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Après neuf soirées d'humour réparties tout au long de l'été, les Blagues d'été ont tiré leur révérence dimanche soir à l’Olympia de Montréal avec un doublé de deux soirées affichant salle comble ! Pour cette grande finale, Charles Brunet reprenait le micro à la tête d'une impressionnante brochette d'humoristes, avec une promesse simple : deux heures de stand-up, plusieurs univers et, surtout, beaucoup de rires. Promesse tenue.
Charles Brunet ouvre la soirée avec un humour aussi personnel qu'observateur, passant de son grand-père à l'itinérance, de Montréal à Longueuil, avec quelques détours improbables entre Westmount et la mosquée de Rimouski. Dès les premières minutes, le ton est donné : ici, aucun sujet ne sera tabou !
La soirée se poursuit avec Erika Suarez, qui apporte une énergie franchement réjouissante. Humoriste à l’univers décomplexé, aussi explosive que sa chevelure, elle nous captive dès son entrée sur scène en racontant des anecdotes de clubs ! Car sortir en club après 30 ans, le twerk au vestiaire et les hommes qui devraient peut-être cesser de gaspiller leur Bleu de Chanel sur un visage qui mérite tout au plus un 6/10, sont des sujets plus qu’actuels pour la foule présente à l’Olympia. Elle impose rapidement son univers et son aisance scénique.
Erikson Alisme enchaîne avec un humour nourri de son quotidien et de ses observations, puis Oussama Fares, fraîchement sorti de Big Brother, joue avec les différences culturelles et son expérience de vie à Montréal-Nord. Sa théorie selon laquelle, en grandissant dans le quartier, trois carrières s'offrent à toi — fraudeur, mort ou employé Bell — donne le ton à un numéro particulièrement efficace.
Claudine Napoléon fait partie des belles surprises de la soirée. Mère de famille, elle s'amuse de la parentalité. Son récit autour de son fils et de sa découverte très personnelle du dentifrice blanchissant provoque l'un des plus gros fous rires de la soirée.
Après une prestation plus inégale de Douaa Kachache, qui puise notamment dans son expérience d’ancienne enseignante et dans les difficultés de quitter le nid familial, Roman Frayssinet prend la relève avec son regard singulier sur les injonctions sociales. Mariage, travail, argent : il observe avec absurdité toutes ces choses que l'on fait parfois simplement parce que « la société » nous dit de les faire.
Djeff Martin est probablement l'un des moments forts de la soirée. Haïtien, dyslexique, TDAH et ancien bègue, il transforme ses particularités en matière comique avec une efficacité redoutable. Son énergie et son sens du rythme font exploser la salle.
S’ensuivent Mibenson Sylvain et Anas Hassouna pour conclure cette soirée haute en couleur ! Les vols en avion, la crise de la trentaine, la vie d’adulte, les relations amoureuses et cette fameuse phrase « je ne veux rien de sérieux », qui n'a décidément pas la même crédibilité selon le physique de celui qui la prononce. Leur rapport aux relations donne lieu à une réflexion aussi absurde que juste sur ce qu'on devrait réellement apprendre à l’école et semble résonner pour beaucoup de spectateurs et spectatrices présents.
C’est finalement autour d'un thème commun que tous ces humoristes se rejoignent sans nécessairement l'avoir cherché : être dans la trentaine. L'argent, les relations, les parents, le travail, le corps, la fatigue, les attentes sociales et cette impression étrange d'être devenu adulte sans avoir reçu le mode d'emploi. Chacun l'aborde à sa manière, mais le portrait collectif est étonnamment cohérent.
C'est peut-être là qu’est la réussite des Blagues d'été : avoir réuni des voix différentes tout en ayant une couleur commune. Aucun numéro ne semble véritablement détonner, le rythme reste soutenu et les rires ne retombent pratiquement jamais. Pour cette dernière soirée, l'Olympia aura été à l'image de l'été : énergique, irrévérencieux mais surtout très drôle. Deux heures de stand-up qui donnent envie de remettre ça l'année prochaine.
Enfin, la soirée se termine sur une belle surprise pour Charles Brunet : l'annonce de 50 000 billets vendus pour son spectacle solo Très très bon show. Une façon particulièrement réjouissante de conclure cette soirée qui l’était déjà depuis le tout début !
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