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Dans la salle du Théâtre d’Aujourd’hui, les sœurs Ans et Louise Van den Eede ont pu assister à une lecture très particulière de leur pièce Là où le monde va, c’est là que nous allons. Dans le cadre du festival Dramaturgies en Dialogue, c’était la première fois que leur pièce originalement écrite en flamand était reprise dans une autre langue.
Pour apprécier l’œuvre du collectif Hof van Eede, formé par les deux sœurs, il faut accepter de se perdre. Accepter de ne pas tout comprendre, parce qu’elles-mêmes se sont perdues lors de l’écriture. Comme elles l’expliquaient lors d’une discussion post-présentation, quelques temps avant la première lecture de leur texte, elles n’avaient pas de pièce, de fil conducteur. En discutant avec leurs amis, elles ont finalement décidé d’y inclure leur moteur : leur amour de l’écriture de Diderot et leur volonté de l’exprimer sur scène.
C’est l’histoire d’un couple qui a du mal à communiquer, d’un concours de celui qui dira les plus beaux mots pour refléter sa pensée, mais surtout, un reflet de l’égarement. Et c’est là l’essence même de la pièce. C’est un peu un cri du cœur à la société dans laquelle il faut continuellement se prouver, être vu comme une référence. C’est aussi un égarement face à l’amour. Dans la société dans laquelle nous vivons, il est de plus en plus difficile de s’épanouir : on se fixe beaucoup d’attentes, le désir de se réaliser individuellement dépasse bien souvent celui de le faire à deux.
Bref, c’est un cri du cœur que les sœurs Van den Eede nous lancent. Alors qu’avant les livres nous permettaient de déconnecter, d’aller dans un autre monde complètement déréglé comme celui de Diderot, nous sommes maintenant complètement déconnectés de notre propre monde. Il s’agit d’une pièce qui mérite qu’on s’y attarde davantage, bien que les deux interprètes, Sophie Cadieux et Guillaume Corbeil, l’interprètent à merveille.
Le festival Dramaturgies en dialogue avait lieu du 25 au 31 août 2016 au CEAD.
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