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Le samedi 28 février, dans le cadre de la 23e édition de la Nuit blanche, OK LÀ! nous donnait rendez-vous à la Fondation Guido Molinari pour Quantificateur sonique vol. 4, avec la vocaliste expérimentale Charmaine Lee et l’artiste audiovisuel Maxime Corbeil-Perron.
Charmaine Lee est une chanteuse australienne basée à New York. Sa pratique, essentiellement improvisée, explore une expression vocale spontanée et audacieuse. Grâce à l’amplification et au feedback, elle module sa voix jusqu’à en faire un véritable instrument. La musicienne est à la tête du label Kou Records, dédié aux artistes possédant des langages musicaux singuliers.
Lee a débuté sa performance de manière plutôt sobre, accompagnée de projections en arrière-plan. Elle façonnait de fines textures sonores — bruits de bouche, souffles fragiles — qui obligeaient le public à tendre l’oreille. Peu à peu, les lueurs derrière elle s’intensifiaient et se mettaient à pulser, tandis que des parasites grésillants enveloppaient sa voix, se fondant dans le paysage noise qu’elle construisait.

La tension est montée ensuite graduellement. Tête renversée, traversée d’une énergie fulgurante, Lee se transformait en une sorte de beatbox humain chaotique. Des faisceaux lumineux rouges amplifiaient l’impression d’embrasement. Le corps entier de l'artiste était engagé, presque en transe, et la salle semblait happée avec elle. Peu à peu, l’intensité est retombée. Laissant de côté les effets et les basses saturées, l’artiste est revenue à une présence dépouillée, presque fragile.
En seconde partie, Maxime Corbeil-Perron a présenté Abysses (itérations). Sa démarche, située au croisement du cinéma expérimental, de l’art sonore et de la composition électroacoustique, interroge le dialogue entre dispositifs anciens et technologies actuelles.

Trois projecteurs 16 mm, un système artisanal de modulation lumineuse et des boucles de film en mouvement composaient l’ensemble. Sur le mur, des formes démultipliées, évoquant un kaléidoscope, défilaient à vive allure, soutenues par des rythmes vifs. Ainsi, la soirée a fait dialoguer voix et lumière, chair et machine, analogique et contemporain.
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