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Le Cineplex Odéon du Quartier latin accueillait lors de CINEMANIA la première québécoise du film Chien 51 réalisé par Cédric Jimenez. Une salle comble attendait avec impatience ce nouveau film au duo improbable qui s'est ouvert sur une intrigue captivante, portée par une esthétique soignée et des effets visuels ambitieux. Pourtant, malgré cette entrée en matière engageante, le récit a peiné à se démarquer des codes dits « classiques » du genre, donnant parfois l’impression de revisiter des terrains déjà explorés.
Paris, futur proche. Trois zones hermétiques séparent riches et pauvres, sous l’œil d’ALMA, une IA omniprésente. Sur le papier, Chien 51 promettait un choc visuel et une réflexion sur nos dérives technologiques. Et visuellement, le pari est réussi : décors impressionnants, atmosphère oppressante, effets spéciaux dignes d’Hollywood. Dès la première scène, jusqu’aux poursuites nocturnes et infiltrations nerveuses, Jimenez nous plonge dans un univers crédible et anxiogène.
Pour un cinéma français qui ne voit pas naître des films de science-fiction tous les jours, cette audace mérite d’être saluée.
Le duo Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos, déjà réuni derrière et devant la caméra dans L’Amour ouf, fonctionne bien à l'image.

Lellouche, peroxydé et fatigué, évoque presque Korben Dallas, le héros du Cinquième Élément de Luc Besson, ce chef-d’œuvre qui avait, à son époque, renversé les codes du cinéma français. Dès les premières minutes, on espérait revivre ce frisson… mais la comparaison souligne la limite.
Divertissement plein d'actions ? Oui. Le film remplit sa promesse : courses-poursuites haletantes, drones tueurs, tension nerveuse. Certaines séquences sont d’une efficacité rare. On sent la volonté de Jimenez de rivaliser avec nos voisins américains, et sur ce point, il réussit.
Réflexion sociétale ? Tout autant. Le film critique les dérives sécuritaires et la fracture sociale, mais ces thèmes restent survolés, jamais approfondis. On aurait aimé que le film creuse davantage ces enjeux si importants aujourd’hui.

Car derrière l’éclat visuel, le film peine à trouver son propre caractère. On retrouve des codes déjà vus : état totalitaire, IA toute puissante, population cloisonnée, duo improbable… Une impression de déjà-vu laisse le spectateur sur sa faim. La fin, expédiée, contraste avec un début prometteur et une intrigue qui semblait bien lancée.
Chien 51 est un film ambitieux, une tentative courageuse de blockbuster français. Mais son manque de légèreté et de profondeur nous laisse sur cette impression que Chien 51 est une dystopie qui aboie… mais qui ne mord jamais.
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