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Le vendredi 14 août, le Théâtre Outremont a accueilli la soirée de clôture du Festival international Présence autochtone, Ici fut planté l’arbre de paix. Sous la direction d’Alexandre Éthier, l’Ensemble de guitares Forestare, Richard Desjardins, Joséphine Bacon, Jacques Newashish, Andrée Levesque Sioui, Marianne Lambert et plusieurs autres artistes ont fait de la musique, de la poésie et de la parole un espace de rencontre autour de la Grande Paix de 1701.
Jacques Newashish a ouvert la soirée avec un jeu de tambour sobre. Autour de lui, Forestare et les musiciens Kate Bevan Baker, Benjamin Tremblay-Carpentier, Marc Morin et Elvira Misbakhova ont construit un environnement sonore délicat. Les textures instrumentales n’ont pas cherché à dominer la parole : elles l’ont enveloppée et lui ont donné un espace de résonance. Le souffle millénaire, la célébration de la démocratie, de l’amitié et de l’égalité ont donné le ton à une soirée où tradition et modernité se sont rencontrées.
Puis Joséphine Bacon est entrée en scène. Avec cette voix âgée, mais toujours tellement vivante, la poète a imposé une présence sans artifice. « La paix est un mot tranquille », a-t-elle dit, une phrase qui a trouvé un écho particulier dans cette soirée. Sa poésie, portée par une grande économie de moyens, a installé un instant de calme et d’écoute.
La soprano Marianne Lambert a ensuite livré l’un des moments les plus saisissants de la première partie avec la mise en musique de T'aider à mourir. Sa voix, d’une remarquable amplitude, a apporté une dimension lyrique qui a contrasté avec la sobriété des interventions précédentes.

Après l’entracte, le spectacle a gagné nettement en puissance. La musique est devenue plus percutante, les présences scéniques se sont affirmées et les émotions ont gagné en intensité. Un artiste autochtone, dont le nom m'a échappé, a proposé une danse traditionnelle accompagnée de chants. Ce dernier, vêtu de magnifiques habits colorés, a livré une performance empreinte de sincérité et d’une grande force. La tradition était vivante, incarnée et résolument actuelle.
Andrée Levesque Sioui a offert à son tour une prestation transcendante. Chanteuse et poète, elle enseigne également la langue wendat, et son rapport aux langues a constitué l’un des fils conducteurs de son oeuvre. Elle a rappelé que la langue n’est pas uniquement un outil de communication, mais aussi un territoire, une mémoire et une manière de regarder le monde. Sa proposition a compté parmi les plus belles réussites de la soirée.
Et puis, après plus de deux heures de spectacle, Richard Desjardins a enfin fait son entrée sur scène. Attendu, il a été accueilli comme une figure familière, donnant une nouvelle couleur au dernier segment. Son intervention a pris la forme d’un discours engagé, porté par son amour du peuple autochtone et par sa dénonciation des injustices historiques et contemporaines que celui-ci a subies. Chez Desjardins, la colère et l’affection se sont mêlées, donnant à ses paroles une force qui allait au-delà du spectacle.

La réussite du concert a surtout tenu à cette rencontre entre les générations, les langues et les formes artistiques. Tambour, guitare, chant, poésie et danse se sont répondu pour rappeler que la paix de 1701 continue de poser une question essentielle : Qu’est devenue la promesse d’un avenir partagé ?
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