Inscrivez-vous
Des offres exclusives et événements gratuits
Les publicités soutiennent notre média culturel indépendant. Elles nous aident à :
En désactivant votre bloqueur pour atuvu.ca, vous contribuez à la vitalité de notre média et de notre communauté.
Merci pour votre soutien !
1. Repérez l'icône de votre bloqueur de publicité en haut à droite de votre navigateur.





2. Cliquez sur l'icône, puis désactivez le blocage pour le site atuvu.ca.
3. Actualisez la page.
Ouvrez le menu de votre navigateur (souvent trois points, en haut à droite), puis allez dans Extensions ou Modules complémentaires pour gérer vos bloqueurs de publicité.
Merci de contribuer à faire rayonner la culture d’ici.
Vendredi soir dernier, la salle Marcellin-Champagnat de Laval a vibré au rythme d’un classique indémodable : Le Crime de l’Orient-Express. La compagnie La Comédie Humaine, sous la direction de Martin Lavigne, nous a transportés dans l’univers feutré et mystérieux d’Agatha Christie avec une aisance et une élégance remarquables.
L’intrigue, tout le monde la connaît ou croit la connaître. Parti d’Istanbul, avec à bord huit passagers, le luxueux train se retrouve immobilisé par une tempête de neige. Dans le silence de la nuit, un meurtre est commis : Samuel Ratchett, un homme d’affaires au passé trouble, est retrouvé poignardé dans sa cabine verrouillée de l’intérieur. Le légendaire Hercule Poirot, qui se trouvait à bord par un pur hasard du destin, doit alors démêler le vrai du faux parmi une galerie de personnages mystérieux.
Cette adaptation théâtrale signée Ken Ludwig resserre habilement l’action. En passant de douze à huit suspects, le rythme s’accélère et l’humour s’invite dans la tragédie sans jamais en atténuer la force dramatique.
En écoutant les alibis croisés de ces passagers, j’avais véritablement l’impression de mener l’enquête avec Poirot. C’est fascinant de voir comment ces témoignages servent à semer la confusion entre Poirot et son ami Bouc, le directeur de la ligne de trains, qui le seconde avec ferveur dans cette affaire. La finale, quant à elle, ne laisse personne indifférent, ébranlant notre sens de l’éthique ! À la sortie de la salle, je vous défie de ne pas avoir un soupçon de questionnement moral en tête…
Au centre de ce puzzle humain, Louis-Olivier Mauffette incarne un Poirot d’une grande sobriété. L’acteur réalise son rêve de jouer ce grand détective. Il l’incarne sobrement, calmement, comme on pourrait s’y attendre du personnage que l’on a vu autant au cinéma que dans notre imaginaire de lecteur.
Face à lui, Renaud Paradis (M. Bouc) apporte une énergie formidable ; il m’a fait rire à plus d’une occasion ! Le comédien m’a d’ailleurs confié sa démarche pour créer ce contraste nécessaire : « J’ai surtout tenté de contrebalancer le côté rationnel de Poirot avec un côté plus émotif et expansif chez Bouc. Ça donne un binôme intéressant. J’essaie aussi de le rendre plus souple et plus “bondissant” physiquement que Poirot qui est tout d’un bloc ».

La distribution est complétée par des performances mémorables, notamment celle de Sophie Paradis en Greta Ohlsson, une missionnaire suédoise dont l’accent est un délice pour l’oreille. Elle m’expliquait après la représentation : « J’ai abordé le défi de l’accent suédois en m’inspirant de cinq sources différentes pour créer ma propre version, assez forte. Au-delà de la voix, c’est l’aspect excessif de Greta et ses réactions avec les autres qui ont guidé mon interprétation. J’aime beaucoup mon personnage ; cette Greta me fait beaucoup rire ».
Cette réussite repose sur une distribution étoile et une complicité palpable. Outre le trio mentionné, on retrouve sur scène : Christine Lamer, Anne Bryan, François Gadbois, Charlène Beaubien, Kevin Tremblay, Andrew Albanese et Mélina Duval.
On sent d’ailleurs une magnifique connivence au sein de cette troupe ; on devine sans peine les fous rires qui doivent animer les coulisses entre deux scènes !
Au-delà de la performance artistique, il faut souligner le travail colossal que fait La Comédie Humaine auprès des jeunes. La compagnie s’est donné pour mission de rendre le théâtre de répertoire accessible aux scolaires, et le résultat est probant.
Renaud et Sophie me racontaient avoir offert plusieurs représentations devant les élèves de différentes écoles secondaires du Québec. Initier les adolescents à la mécanique de l’enquête de Christie, tout en les confrontant aux enjeux moraux de la justice et de la vengeance, est une approche pédagogique brillante qui semble porter ses fruits, si l’on en juge par l’attention captivée des jeunes spectateurs.
Cependant, pour de jeunes enfants du primaire, la complexité de l’intrigue, la densité des dialogues et certains enjeux moraux autour de la vengeance risquent d’être plus difficiles à suivre.

Martin Lavigne signe une mise en scène nerveuse où l’on ne voit pas le temps passer. La pièce dure 90 minutes sans entracte. La scénographie est d’une efficacité redoutable : trois grands modules mobiles se déplacent et pivotent pour devenir tour à tour la gare d’Istanbul, la voiture-restaurant ou les étroits compartiments du train. L’effet est saisissant, surtout quand les acteurs ajustent leur gestuelle pour simuler l’étroitesse du corridor, se fondant aux murs invisibles pour se laisser passer.
La signature sonore de Medhat Hanbali et les éclairages des studios XF40 enveloppent le tout dans une ambiance de film noir qui accentue chaque révélation.
Que vous soyez un mordu de la « Reine du Crime » ou un néophyte, vous serez conquis par la clarté de l’enquête et la profondeur des dilemmes moraux soulevés.
La tournée québécoise se poursuit avec plus de 100 représentations prévues. En plus de la représentation au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts à Montréal le 30 avril prochain, la troupe visitera également presque toutes les régions du Québec en passant par l’Abitibi, le Saguenay, l’Outaouais, la Capitale-Nationale, l’Estrie, les Laurentides, la Mauricie, la Montérégie, le Centre-du-Québec… Pour connaître toutes les dates et réserver vos billets, visitez le site officiel.
Mesurez-vous à la reine Agatha Christie et laissez-vous porter par ce voyage qui divertit autant qu’il fait réfléchir…
Aux Sommets du cinéma d’animation, la compétition canadienne 4 a exploré les fractures du corps, de...
Voir l'article >Après avoir présenté Authentique à Montréal en 2023, David Castello-Lopes était de retour à L'Olympi...
Voir l'article >À l’occasion de la 24e édition des Sommets du cinéma d’animation, la Cinémathèque québécoise proposa...
Voir l'article >À l’occasion de la clôture du Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (FIMAV), i...
Voir l'article >Le festival Plus de filles sur la prog, organisé par le collectif Pasdefillesurlaprog, sera de retou...
Voir l'article >