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Mardi 5 décembre à la Maison symphonique, l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), dirigé par son renommé chef Rafael Payare, s’attaquait à un monument de la musique classique moderne d’Olivier Messiaen (1908-1992), la fameuse Turangalîla-Symphonie et, pour l’occasion, accueillait deux invités de marque, soit Jean-Yves Thibaudet au piano et Cécile Lartigau aux ondes Martenot.
Selon une note au programme, Messiaen expliquait son titre ainsi : « Turangalîla vient de la fusion de deux mots sanskrits : turanga, qui signifie le temps qui s’écoule, le mouvement ou le rythme, et lîla, qui signifie un amour cosmique fait d’actes de création, de destruction et de reconstruction, le jeu de la vie et de la mort en quelque sorte. » Eh oui, rien de moins !
L’œuvre, composée entre 1946 et 1948, comporte dix mouvements d’une durée totale de 74 minutes. Elle a été créée (jouée pour la première fois) « le 2 décembre 1949 par Leonard Bernstein à la tête de l’Orchestre symphonique de Boston ». Voilà pour la petite histoire.
« L’œuvre est écrite pour un très grand orchestre, qui comprend un nombre et une variété exceptionnelle d’instruments à clavier et à percussion. » D’où, pour l’occasion, l’addition des instruments suivants à l’orchestre :
un glockenspiel (mot allemand qui se traduit en français par carillon)
un célesta (instrument à percussion à clavier, hybride entre le glockenspiel et le piano)
un vibraphone (instrument à percussion fait de métal, souvent confondu avec le xylophone qui, lui, est fait de bois)
et les ondes Martenot (instrument de musique électronique inventé par Maurice Martenot dans les années 1920)
Jean-Yves Thibaudet au piano. Crédit photo : Antoine Saito
Les notes au programme sont nombreuses, techniques et un tantinet arides pour un lecteur qui n’est ni musicien ni musicologue. Chacun des mouvements y est explicité dans le but de nous en présenter la structure ainsi que l’intention ou motivation du compositeur. Sans ces explications il serait très ardu d’y comprendre quoi que ce soit. Et même après lecture, l’audition de l’œuvre m’a laissé plutôt... perplexe!
N’étant ni musicologue ni musicien, mais plutôt simple mélomane, cette œuvre des plus modernes m’a tantôt surpris, diverti, amusé et parfois ennuyé. Si vous êtes à la recherche de mélodies planantes, inoubliables, génératrices de vers d’oreille, cette symphonie n’est peut-être pas pour vous.
Par contre, si vous vous délectez de modernisme qui fuit la mélodie mémorable, qui se cherche et se veut à tout prix innovant en surmultipliant les effets sonores, les bizarreries, les motifs répétitifs ainsi que les nombreuses montées en puissance d’un orchestre jouant souvent à plein régime, alors vous allez être servis à satiété.
Photo : Cécile Lartigau aux ondes Martenot
À mes yeux et à mes oreilles, cette œuvre serait absolument parfaite comme trame sonore d’un film d’action ou d'horreur, bourré d’incessants rebondissements, de tensions, de surprises, de drames, d’explosions de joie ou de colère.
C’est une courtepointe sonore composée d’innombrables bouts de tissus musicaux produits par une grande variété d’instruments occupée à générer de l’étrangeté et de l’inusité plutôt que du lyrisme (dont nous avons tous notre définition personnelle) envoûtant. Le propos du compositeur m’a semblé bien profondément enfoui sous une complexe structure et sous les décibels. Le fortissimo y est régulièrement à l’honneur dans un déferlement d’onomatopées musicales.
Le classique traditionnel à la Mozart, Brahms, Beethoven, Tchaïkovski, etc., ne vous comble pas et vous avez plutôt soif de modernité innovante, voire surprenante ou désarçonnante? Alors Messiaen saura vous satisfaire !

L’OSM - avec maestro Payare à sa tête, et ses invités – a donné une spectaculaire performance apparemment très appréciée par une salle qui s’est spontanément levée et a longuement applaudi. Ainsi le très polyvalent Orchestre symphonique de Montréal a encore une fois démontré que la réputation mondiale d’excellence dont il jouit n’est absolument pas surfaite.
Compte tenu de la réaction de la salle, force est de constater que le classique moderne qui fuit la mélodie et regorge d'effets sonores a de toute évidence ses enthousiastes adeptes.
L’OSM remet ça encore ce soir et il reste des billets. Vous êtes invités à assidûment fréquenter sa page Facebook et son site internet pour en apprendre davantage à son propos, et consulter son calendrier.
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