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Avec Pakuneu, l’artiste innue Soleil Launière propose une œuvre scénique hybride mêlant théâtre, danse krump, chant et vidéo. En partant du destin d’une enfant née en prison, la pièce explore trois trajectoires de vie possibles. Malgré un sujet puissant et une esthétique soignée, le spectacle laisse une impression d’inachèvement et peine à susciter l’émotion attendue.
Présentée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, Pakuneu s’ouvre sur une idée dramaturgique forte : imaginer trois destins possibles pour une même enfant née pendant l’incarcération de sa mère. Dans la première trajectoire, la petite fille grandit derrière les barreaux jusqu’à l’âge de la scolarité. Dans la seconde, elle est prise dans les méandres du système de protection de l’enfance et passe d’une famille d’accueil à une autre. Dans la troisième, elle est confiée à sa grand-mère.

Ces récits parallèles cherchent à montrer comment un même point de départ peut engendrer des existences radicalement différentes. En toile de fond, la pièce évoque la surreprésentation des femmes autochtones dans le système carcéral canadien et les conséquences de cette réalité sur les générations suivantes. Sur le papier, la proposition est prometteuse mais sur scène, elle convainc pourtant difficilement.
Le spectacle adopte une forme volontairement fragmentée : les récits se chevauchent, les scènes s’interrompent pour laisser place à des moments chorégraphiques ou musicaux, et les personnages passent d’une adresse intime à des passages plus symboliques.
Mais cette construction finit par donner une impression de dispersion. Les différentes trajectoires ne s’articulent jamais vraiment entre elles, et la pièce semble parfois avancer par juxtaposition d’idées plutôt que par véritable progression dramatique.

Certaines métaphores (notamment autour du bison, figure récurrente censée symboliser la survie et la résilience) apparaissent également un peu forcées. À force d’insister sur le symbolisme, le spectacle donne par moments l’impression de tirer son propos par les cheveux. Ce manque de cohésion finit par diluer la puissance du sujet.
Là où Pakuneu fonctionne le mieux, c’est dans ses moments purement physiques. La danse krump, utilisée pour traduire la rage et les blessures de l’enfance, apporte une intensité brute que le texte n’atteint pas toujours. Les corps frappent le sol, se contractent, explosent dans une gestuelle nerveuse qui évoque la colère, la douleur et la tentative de libération. Ces instants offrent un véritable souffle au spectacle et rappellent la formation première de Soleil Launière comme performeuse et danseuse.
Mais là encore, la multiplication des disciplines, théâtre, danse, chant, projections vidéo, finit par créer une impression de collage. Chaque élément possède sa force propre, mais leur assemblage manque parfois de cohérence.
Le plus surprenant reste peut-être l’absence d’émotion durable. Avec un sujet aussi chargé, l’enfance marquée par l’incarcération maternelle, la violence des systèmes institutionnels, les blessures intergénérationnelles, on s’attend à être profondément touché. Pourtant, malgré plusieurs moments de sincérité, la pièce ne parvient jamais vraiment à provoquer le bouleversement qu’elle semble promettre. Le décalage entre la gravité du propos et son traitement poétique crée une certaine distance. On admire l’intention, la beauté de certaines images, la volonté de mêler les formes… mais l’émotion reste étrangement à l’extérieur.

Pakuneu donne finalement l’impression d’une œuvre ambitieuse, portée par un sujet nécessaire, mais encore fragile dans sa construction. Une création qui cherche manifestement à dire beaucoup de choses à la fois, au risque de perdre le spectateur en chemin.
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