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Depuis deux ans, le collectif Pasdefillesurlaprog dénonce les programmations musicales non paritaires au Québec. Avec la création de son festival en 2025, il souhaite également célébrer les femmes et les personnes genderqueer en musique. atuvu.ca a rencontré pour l'occasion Florence Beaudoin, l’une des quatre bénévoles derrière le collectif.
« [La création du compte] a pris des proportions démesurées sans qu’on s’y attende. Dès le premier mois, ça avait tellement grossi rapidement », se souvient-elle d'emblée.
Fonder Pasdefillesurlaprog a permis de donner une voix à une réalité tacite : la sous-représentation des femmes et des personnes genderqueer dans les festivals. Deux ans plus tard, le collectif ne cesse de prendre de l’ampleur et de combler un besoin réel.
« On ouvre un dialogue qui était nécessaire à remplir. Il y a eu beaucoup de gens qui avaient hâte d’en parler je pense », constate-t-elle.
« Il y a encore beaucoup, beaucoup de travail à faire. Mettons que l’on compare juste les programmations qu’on call out, j’ai de la misère à dire que c’est de pire en pire, mais ça va pas mieux », ajoute Florence.
Régulièrement, le collectif publie sur ses réseaux sociaux les pourcentages de parité dans les festivals. Un travail de longue haleine qui, selon le nombre d'artistes, prend au minimum 40 minutes. « Et on compte deux fois, c’est notre règle. » Pour chaque artiste et accompagnateur, accompagnatrice, le collectif vérifie également ses pronoms.
Derrière ces revendications il y a aussi la volonté de démontrer qu’une programmation paritaire est possible. Avec le lancement de son festival Plus de filles sur la prog en 2025, le collectif espère faire évoluer les mentalités, sensibiliser et promouvoir la parité dans les programmations musicales.
Après une première édition à Montréal, l’événement s’étend cette année à Québec, au Pantoum, et à Montréal, au Shirley Temple Studio. Parmi les artistes figurent notamment Lapelúda, l i l a, pataugeoire et Le Miel. « Je pense que ça contribue aussi à célébrer, mais à être fâchée. »
« La problématique se passe à Montréal, mais […] se passe aussi partout au Québec », déclare Florence.
Pour sa seconde édition, le festival a souhaité innover en proposant une tarification solidaire, une initiative de plus en plus répandue dans les spectacles, les événements et les théâtres.
« Cette année on invite des organismes pour faire un plus gros pont. Les organismes communautaires sont là tout au courant de l’année, t’as pas besoin d’une date en particulier pour en faire partie. » Parmi les organismes présents figureront le Centre des femmes de la Basse-Ville, l’Ampli de Québec, GRIS-Québec, Scène et Sauveou encore Femme Phare.
Le mouvement FEM — Espace public, lancé en 2017 par Les Sœurs Boulay, avait dévoilé en 2018 un répertoire regroupant des femmes et des personnes genderqueer œuvrant dans le milieu de la musique au Québec. Dans la continuité de cette initiative, le collectif Pasdefillesurlaprog a lui aussi établi une liste, dans laquelle chacun est encouragé à ajouter des projets féminins, genderqueer ou paritaires, ainsi que des noms d’instrumentistes.
« On se fait souvent écrire par des artistes pour savoir, “Hey, je veux des femmes dans mon band, je veux travailler avec des femmes. Est-ce que vous avez des noms ?” Puis souvent on fait appel à notre communauté ou des fois il y a des gens qu’on sait qu’ils accompagnent en drum, donc on va suggérer. »
En faisant appel à la communauté, le collectif souhaite recueillir le plus de données possible afin de rendre cette liste en cours d’élaboration accessible au grand public, aux artistes et aux festivals. « Si tu as envie d’écouter plus de femmes dans le métal, tu sais que cette liste-là existe et tu peux y aller par genre de musique. »
Ultimement, cette ressource pourra être transmise aux responsables de la programmation des festivals, ou servir à créer des listes de lecture.
« Il y a toujours quelque chose à faire, par rapport à n’importe quel enjeu », conclut Florence.
Au Québec, depuis le mouvement FEM — Espace public, la voie s’est ouverte à plusieurs autres initiatives. En 2023, les humoristes Emna Achour et Coralie LaPerrière ont créé le collectif Pasdefillesurlepacing afin de « dénoncer le boysclub en humour et l’invisibilisation des femmes », pour reprendre sa biographie. Le collectif propose également une liste de femmes et de personnes issues de la diversité de genre œuvrant dans le milieu de l’humour au Québec.
Après l’apparition de Pasdefillesurlaprog en 2024, un autre collectif, Pasdefillesurlaprogacadie, a émergé en 2025. Bien qu’il ne soit pas affilié directement à son homologue québécois, il partage les mêmes objectifs. Au-delà d’ouvrir un dialogue nécessaire, ces collectifs témoignent aussi de l’essor d’un mouvement qui continue de prendre de l’ampleur à travers différentes disciplines artistiques et régions francophones.
Pour plus de détails sur Pasdefillesurlaprog, rendez-vous juste ici. Pour en savoir plus sur le festival, cliquez sur ce lien.
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