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La huitième journée du Festival d’été de Québec, jeudi soir, a donné lieu à des prestations d’artistes proches de leur public et aux univers musicaux variés. De Afternoon Bike Ride à Héron, puis de Jessie Reyez à Gwen Stefani, le public avait devant lui une belle constellation musicale, qui s’est soldée aux Plaines d’Abraham en compagnie de Gwen Stefani, qui surprend encore.
Place d’Youville, le public a pu débuter sa soirée à 18 h avec le trio anglophone montréalais Afternoon Bike Ride, qui se compose de Lia Kurihara, Éloi Le Blanc-Ringuette et David Tanton. Sobrement installés sur scène derrière leurs instruments, les membres du groupe ont installé progressivement une atmosphère planante avec une musique indie folk et ambient qui se faufile agréablement dans les oreilles.

Les spectateurs et spectatrices présents devant la scène, malgré une journée plus froide et venteuse du FEQ, ont alors pu entendre des chansons issues du récent album du groupe, Running With Scissors, lancé en septembre 2025. La chanson-titre retrace d'ailleurs le parcours de la chanteuse Lia Kurihara en tant que proche aidante pour son père, atteint de démence et depuis décédé.
On découvre de belles textures sonores riches, où parfois le sifflement des membres du groupe vient se superposer à la musique. La douceur qui émane du trio est un pansement pour le cœur et c’est assurément un moment à passer comme en suspens. Dans sa prestation, le trio a aussi joué « Good Company », de l’album Glossover, qui est un peu plus électronique et dévoile une autre esthétique du groupe tout aussi plaisante à écouter. À découvrir.
Suivait ensuite à 19 h 15, toujours sur la même scène, Héron, projet de Henri Kinkead axé sur la chanson folklorique et le folklore québécois. L’artiste, qui a sorti l’album Verger en avril 2026, façonne la musique trad avec des sonorités plus indie folk qui tendent aussi un peu vers l’électro en concert.

La musique trad prend ici une tournure plus contemporaine sans se dénaturer, abordant des sujets actuels avec un regard queer, comme en témoigne Champ-de-Mars, un lieu qui, la nuit venue au 19e siècle, devenait un point de rencontre pour les hommes gais et les personnes queers.
Héron a instauré du rythme sur scène avec Élizabeth Moquin au violon et à la podorythmie, Jérémie Essiambre à la batterie (qui signe aussi la réalisation de Verger), et Judith Little-Daudelin aux claviers et aux chœurs, qui a, soit dit en passant, livré une très belle reprise de On ne change pas de Céline Dion dans une twist plus trad.

Pour son premier FEQ avec Héron, Henri Kinkead a présenté un concert enlevant d’une main de maître, devant un public réceptif qui a participé maintes fois à la soirée, notamment lors de la chanson à répondre Confiture. Ici, pas de temps morts et beaucoup d’amusement sur scène, alors que Héron et Élizabeth Moquin se sont même livrés à une battle de podorythmie.
À partir de 20 h, changement total d'ambiance avec Jessie Reyez qui montait sur la scène Bell, aux Plaines d’Abraham, en première partie de Gwen Stefani. La Canadienne originaire de Toronto a donné une prestation dans laquelle elle a beaucoup interagi avec le public, lui parlant en français la plupart du temps, mais aussi en anglais et en espagnol. En chantant COFFIN, l’auteure-compositrice-interprète est même descendue dans la foule pour chanter en tête-à-tête avec une fan, ce qu’elle a réitéré plus tard lors de **CUDN’T B ME**.
L’artiste ne manque certainement pas d’entrain sur scène et donne même une leçon de positivisme en répétant souvent que la première de ses trois règles est d’être soi-même. C’est un concert à la fois amical et divertissant où s’impose sa voix qui a du caractère. Lors de ce moment partagé avec un public déjà bien présent, l’artiste aux multiples talents a aussi rappelé qu’elle est parolière, ayant notamment coécrit la chanson One Kiss de Calvin Harris et Dua Lipa. Une artiste à retenir, qu’on pourrait certainement voir en tête d’affiche de cette scène dans plusieurs années.
Après Kesha la veille, retour à la nostalgie avec Gwen Stefani qui a servi un dîner musical étoilé à ses spectateurs et spectatrices, débutant avec sa chanson culte The Sweet Escape. Du haut de ses 56 ans, la chanteuse a démontré une endurance impressionnante, dansant à chaque chanson en compagnie de ses danseurs. Derrière l’artiste, plusieurs musiciens et musiciennes l’accompagnaient au trombone, à la batterie, aux synthétiseurs ou encore à la trompette. Affublée d’une tenue en tartan jaune et noir, l’artiste s’est montrée énergique à souhait, interagissant maintes et maintes fois avec son public. À l’instar de Jessie Reyez juste avant, Gwen Stefani est allée à la rencontre de ses fans, invitant d’ailleurs deux d’entre eux à la rejoindre sur scène pour lui faire un câlin parce qu’ils lui avaient confectionné une pancarte.
« Bonjour Québec », s’est-elle exclamée lors de la soirée, « Tonight we make memories! »
Et des souvenirs, le public en a eu, alors que l’artiste américaine a proposé ses plus grands succès ainsi que ceux du groupe No Doubt dont elle est la chanteuse. Hey Baby, Spiderwebs, Just a Girl ou encore Underneath It All y sont passées, tout comme, pour ses chansons en solo, Somebody Else's, Rich Girl et, évidemment, Hollaback Girl, qui a clôturé le concert comme une cerise sur le sundae.
L’artiste, qui a dit au public avoir beaucoup de chance de vivre dans une si belle ville, se l’est mis dans la poche, même si, sur le coup, elle n’a pas réalisé que la foule était en train de lui chanter un « olé olé » qu’elle a coupé en enchaînant avec la chanson suivante. Oups !
Si l’on pouvait se demander si Stefani saurait convaincre les Plaines jeudi soir avec ses chansons des années 90 et 2000, la réponse a été oui. Sur place, toutes les générations se sont mélangées dans la foule pour reprendre en chœur les paroles de No Doubt et de l'artiste, qui continue de surprendre.
Retrouvez notre couverture du Festival d'été de Québec sur ce lien.
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