Inscrivez-vous
Des offres exclusives et événements gratuits
Les publicités soutiennent notre média culturel indépendant. Elles nous aident à :
En désactivant votre bloqueur pour atuvu.ca, vous contribuez à la vitalité de notre média et de notre communauté.
Merci pour votre soutien !
1. Repérez l'icône de votre bloqueur de publicité en haut à droite de votre navigateur.





2. Cliquez sur l'icône, puis désactivez le blocage pour le site atuvu.ca.
3. Actualisez la page.
Ouvrez le menu de votre navigateur (souvent trois points, en haut à droite), puis allez dans Extensions ou Modules complémentaires pour gérer vos bloqueurs de publicité.
Merci de contribuer à faire rayonner la culture d’ici.
Alors que le Jamais Lu célèbre ses 25 ans, sa nouvelle direction artistique marque une transition inspirée, en continuité avec le travail de sa prédécesseure. Après deux décennies et demie sous la direction de Marcelle Dubois, c’est Éric Noël qui prend les rênes du festival de dramaturgie dans un esprit de réinvention et de réparation. Celui qui a hérité du flambeau s’est entretenu avec atuvu.ca et parle avec sensibilité de transmission, de rassemblement et d’art vivant.
Le passage de flambeau entre Marcelle Dubois et son successeur est fluide et complice, empreint de respect et de reconnaissance. « Marcelle avait très bien prévu le coup. On a passé plusieurs mois ensemble avant que je prenne officiellement les rênes à l’automne. » Cette transition s’est inscrite dans la continuité du travail de longue haleine de Dubois : « Elle avait 24 années d’expérience, et beaucoup de choses étaient juste dans sa tête. Il fallait beaucoup de discussions, mettre sur papier des méthodes, des façons de faire, pour que tout cela se transmette. », explique le directeur artistique du Jamais Lu.
Le mot « transmission » n’a rien d’anodin ici : il est le thème central du Festival du Jamais Lu cette année. Face à notre époque, certaines questions criantes se dégagent des écritures reçues : « Qu’est-ce qu’on a raté dans la transmission pour revenir aux mêmes combats ? Qu'est-ce qui ne s'est pas transmis? Qu'est-ce qui hante les générations? Qu'est-ce qui fait qu'on répète les mêmes erreurs ? »
Dans un contexte mondial où les certitudes se fissurent, le Jamais Lu devient un observatoire sensible des préoccupations contemporaines. Éric Noël perçoit dans ces interrogations une forme d’espoir : « Après des années de discours fatalistes sur la fin du monde, les auteurices se disent : on n’est pas morts. Alors, comment on répare nos transmissions pour créer d’autres voies possibles? »
Face à un monde numérique où la technologie est omniprésente, le théâtre se démarque par sa force de rassemblement. Le directeur artistique formule simplement : « Le Jamais Lu, c’est un moment où on peut aller ensemble entendre une histoire commune. » Cette fonction du récit fictif prend une dimension aussi politique que sensible. « Quand le monde devient difficile à lire, on a besoin de se faire raconter des histoires pour faire du sens. » Et les gens répondent présents : 178 textes sont soumis cette année, un record pour le festival. Pour Éric Noël, c’est le signe que les voix veulent se faire entendre, que les gens cherchent à créer du sens collectivement.
Cette effervescence excitante s'accompagne aussi de changements identitaires forts où de nouvelles voix féminines prennent les devants ! « Ce sont les autrices qui prennent cette place-là et qui s'imposent dans la programmation par la pertinence de ce qu'elles écrivent et la force des univers qui sont proposés. » Une évolution qu’il juge essentielle dans le milieu théâtral, qui a longtemps été un lieu masculin. Pour le directeur artistique, le fait de voir les femmes prendre ces espaces est un très bon signe pour le milieu.

