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Antonio Machado, un poète espagnol du début XXe siècle, écrivait : « Caminantes, no hay camino. Se hace camino al andar... » [« Lorsque tu marches, il n'y a pas de chemin. Le chemin se fait en marchant... », ndlr]. C'est à ce vers magnifique – et vrai – que je pensais, tout en écoutant les voix pures et presque célestes du chœur Voces Boreales. Cet ensemble de 18 choristes couvrant tous les registres vocaux offrait son concert L'extase, ce 29 juillet dernier à l'Église de l'Assomption, dans le cadre du Festival de Lanaudière. Une prestation étonnante et puissante qui a laissé son public – connaisseur – heureux et ébahi.
Dirigé par le chef de chœur Andrew Gray, le chœur de chambre Voces Boreales transposait ici, dans ce concert bien rodé, les émotions et sensations ressenties par les marcheurs sur le sentier de Compostelle.
Écrite par le compositeur Joby Talbot, cette œuvre a été imaginée et initiée par le chef de chœur et producteur Gabriel Crouch ainsi que Nigel Short, tous deux songeant à une nouvelle œuvre portant sur le pèlerinage médiéval de Santiago de Compostela. La pure beauté sonore de ce chœur exceptionnel a achevé de convaincre Joby Talbot de composer Path of Miracles. Les textes proviennent de diverses sources anciennes formant le Codex Calixtinus, ce manuscrit du XIIe siècle constituant une forme de guide pour les pèlerins qui se rendent à Santiago.
Le concert s'est ouvert avec l'entrée en scène d'une dizaine de choristes – essentiellement des hommes (et tous chaussés de sandales Birkenstock, comme me le faisait remarquer mon amie!) – qui marchaient en cercle tout en faisant des sons très graves s'apparentant à un « Aoum ». Cette longue et lente montée en notes et en volume partait du registre vocal le plus bas (d'où les interprètes masculins). Cet effet de voix plutôt insolite et déconcertant pour les néophytes s'appelle « Pasiputput » et vient des Bunun, un groupe aborigène de Taïwan. Les crotales (petites cymbales accordées, au tintement cristallin) se sont fait entendre au sommet de cette montée. C'était l'euphorie du début...
Puis, le périple a commencé. L'hymne des pèlerins a été chanté ou scandé en plusieurs langues, pour représenter le « Babel » des voix entendues à Roncesvalles lorsque les pèlerins venus de partout entament leur périple. Puis, le mouvement s’est poursuivi en racontant le récit des événements bibliques. Comme l'expliquait Gabriel Crouch, le réalisateur de l'enregistrement de Path of Glory : « Les fortes dissonances du deuxième mouvement traduisent à la fois les difficultés du trajet et l'impression d'inconfort du compositeur lui-même. » La musique, tout comme cette difficile partie du voyage, avance péniblement et doit reprendre son souffle, tout comme les marcheurs. Lorsque le pèlerin a accompli la moitié du trajet, il est habitué aux difficultés et aléas de la route. Un climat d'espoir s'installe donc. Le marcheur sait que le soleil tape fort mais ne brûle pas... L'esprit est donc à l'optimisme et à la motivation. La musique exprime ces sentiments en se faisant plus lyrique, et plus consonante que dissonante. Le pèlerin s'extasie de la beauté de l'existence et de la bonté de Dieu : « Oh, comme tes demeures sont désirables, ô Dieu des armées célestes. »
Ainsi, les différentes étapes du voyage sont traduites en mots et en musique pour exprimer les sensations et émotions vécues par les pèlerins tout au long de leur périple. Tous ces chants, presque sacrés, livrés dans une mise en scène extrêmement sobre et liturgique, donnent une impression de pureté, de grandeur, d'ascétisme et de rigueur morale qui frappent l'imaginaire et imposent le respect. Tous les chanteurs et chanteuses, habillés de noir, dignes et presque austères dans leur rôle de choristes du Moyen-Âge, n’ont laissé personne indifférent.
Cette musique pure et hautement mystique peut sembler à prime abord rébarbative pour les néophytes. Cependant, elle est magnifique. Les connaisseurs ont pu l'apprécier à sa juste valeur, et c'est les yeux habités d'une lumière vive et intense qu'ils ont applaudi à tout rompre les chanteurs de ce chœur de chambre.
Le Festival de Lanaudière se poursuit jusqu'au 5 août. Pour consulter les concerts à venir, cliquez ici.
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