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Mercredi 8 juillet, au deuxième jour du Festival International Nuits d’Afrique, le groupe montréalais Afirka a fait danser le Club Balattou au son du raï, du chaoui et du kabyle.
Il y a des groupes qui existent pour raviver une mémoire précise : celle des cassettes usées glissées dans l'autoradio, écoutées à tue-tête, celle des concerts de Cheb Khaled et Cheb Mami qui ont marqué toute une génération. Afirka appartient à cette lignée-là. Le 8 juillet, au Club Balattou, la formation a prouvé que ces rythmes-là, ceux de l'amour, de l'exil, de la joie et de la liberté n'avaient pas pris une ride.
Le groupe est monté sur scène au complet : Abdou au chant, Yassir Amo aux claviers, Ahmed Ghedjghoudj à la guitare, Youva Ouan à la derbouka et Yacine à la batterie. Pas de violon ni de mandole ce soir-là, la formation s'appuie sur un noyau plus électrique : claviers, guitare, et batterie portée par la derbouka, qui reste l'ancrage rythmique de tout le set.
Le raï, le chaoui et le kabyle se sont enchaînés sans rupture, et c'est peut-être ça, la vraie signature d'Afirka : jouer ces répertoires côte à côte plutôt que de figer chacun dans sa case.
Le set carburait aux classiques que tout le monde reconnaît dès les premières notes, ces titres qui appartiennent autant aux radios qu'aux mariages et que la salle chante avant même que le groupe n'ait fini de les lancer. Choufou l'amour Madar Fiya ou encore Mazel Mazel, de Cheb Akil, ont donné le ton dès les premiers morceaux : la salle a répondu tout de suite, sans qu'il faille la convaincre.
Le set a monté en intensité jusqu'à Ya Zina Diri Latay, popularisée en 1982 par le groupe Raïna Raï sur son premier album, mais dont les origines remontent à une chanson du patrimoine composée et chantée dès 1958 par Kadri Dziri. C'est le genre de titre que la foule connaît par cœur, et les youyous ont fusé bien avant la dernière note ; la fin du concert ressemblait davantage à une reprise collective qu'à une performance regardée à distance.
Ce qui distingue Afirka d'un simple groupe de reprises, c'est cette manière de jouer les classiques nord-africains sans les traiter comme des pièces d'exposition. Le groupe existe depuis plusieurs années à Montréal et s'est construit une réputation locale précisément là-dessus : offrir aux communautés algérienne et plus largement maghrébine de la ville un espace où ces chansons circulent encore, dansées et chantées, plutôt qu'archivées.
L'intimité du Balattou, salle historique du répertoire musical montréalais, se prêtait bien à cet exercice : suffisamment proche pour que la salle réponde en chœur dès les premières mesures.
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