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Présenté en première québécoise au Festival du Nouveau Cinéma à Montréal, Little Trouble Girls de la réalisatrice slovène Urška Djukić s’impose comme une œuvre délicate et singulière sur l’éveil du désir adolescent, les contradictions de la foi et l’exploration silencieuse de soi. Une œuvre sensorielle, magnifiquement maîtrisée, qui aborde avec finesse les premières secousses du passage à l’âge adulte.
Coproduit par la Slovénie, l’Italie, la Croatie et la Serbie, Little Trouble Girls suit Lucia, une adolescente introvertie qui intègre la chorale de son école religieuse. Lors d’un stage intensif de trois jours dans un couvent, elle se lie d’amitié avec Ana Marija, son opposé : extravertie, libre, frondeuse. Dans cet espace clos et hors du temps, la présence d’ouvriers dans l’enceinte du monastère vient troubler l’atmosphère et susciter des désirs jusqu’alors inconnus. Au fil de cette parenthèse estivale, Lucia découvre un monde intérieur bouillonnant, où foi et pulsion s’entrechoquent.

Urška Djukić filme la puberté non pas comme un passage brutal, mais comme un glissement délicat, presque imperceptible. À travers Lucia, elle donne à voir ce moment suspendu où tout vacille : l’identité, les croyances, le corps.
Lucia évolue dans un univers très codifié, sous l’autorité d’une mère rigide et d’un cadre religieux rigoureux. Dès les premières scènes, la symbolique est claire : interdiction de porter du rouge à lèvres, censure des scènes sexuelles à la télévision, regard pesant sur le corps féminin. Lucia est perçue et se perçoit comme une figure de pureté, presque sacrée. Son amie lui fait même remarquer : « Cesse de jouer la vierge Marie ! »
Et pourtant, dans ce cocon sacralisé, son désir surgit. Troublée par un ouvrier torse nu, fascinée par le corps libre d’Ana Marija, Lucia traverse ses premiers émois avec une intensité retenue. La caméra capte cette effervescence avec une grande subtilité visuelle : gros plans sur un nombril, bouches entrouvertes, fleurs qui s’ouvrent et se referment.
Ces séquences sont des métaphores puissantes, presque surréalistes, qui traduisent le bouillonnement intérieur de Lucia. La sensualité est omniprésente, mais jamais gratuite.

Contrairement à beaucoup de récits sur l’adolescence, Little Trouble Girls évite les clichés et les oppositions faciles. La réalisatrice donne à chacune la place d’exister à sa manière. Même quand le film prend un tournant plus sombre avec le comportement intrusif du professeur de chant, et l'exclusion de Lucia au sein de son groupe d'amies, le récit reste dans la retenue et parvient à dénoncer sans appuyer.
Visuellement, c'est une réussite. L’esthétique est lumineuse, estivale, presque pastorale. Chaque plan est baigné d’une lumière qui évoque les souvenirs d’enfance et les rêveries adolescentes. Avec Little Trouble Girls, Urška Djukić signe un film d’apprentissage à la fois sensuel et spirituel, intime et universel. En refusant tout jugement moral, elle donne à voir ce moment de bascule où la foi, le désir, l’identité et l’émotion se mêlent dans une confusion propre à l’adolescence.
Pour découvrir les autres films présentés au Festival du Nouveau Cinéma, qui se tient du 8 au 19 octobre, consultez la programmation complète ici.
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