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Mercredi 15 juillet, le Festival d’été de Québec a plongé le public dans les années 2000 et 2010 avec The All-American Rejects, Shaggy et Kesha sur les Plaines d’Abraham qui étaient pleines à craquer pour l’occasion. Si Shaggy a réussi à faire lever la foule, Kesha a plutôt proposé une performance mi-figue mi-raisin.
Retour sur cette soirée forte en contrastes avec Guiss Guiss Bou Bess, Shaggy et Kesha.
Avant le coup d'envoi sur les Plaines, direction la place de l'Assemblée-Nationale où le trio sénégalais Guiss Guiss Bou Bess s'est installé dès 18 h. Formé du percussionniste Papa Assane Samba, du chanteur-slameur Mara Seck et du percussionniste et beatmaker Stéphane Costantini, le groupe propose une fusion percussive entre rap, afrobeat et électro.

Le trio a instantanément charmé les spectateurs grâce à ses rythmes entraînants. Véritable boule d’énergie sur scène, Mara Seck s'est révélé être un leader ensorceleur. Son enthousiasme communicatif a rapidement gagné la foule, qui ne s’est pas fait prier pour danser tout au long de la prestation.
Attendue de pied ferme par des jeunes comme des nostalgiques de l'époque Tik Tok, la popstar américaine Kesha a offert une performance en dents de scie. Apparaissant d’abord en costume d’ange avec d’immenses ailes, l’artiste a débuté en force avec son hit Tik Tok, qui a aussitôt ravi le public massé dans chaque recoin des plaines d'Abraham.
Il faut dire que ce concert revêtait une importance cruciale pour la chanteuse. Elle effectue actuellement THE FREEDOM TOUR, sa première tournée en tant qu’artiste indépendante, après une longue bataille juridique pour se libérer de son ancien producteur Dr. Luke, qu’elle avait accusé en 2014 de viol, d’agressions et de harcèlement moral.

Kesha a d'ailleurs souligné cette liberté retrouvée avant d'enchaîner avec Warrior et Crazy Kids, deux titres qu'elle n'avait pas chantés sur scène depuis près de 13 ans et qu’elle a reproduits pour l’occasion. Voir l'artiste se réapproprier son répertoire avec un plaisir aussi manifeste s'est révélé touchant et puissant.
L'artiste s’est présentée seule au micro, sans musiciens, accompagnée uniquement de danseurs. Pas de chichi, l’attention est donc diffusée directement sur l’artiste dont le vrai nom est Rose Sebert, qui enchaîne les chorégraphies au fil de ses chansons.
Crédit photo : Stéphane Bourgeois, Festival d'été de Québec
Kesha a présenté son côté provocant où costumes moulants, déplacements à quatre pattes, floorwork et gestes sensuels dans une esthétique « dirty » se sont multipliés. Si elle adopte cette esthétique disons grivoise dans ces shows, c’est là que réside aussi un premier malaise, compte tenu de la forte présence de familles sur le site. Entendre des enfants demander à leurs parents ce que faisait la chanteuse pendant qu'elle dansait de façon sexuelle ou feignait de mordre la fesse d'une danseuse avant de faire semblant d'égorger un danseur avec un faux couteau donnait lieu à un décalage pour le moins étrange.
Si cette proposition peut trouver écho auprès des vingtenaires et des trentenaires, elle frisait un peu la vulgarité dans le contexte des Plaines.
Kesha a présenté un spectacle en plusieurs actes qui étaient entrecoupés de transitions principalement destinées à permettre à la chanteuse de changer de tenue. Ces dernières ont créé de longs temps morts qui ont cassé le rythme du spectacle et ont rendu difficile le maintien de l'attention, d'autant que les interactions avec le public sont demeurées très limitées.

On sentait pourtant une réelle volonté d'offrir une superproduction calibrée et chorégraphiée. Si l'ambition était manifeste, l'exécution n'a pas toujours suivi, alors que l’artiste reposait souvent sur ce qui semblait être du lip-sync. Une partie du public semblait néanmoins pleinement apprécier le moment, tandis que Kesha revisitait sa discographie en alternant classiques et titres plus récents, notamment issus de son nouvel album .(Period). Malgré ses failles, le spectacle a tout de même connu des élans et de bons moments, comme lors de Die Young ou encore YIPPEE-KI-YAY où Kesha fait lever les bras en rythme dans le public.
Le bilan est donc mitigé pour ce concert qui a pourtant attiré l’une des plus grosses foules de cette édition du FEQ. On peut toutefois y voir une preuve que l'amour du public et la nostalgie étaient au rendez-vous, même si la performance, elle, n'a pas tout à fait suivi.
C’est pourtant Shaggy, qui a joué juste avant Kesha, qui a signé la meilleure prestation de la soirée, en proposant une heure de concert énergique et efficace auprès d’une foule qui n’a fait que grossir de minute en minute. Dès la première chanson, In the Summertime de Mungo Jerry, le chanteur a conquis le public, l’amenant à lever les mains en masse. Un travail de fond a été mené par l’artiste et JungleGod, présent tout au long du spectacle, qui a lui aussi assuré.
« Québec, this is a reggae show » s’est-il époumoné dans une de ces nombreuses interactions avec le public.

Shaggy était là pour faire la fête, et son pari a été réussi. Pour séduire les plaines, il a enchaîné ses plus grands titres et des reprises cultes. Son medley combinant Turn Down for What (DJ Snake et Lil Jon), Jump Around (House of Pain), Three Little Birds (Bob Marley & The Wailers) et Bad Boys (Inner Circle) a fait exulter les festivaliers. Le public a évidemment vibré au son de Oh Carolina, Angel, Habibi (I Need Your Love) ou encore Hey Sexy Lady, scellant une chimie parfaite entre la scène et la foule.
Retrouvez notre couverture du Festival d'été de Québec sur ce lien.
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