle anniversaire célébrant les 20 ans de leurs albums respectifs Set Yourself on Fire et No Cities Left, le samedi 28 septembre dernier.
Les membres fondateurs Murray Lightburn et Natalia Yanchak sont arrivés sur scène prêts à enflammer la salle, armés d’un judicieux mélange de nonchalance et d’aplomb. Durant le concert, Lightburn, cravate fine et lunette de soleil à l’appui, s’est adressé à sa mère présente au balcon : « Mom, you’re not too bored ? ».
Nous avons eu droit à une proposition ambitieuse, incluant cuivres et cordes, en complément des guitares, de la basse, du clavier et de la batterie. Il n’en fallait pas davantage pour que la magie opère, et que la dimension orchestrale de la performance me fasse rêvasser et me renvoie plus de 10 ans en arrière, à la Mission Santa Cruz. Les murs du modeste sous-sol d’église vibraient alors au rythme de The Dears, le volume dans le tapis.

Chaque amoureux du groupe possède sa pièce chouchou : We Can Have It, écoutée en boucle, durant une tempête de neige particulièrement brutale, sillonnant les rues du Mile End en quête d’un peu de chaleur, ou encore Lost in the Plot, longeant le chemin de fer qui borde la rue Van Horne, au retour d’une fête bien arrosée.
La foule scandait les paroles avec cœur, mettant en commun tous ces récits personnels, toutes ces histoires belles et tristes, pour lesquels No Cities Left est devenue la trame sonore.
L’effervescence nostalgique a véritablement atteint son comble lors de l’entrée en scène de Stars, avec à sa tête Torquil Campbell et Amy Millan. Aux côtés de Broken Social Scene, le groupe a participé aux balbutiements de l’étiquette de disques de Toronto Arts & Crafts.
Le spectacle était lancé, et la salle goûtait à la fougue de Millan et au côté toujours charmeur de Campbell.
En juillet 2004, Pitchfork avait accordé la note de 8.4 à Set Yourself on Fire. Empreint d’un espoir presque naïf, d’une touchante résilience, et d’un indéniable feu, l’album aura servi de tremplin à la formation.
Combien d’entre nous se sont empiffrés de la pièce Your Ex-Lover Is Dead pour survivre aux tumultes d’une relation cahoteuse? Qui n’a pas fredonné à l’unisson avec Millan, les écouteurs accrochés aux oreilles : « We will always be a light (You can see it from the surface, see it) » du morceau Ageless Beauty? Comme quoi il n’y a rien comme une bonne dose de mélancolie optimiste pour dissoudre les maux.
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