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La série de textes Poésie du quotidien présente des sujets prosaïques avec une teinte poétique.
Il est 14 h. Je mets mon beau trench bleu usé par un sale ''(prin)temps de chien''. Je sors de chez moi. Je n’ai pas eu le temps de manger. Ce matin, j’ai fait cinq ans de psychanalyse en neuf bières. Ma nouvelle montre Whatsapp, qui remplace ma Facebook, me dit que, probablement dû à une ellipse éthylique, cela fait trois feux verts que je suis au coin de la rue ; mais elle ne peut pas, tout comme moi, me dire ce que j’ai pensé entre chacun des feux verts. Elle ne m'avertit pas que je ne peux prendre ma voiture, car (franglais) elle sait que je n’en ai pas. Je me demande, comment les gens font pour vivre sans boire ? Il y en a peut-être qui sont saouls à jeun. Comment font-ils pour mentir vrai ? Je marche deux pas devant ou deux derrière moi. Je fais trois enjambées pour me rattraper et après je m’arrête, car je ne sais plus où j’en suis. Cela me revient lorsque je veux allumer une cigarette ; j’allais m’en acheter. J’ai un copain qui cesse tellement souvent de fumer, qu’il n’est pas fiable lorsque je manque de clope. Je réalise, que j’ai de moins en moins de doute sur ce que je ne deviendrai jamais dans la vie. Du coup, je déteste de plus en plus le monde et j’aime de plus en plus tout le monde. Je rentre chez moi il est 16 h. J’ouvre une bouteille de vin blanc, commande de mauvais mets chinois. Je fume cigarette sur cigarette pour narguer la mort, en lançant mes mégots dans le milieu du dos du cancer en sueur, qui jogge autour de moi. J’oublie tout ça et je pars sans bouger. Il est 19 h et je réussis à me lever pour ce grand bonheur ultime, dont seulement quelques grands sages peuvent s’enorgueillir ; s’endormir avant de toucher le matelas. Tout ça pour ça, tous les jours de la semaine sauf le dimanche, car je joue à la pétanque.
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