Célébrer un quart de siècle nécessitait un équilibre entre mémoire et projection vers l'avenir. Ce que le festival propose pour son ouverture, c’est un grand spectacle-marathon de huit heures mis en scène par Martin Faucher, revisitant 25 années de textes, de nostalgie et de découvertes. « Moi et Marcelle avons replongé ensemble dans les archives. Elle disait : “Ah, ça, c’est un bijou oublié !” ou “Ce texte-là, il faut le revisiter.” », raconte Éric Noël.
De nombreux extraits emblématiques y seront présentés, entrecoupés de surprises et de passages inédits. C’est le récapitulatif du parcours exceptionnel d’un festival de dramaturgie qui est né, qui a grandi et qui est encore là 25 ans plus tard ; un géant hommage vibrant à toutes les plumes qui ont pris voix au Jamais Lu.
Parmi les nouveautés de cette édition, le Jamais Lune se présente comme un rituel poétique et participatif. « Je voulais proposer quelque chose qui à la fois me ressemble et soit dans l’esprit rassembleur du Jamais Lu. » L’événement gratuit et en plein air au parc Frédéric-Bach rompt avec la disposition scénique habituelle : « C’est dépouillé, sans artifices, il n’y a pas de scène. On monte sur des îlots, on prend la parole. » La consigne donnée aux artistes est intime ; on leur a demandé de révéler quelque chose qu’iels n’ont jamais dit à voix haute. Sous la pleine lune, l’événement devient un cercle de confidences : on s’assemble autour de ces secrets-là dans un espace où le public ne fait pas qu’écouter, mais participe, réfléchit, écrit peut-être aussi. C’est un retour à l’essentiel qui explore ce qui émerge de la parole.
Si le Jamais Lu rassemble bon nombre d’artistes et de festivaliers mordus de théâtre, son directeur insiste pour ouvrir les portes à un public plus large. « Si t’aimes te faire raconter des histoires, viens au Jamais Lu ! », résume-t-il. Le festival présente majoritairement des mises en lecture publiques : un format accessible, dépouillé, et puissant. Ce sont des acteurs avec un texte en main qui vont vous lire des histoires et qui vont jouer des personnages, c’est moins cher qu’un billet de théâtre, et en plus, on peut imaginer la mise en scène soit même. Éric Noël invite le public à prendre des risques et à multiplier les découvertes dramaturgiques au cours de ces neuf jours de festivités.
Éric Noël. Crédit photo : Gabriel Couturier
Cette accessibilité se manifeste aussi dans les tarifs et les événements gratuits. L’équipe mise sur une approche inclusive et accueillante, notamment avec la création d’un comité artistique citoyen : vingt personnes de tout horizon — retraités, étudiants, nouveaux arrivants — assistent gratuitement à cinq événements, prennent des notes, et sont conviées à un bilan à la fin des festivités. Ce dispositif vise à élargir le dialogue, à prendre le pouls du public, et à faire découvrir le festival à des gens qui ne sont pas du milieu. Le seul critère pour joindre ce comité citoyen, c’était la curiosité !
Vingt-cinq ans après sa fondation, le Jamais Lu conserve son esprit de découverte, et de parole théâtrale nouvelle et vive. Le festival se pose comme un miroir du monde et de ses transmissions manquantes, mais aussi comme un espace de réparation, de rassemblement et d’écoute. Éric Noël croit profondément en la puissance du partage ; pour le directeur artistique, quand on enlève tout, il reste la parole. Et c’est ça qui nous relie.
À l’occasion de la clôture du Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (FIMAV), i...
Voir l'article >Aux Sommets du cinéma d’animation, la compétition canadienne 4 a exploré les fractures du corps, de...
Voir l'article >Le festival Plus de filles sur la prog, organisé par le collectif Pasdefillesurlaprog, sera de retou...
Voir l'article >Croire et avoir confiance en soi est un legs inestimable à offrir à un enfant ; cet apprentissage se...
Voir l'article >Après avoir présenté Authentique à Montréal en 2023, David Castello-Lopes était de retour à L'Olympi...
Voir l'article >