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Dans le cadre de la Journée mondiale du théâtre, la compagnie de théâtre Nous sommes ici, en collaboration avec la compagnie Vénus à vélo, fait parvenir aléatoirement par la poste 1 000 avis de convocation pour assister gratuitement à la pièce de théâtre Arnaud pour Justine. Ce spectacle de docu-fiction écrit par Rosalie Cournoyer et Thomas Royer, mis en scène par Alexandre Fecteau, sera présenté du 28 avril au 16 mai 2026 au Théâtre Périscope de la Ville de Québec.
Inspirée de la convocation des jurés dans un procès, cette lettre appelle les citoyennes et les citoyens à accomplir un devoir de réflexion en assistant à la pièce, et en se penchant sur la question de l’assistanat sexuel et du droit à la sexualité pour les personnes en situation de handicap. À la direction artistique de la compagnie de théâtre Nous sommes ici, Alexandre Fecteau développe depuis plusieurs années un théâtre ancré dans la réalité sociale et politique d’aujourd’hui. C'est un metteur en scène reconnu pour ses créations qui bousculent les habitudes du public, et qui provoquent un dialogue entre la scène et la salle.
La pièce en répétition. Crédit photo : David Mendoza Hélaine
Mille enveloppes vont ainsi débarquer dans des boîtes aux lettres de la ville de Québec. À l’intérieur, une convocation pour faire son devoir citoyen, en allant au théâtre ! Avec Arnaud pour Justine, la compagnie Nous sommes ici, en collaboration avec le théâtre Périscope et Vénus à vélo, transforme un rendez-vous artistique en appel à la participation démocratique, en s’inspirant du fonctionnement des jurys.
Au cœur de cette initiative se trouve un constat tenace : celui de créer un théâtre social, engagé, alors que trop de personnes de la ville ne franchissent jamais les portes des salles. « On a souvent l’impression d’être dans une chambre d’écho », reconnaît Fecteau, qui constate que les œuvres à portée sociale rejoignent surtout un public déjà sensibilisé.
Chacune des lettres envoyées contiendra une convocation personnalisée, invitant la personne à réserver gratuitement une paire de billets pour la représentation de son choix avec l’accompagnant de son choix. Ces invitations pourraient représenter jusqu’au tiers de la jauge totale des représentations d’Arnaud pour Justine au Périscope.
Le nombre, souligne le metteur en scène, correspond aux billets que la compagnie, dans ses projections budgétaires, ne comptait pas vendre, ce qui a permis de convaincre l’équipe qu’il n’y avait rien à perdre à les offrir gratuitement. « Si on le fait timidement, j’aime mieux qu’on le fasse pas », résume-t-il en parlant de ce nombre qui « frappe l’imaginaire » et assume son caractère un peu démesuré, presque fou !
La forme qui emprunte aux convocations de juridiques rappelle que la citoyenneté se passe dans la prise de conscience des zones d’ombre de notre société. Dans ce cas-ci, on convoque les gens à se mettre en contact avec la réalité de l’assistanat sexuelle et avec ce que vivent certaines personnes handicapées, dans un contexte où leur droit à la sexualité reste méconnu.
Crédit photo : Nous sommes ici / Vénus à vélo
Arnaud pour Justine raconte l’histoire de Justine, une femme au début de la quarantaine vivant avec une paralysie cérébrale, qui fait appel à Arnaud, un assistant sexuel, pour découvrir et explorer sa sexualité. Croyant voir un abus, une préposée porte plainte ; c’est Justine qui se retrouve sur le banc des accusés, en vertu d’une loi canadienne sur la prostitution qui criminalise les clients et laisse dans l’angle mort des personnes dans sa situation.
Cette matière politique a inspiré un dispositif scénique où le public n’est pas seulement témoin, mais appelé à se prononcer, comme un jury.
Les artistes savent que la réception de ces lettres ne sera pas neutre ; recevoir par la poste une convocation personnalisée pour aller au théâtre, sans en avoir fait la demande, a de quoi sembler étrange, voire suspect. « De la suspicion, de la curiosité, de l’incompréhension, on assume cette part d’étrangeté. Pour certains, ce sera séduisant, pour d’autres, plus inquiétant », admet Alexandre Fecteau.
C’est là que l’attention médiatique autour du projet joue un rôle crucial : plus les personnes auront entendu parler de l’initiative dans les journaux, à la radio ou au téléjournal, plus ils seront enclins à y croire et à vérifier l’authenticité de la convocation. Cette visibilité dans les médias aide à transformer cette invitation improbable en une convocation crédible.
Malgré tout, l’équipe ne s’attend pas à recevoir une majorité de réponses. Plusieurs barrières restent là : la distance symbolique avec le théâtre de création, la crainte de ne pas comprendre, la méconnaissance du Périscope, ou le fait que le spectacle ne repose pas sur des vedettes connues du grand public. On enlève les obstacles de la tarification et de l’accès à l’information (l’invitation arrive chez vous, à votre nom), mais on ne peut pas effacer les années de distance culturelle.
La pièce en répétition. Crédit photo : David Mendoza Hélaine
Ce projet interroge la notion du devoir citoyen. Pour Fecteau, « être un bon citoyen, c’est avoir une sensibilité à l’autre. Le théâtre peut faire partie d’un travail de sensibilisation, dans le sens de devenir sensible à », dit-il. Le droit à la sexualité des personnes handicapées, les violences du système judiciaire, l’ambiguïté morale autour de l’assistanat sexuel : ces questions dépassent le cadre de la représentation théâtrale, et nous devons nous les poser en société.
Sans chercher à imposer une prise de position, Arnaud pour Justine vise à provoquer une rencontre entre le public et une réalité souvent invisible. « Les gens qui viendront verront une représentation sincère et sensible de l’assistanat sexuel. Mais surtout, ils auront l’occasion d’être touchés », ajoute Fecteau.
Depuis des années, Nous sommes ici fait du théâtre interactif et expérientiel, avec des créations qui interrogent le rapport entre la scène et la société. Arnaud pour Justine s’inscrit dans cette lignée : on nous propose un docu-fiction nécessaire, où l’invitation à prendre place dans la salle est un acte politique, une convocation aux citoyens, et aux spectateurs.
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