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Sur une île coupée du monde, où les souvenirs d’enfance se confondent avec les blessures les plus profondes, deux frères se retrouvent autour d’un passé qu’ils n’ont jamais vraiment quitté. Avec I’m Glad You’re Dead Now, Tawfeek Barhom signe un court-métrage d’une sobriété redoutable, où tout repose sur l’économie des gestes, des mots et des regards. Rien n’est dit frontalement, mais tout pèse. Le silence n’est pas une absence, mais une matière vivante, lourde de rancune, d’amour et de mémoire.
Le film s’ouvre dans la pénombre d’un atelier. Reda, silhouette tendue, traîne un corps qui n’a pas besoin d’être montré pour être ressenti. On devine, plus qu’on ne voit. La présence d’une arme, le poids des gestes, la tension dans l’air installent un climat trouble et irréversible. Son frère, Abu Rush, surgit cherchant leur père et, déjà, le spectateur comprend qu’il ne le reverra pas.

Ce début nocturne condense la brutalité de l’histoire sans jamais la nommer. Barhom refuse l’exposition explicite : il préfère l’ombre à la lumière, le silence au cri. La caméra, tout en proximité, tangue légèrement, comme si elle respirait avec eux, piégée dans le secret. Ce premier mouvement est une gifle sourde, un hors-champ qui colle à la peau.
La seconde partie, unique autre scène du film, déplace la tension vers le port. Le jour s’est levé, mais rien ne s’est éclairci. Les frères s’installent sur une grande caisse en bois, à quelques mètres d’une mer immobile, enfermés entre le ciel, les montagnes et ce silence qu’ils partagent sans le maîtriser. Abu Rush, miné par une mémoire qui s’effrite, tente de saisir des fragments d’un passé qui lui échappe. Reda, lui, porte tout : la rancune, la haine, la douleur, le meurtre.

Barhom compose cette scène comme un huis clos à ciel ouvert. Le paysage, loin de les libérer, les enferme davantage : l’île devient une prison et la mer une frontière. La mise en scène, dépouillée de tout artifice, repose sur les silences et les respirations. Le récit n’avance pas par mots, mais par creux : le spectateur comble les blancs, comme Abu Rush tente de combler sa propre mémoire.
Dans les dernières minutes, le citron fait son entrée. Posé entre eux, cet agrume à moitié mangé devient la clé d’une mémoire indicible. Ce fruit banal cristallise tout ce qui n’a pas été prononcé : les blessures d’enfance, la violence, les moments d’une douceur passée qui ont fini par se corroder. Ce n’est pas un retour en arrière qui révèle la vérité, mais un goût, une sensation acide, familière, tenace.

Le citron agit comme une faille : il permet à Reda de cracher ce qui le hante, et au spectateur d’entrevoir ce qui les a détruits. Le récit, jusque-là contenu, s’ouvre soudain par ce geste infime, et c’est là toute la puissance du film. Ce fruit à la fois amer et solaire devient un vecteur de mémoire, une image qui colle à la gorge longtemps après la fin.
En à peine quelques minutes et deux séquences, Tawfeek Barhom parvient à créer une densité émotionnelle rare. Son cinéma n’explique pas : il suggère, il retient, il laisse le spectateur habiter l’ombre. L’équilibre entre le mystère initial, la tension muette du port et le surgissement du citron comme catalyseur sensoriel donne à I’m Glad You’re Dead Now une puissance d’évocation qui dépasse largement sa forme courte.
C’est un film qui parle de famille sans dire famille, de mort sans montrer de cadavre, de haine sans explosion de colère. Un film qui fait confiance au silence et à l’intelligence du regard. Une œuvre précise, taillée au scalpel, dont l’amertume persiste comme un goût dans la bouche.
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