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Dans son premier long métrage de fiction, Brigitte Poupart s'aventure sur un terrain miné avec l'aide médicale à mourir, les violences sexuelles ou encore la sororité blessée et en tire une œuvre poétique, exigeante, qui refuse de consoler là où d'autres auraient cherché à rassurer. Avec Où vont les âmes, Poupart offre un film de femmes, habité jusqu'au silence.
Dès les premières minutes, le ton est donné : on sait qu'Anna va mourir. Âgée de dix-huit ans, Anna n’a pas connu une adolescence comme les autres, largement affaiblie par un cancer incurable. Anna le sait ; puisqu’elle ne peut pas choisir sa vie, elle souhaite choisir sa mort et veut partir selon ses conditions.

Brigitte Poupart fait le pari audacieux d'évacuer le suspense classique pour en installer un autre, bien plus complexe : celui des relations humaines, des liens entre sœurs. Est-ce que ces femmes, séparées par l'histoire, par la honte, par des loyautés incompatibles, parviendront à se retrouver avant qu'il ne soit trop tard ?
Ce qui compte, ce n’est pas le quoi, mais le comment. Comment on se parle quand tout a déjà été dit de travers ? Comment on se retrouve quand on ne s’est jamais vraiment comprises ? Les sœurs sont là, ensemble, mais chacune arrive avec son propre rapport au passé, à la douleur et au père surtout, dont l’absence pèse plus lourd que n’importe quelle présence.

Tourné à Léry, au bord du lac Saint-Louis, Où vont les âmes s'offre des paysages qui ne sont jamais de simples décors. L'eau, le brouillard, le ciel qui s'alourdit, la maison opulente qui semble se désagréger sous les intempéries… tout converge pour faire de l'environnement un personnage à part entière.
La beauté est là, lyrique, presque douloureuse et elle contraste frontalement avec ce qui se joue à l'intérieur : la honte, la rancœur, l'épuisement d'avoir survécu à quelqu'un qu'on aimait et qui a trahi.

La direction photo, lumineuse et presque solaire par moments, rompt délibérément avec l'esthétique hospitalière comme la lumière blanche et le néon glauque qu'on associe aux films de maladie. Il y a ici une volonté de dignité visuelle, de refuser l'image de la souffrance comme spectacle pour ne pas tomber dans le pathos. Le cadre anamorphique accentue encore cet effet : les visages sont captés au plus près, les paysages s'étirent à l'infini, et un entre-deux s’installe, qui correspond à l'état dans lequel se trouvent les personnages : suspendus entre le monde des vivants et celui du deuil anticipé, celui qui s’organise autour de la mort d’Anna.
Difficile de ne pas souligner la force de la distribution. Sara Montpetit, Sylvie Testud, Fabiola Nyrva Aladin, Julianne Côté et Monia Chokri sont toutes très justes. Il y a une vraie cohérence dans ce qu’elles portent ensemble, une manière différente d’habiter la même blessure ou du moins, des blessures distinctes qui trouvent des similarités.

Et pourtant, par moments, les dialogues viennent casser la justesse du jeu. Ils sonnent un peu trop écrits, un peu trop conscients d’eux-mêmes et se transforment en tirades trop théâtrales pour un tel sujet.
C’est peut-être là que le film me résiste le plus. J’avais envie d’être complètement emportée, de sentir que ça déborde, que ça lâche à un moment donné mais la lenteur, qui est clairement un choix, finit par retenir l’émotion au lieu de la faire monter.
Et surtout, les deux grands sujets du film restent un peu en surface. L’aide médicale à mourir et les violences sexuelles sont bien là, mais sans être réellement traversées. On les contourne plus qu’on ne les affronte. Ça reste en suspens, comme si le film hésitait à aller jusqu’au bout de ce qu’il met en place. On aurait voulu par moments que les personnages osent davantage se parler, se dire les choses sans détour mais en même temps, cette austérité a également une posture éthique. Face à ces sujets, Brigitte Poupart préfère filmer l’âme qui s’échappe plutôt que la douleur qui s’exhibe, elle choisit la pudeur et la métaphore.

Au final, Où vont les âmes est un film qui impressionne par sa tenue, par son intention, par la qualité de ses interprètes. Mais c’est aussi un film qui frustre, parce qu’on sent qu’il pourrait aller plus loin, plus profondément, plus violemment peut-être.
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