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Voilà déjà près de neuf ans jour pour jour que Muse a assuré la clôture de la 50e édition du Festival d’été de Québec. De retour sur les Plaines d’Abraham vendredi soir pour le FEQ, le groupe en a profité pour faire ce qu’il sait faire de mieux : en mettre plein la vue lors d’un concert de plus d’une heure quarante où le rock est rentré au poste. En première partie, Last Train et Mother Mother ont mis la table pour la soirée.
Après plusieurs minutes d'attente et un léger retard, le chanteur et guitariste Matt Bellamy, le bassiste Chris Wolstenholme et le batteur Dominic Howard se sont avancés au centre de la scène. Tous étaient vêtus de rouge, une couleur omniprésente dans la scénographie du trio. Les guitares, la batterie, les pieds de micro ainsi que les micros arboraient tous cette teinte écarlate qui attire l'œil, de quoi hypnotiser le public dès les premières notes de Hysteria qui, après l’intro, a officiellement lancé le bal.

Et sur scène, Muse n’a pas lésiné sur les moyens. Alors que l’avant-scène a été prolongée d’une allée supplémentaire se rendant au cœur du public, le groupe disposait au-dessus de sa tête de multiples supports rectangulaires de projecteurs. Ces derniers faisaient également office d’écrans et pouvaient bouger de haut en bas, modelant l’arrière-plan en continu et lui donnant diverses formes.
Au fil des chansons, le public a eu le plaisir de retrouver des lanceurs de fumée et de flammes ainsi que des jets de confettis, utilisés à bon escient, parfois avec retenue. Muse se donne les moyens de ravir les yeux et le pari est réussi : visuellement, le spectacle en jette et se déroule dans un grand souci du détail.

Les spectateurs et spectatrices, venus en très grand nombre, ont aussi pu s'en mettre plein les tympans avec la musique rock puissante et parfois assourdissante du trio britannique. Le groupe, qui a sorti son dixième album, The Wow! Signal, en juin 2026, en a profité pour interpréter Cryogen, Unravelling, Be With You ou encore Nightshift Superstar, une chanson durant laquelle Matt Bellamy est réapparu sur scène vêtu d’une veste lumineuse et de lunettes assorties.
À plusieurs reprises, les paroles ont été reprises en chœur par la foule, notamment lors de Madness, Uprising et de l’incontournable Supermassive Black Hole. Le moment fort de la soirée reste sans conteste Knights of Cydonia. Après l’introduction à l’harmonica de Man With a Harmonica d’Ennio Morricone par Chris Wolstenholme, Muse en met plein les yeux et les oreilles. Le public, de son côté, a chanté, sauté et dansé, savourant ce point culminant qui s’est terminé sous quelques coups de lance-flammes.

Le groupe a également gardé le meilleur pour la fin avec Starlight, reprise a cappella par la foule pour « clore » la soirée, puis avec Take a Bow, la véritable ultime chanson, arrivée juste après un vibrant « olé, olé, olé » lancé à l’intention du trio.
« Thank you Quebec [...] We love you », a exprimé le chanteur de Muse dans sa petite tirade de remerciements juste avant de quitter définitivement la scène. Des paroles pleines de sens et partagées par le public, puisque le groupe en était ce soir-là à sa neuvième visite à Québec depuis sa première en 2010 au Colisée Pepsi.

Du grand Muse pour une grande soirée.
Bien avant Muse, c’est Last Train, groupe de rock français originaire d’Alsace, qui a lancé les festivités sur les Plaines. Le quatuor, composé du chanteur et guitariste Jean-Noël Scherrer, du guitariste Julien Peultier, du bassiste Timothée Gerard et du batteur Antoine Baschung, en était à son second FEQ. Après la place d’Youville en 2015, les voici désormais rendus sur la grande scène pour la première partie de Muse.

« Québec City, nous sommes Last Train, est-ce que vous êtes prêts ? », a demandé le chanteur au début de la prestation. S’est suivie une enfilade de chansons par le groupe qui a été formé alors que ses membres n’avaient que 12 ans. Si la voix avait parfois du mal à se faufiler jusqu'à l'arrière de la foule, Last Train a pris toute son ampleur grâce à ses guitares et ses passages instrumentaux. C’est notamment durant l’un de ceux-ci que Jean-Noël Scherrer s’est autorisé un bain de foule avec sa guitare. D’abord maintenu par les pieds grâce à la force des spectateurs en dessous de lui, le chanteur s’est finalement laissé porter, enchaînant des riffs percutants tandis que son corps naviguait sur le public.
Avant de clore sa prestation sur The Big Picture, le chanteur en a profité pour demander, à main levée, qui n’avait jamais vu le groupe en spectacle. Devant une grande partie du public qui s’est exécuté, celui-ci a expliqué que c’était précisément là la raison pour laquelle les festivals sont si importants : ils permettent la découverte de nouveaux artistes et groupes.
Mother Mother, groupe de rock indépendant originaire de Vancouver, a ensuite pris la relève sur scène à 20 h. Si le public a semblé un tantinet plus frileux au départ, la formation a de son côté livré une performance dynamique, marquée par les trois voix du quintette : Ryan Guldemond, Jasmin Parkin et enfin Molly Guldemond. La voix si originale et saisissante de cette dernière apporte d'ailleurs un magnifique contraste face à celle, plus grave, de son frère Ryan.

Mother Mother, qui est complété par le bassiste Mike Young et le batteur Ali Siadat, a profité de ce passage au FEQ pour présenter deux nouvelles chansons, dont I Love Life. Le groupe a aussi pigé dans ses plus anciens succès, comme Verbatim, repris par plusieurs membres du public, tout comme l'incontournable Hayloft, dont la suite, Hayloft II, a également été jouée à la toute fin.
« Vous êtes le public le plus nombreux et le plus magnifique devant lequel nous ayons jamais joué. Merci d'être là », a avoué Ryan Guldemond vers la fin du concert, tandis que les spectateurs continuaient d’entrer sur le site.

En somme, une belle soirée pour les amateurs de rock et de son.
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