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Juste pour rire Montréal est officiellement lancé ! Jusqu'au 26 juillet, les rues du centre-ville vibrent au rythme des éclats de rire, entre les spectacles extérieurs de la Place des Arts et les salles emblématiques de la métropole. Hier soir, c'était au tour de l'Olympia d'accueillir l'un des humoristes français les plus populaires : Dany Boon.
Après sept années loin de la scène pour se consacrer au cinéma et au petit écran, le créateur de Bienvenue chez les Ch'tis revient avec un tout nouveau spectacle Clown n'est pas un métier. À l’aube de ses soixante ans, l’autodérision chez Dany Boon est une marque de fabrique. Il livre un one-man-show généreux, actuel et profondément humain, où l'on rit franchement du début à la fin.

Le spectacle s'ouvre par un numéro entièrement muet à l'harmonica. En quelques minutes, Dany Boon rappelle pourquoi son humour est si singulier : ici, les onomatopées, les grimaces, le mime et la gestuelle occupent autant de place que les mots. « Clown n'est pas un métier », écrivait-on sur ses bulletins scolaires de jeunesse. Pourtant, il en maîtrise tous les codes avec une précision impressionnante. Sa corporalité est fascinante et constitue sans doute l'une de ses plus grandes forces.
Les transitions entre les numéros sont fluides, portées par un fil conducteur simple mais efficace : le quotidien. Le temps passe trop vite et notre société change à une vitesse folle.
Après avoir raconté le cycle de vie... d'une mouche, harmonica en bouche, Dany Boon enchaîne avec un segment décapant sur tout ce qu’on ne peut plus dire aujourd'hui. La salle éclate de rire. Personne n'est épargné, mais tout est livré avec suffisamment de bienveillance et d'autodérision pour que chacun accepte de rire de lui-même.
Le spectacle prend ensuite une tournure très actuelle lorsqu'il s'attaque à notre dépendance aux téléphones intelligents, à l’intelligence artificielle, aux deepfake, aux mots de passe impossibles à retenir et aux authentifications à deux facteurs. Lorsqu’il est question du puzzle avec des passages piétons à sélectionner, ces situations universelles provoquent des éclats de rire presque continus tant elles résonnent avec notre quotidien.

S'ensuit une anecdote sur un interminable contrôle de sécurité dans les aéroports, exceptionnellement drôle, surtout si vous prenez l’avion plusieurs fois par an.
Le clou du spectacle arrive avec une histoire véridique particulièrement savoureuse : celle où l'humoriste raconte avoir contracté une salmonellose et les conséquences... disons très physiques, qui s'en sont suivies. Une anecdote racontée avec un sens du rythme remarquable qui déclenche l'un des plus gros fous rires de la soirée.
Avant de quitter la scène, Dany Boon offre un moment plus touchant en rendant hommage à deux figures marquantes de sa vie : sa mère et le grand auteur et humoriste Raymond Devos. Une conclusion pleine de tendresse qui rappelle que, derrière le clown, se cache un formidable conteur d'histoires.

Harmonica, guitare, mime, chansons, narration et une maîtrise exceptionnelle du jeu physique : Dany Boon démontre qu'après sept ans d'absence, il n'a rien perdu de son instinct comique. Bien au contraire. Clown n'est peut-être pas un métier pour le commun des mortels. Mais si c'est le sien, force est d'admettre qu'il l'exerce avec un talent rare.
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